Sergiy Shtanko et son épouse Lyudmila Chychkanova avaient 44 ans lorsqu’ils ont quitté leur foyer en Ukraine pour échapper à l’invasion russe. Arrivés à Ombrée-d’Anjou, dans le Maine-et-Loire, en avril 2022, ils font aujourd’hui partie des quelque 130 000 réfugiés ukrainiens accueillis en France depuis le début de la guerre, selon les dernières estimations de l’OFII. Quatre ans après les premiers bombardements, alors que la situation en Ukraine reste inchangée, le couple continue de vivre dans l’incertitude d’un retour, tout en s’étant progressivement intégré à la vie locale. Cette histoire est rapportée par Ouest France, qui a recueilli leur témoignage sur leur nouvelle existence en France.
Ce qu'il faut retenir
- Sergiy Shtanko et Lyudmila Chychkanova, originaires d’Ukraine, ont fui leur pays pour s’installer à Ombrée-d’Anjou (Maine-et-Loire) en avril 2022.
- Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, leur retour dans leur pays d’origine reste incertain.
- Le couple s’est progressivement intégré à la vie locale en Maine-et-Loire, tout en maintenant des liens avec leur communauté ukrainienne.
- Près de 130 000 réfugiés ukrainiens ont été accueillis en France depuis le début du conflit, selon l’OFII.
Un départ précipité vers une nouvelle vie en France
Sergiy et Lyudmila Shtanko vivaient à Dnipro, dans l’est de l’Ukraine, lorsque l’invasion russe a débuté en février 2022. « Nous avons entendu les sirènes retentir le 24 février 2022 », raconte Lyudmila Chychkanova à Ouest France. « En quelques heures, notre quotidien a basculé ». Le couple, comme des millions d’Ukrainiens, a dû prendre la décision de fuir pour protéger sa famille. Leur choix s’est porté sur la France, un pays qu’ils ne connaissaient que par son histoire et sa culture, mais qui leur offrait une promesse de sécurité.
Après un périple de plusieurs jours, ponctué d’arrêts dans des pays européens, ils ont atterri à Ombrée-d’Anjou, une commune rurale de 4 000 habitants. Leur arrivée s’est faite dans le cadre du dispositif national d’accueil des réfugiés ukrainiens, mis en place par le gouvernement français dès les premiers mois du conflit. « Nous avons été accueillis par des bénévoles et des élus locaux », précise Sergiy Shtanko. « Ils nous ont aidés à trouver un logement et à comprendre les démarches administratives ».
Une intégration progressive malgré l’éloignement
Depuis leur installation, le couple a appris à apprivoiser cette nouvelle vie en Maine-et-Loire. Lyudmila, qui travaillait auparavant comme enseignante, a repris une activité professionnelle dans une école locale, où elle dispense désormais des cours de ukrainien à des enfants réfugiés. « C’est important pour moi de transmettre notre langue et notre culture à la jeune génération », explique-t-elle. De son côté, Sergiy, ingénieur de formation, a trouvé un emploi dans une entreprise locale spécialisée dans les énergies renouvelables. « On ne peut pas dire que tout soit facile », admet-il. « Mais ici, on se sent en sécurité ».
Leur intégration passe aussi par des rencontres avec les habitants. « Les Angevins nous ont réservé un accueil chaleureux », souligne Lyudmila. « Beaucoup nous ont aidés à nous sentir chez nous ». Le couple participe régulièrement à des événements organisés par la mairie ou des associations locales, comme des marchés de produits ukrainiens ou des ateliers linguistiques. Pourtant, malgré ces marques de soutien, l’attachement à leur pays natal reste intact. « Nous suivons l’actualité ukrainienne chaque jour », confie Sergiy. « Et chaque soir, avant de nous coucher, nous pensons à notre famille restée là-bas ».
L’ombre persistante de la guerre et l’espoir d’un retour
Quatre ans après leur départ, la situation en Ukraine n’a pas évolué en faveur d’un retour rapide. Les combats se poursuivent dans l’est du pays, et les bombardements continuent de toucher des villes comme Dnipro, d’où était originaire le couple. « Chaque fois que nous voyons des images de destruction à la télévision, c’est comme si on revivait ces moments », déclare Lyudmila, la voix tremblante. « Mais nous savons aussi que rentrer maintenant serait trop risqué ».
Malgré cette incertitude, le couple refuse de baisser les bras. Ils participent à des collectes de fonds pour soutenir l’effort de guerre ukrainien et militent pour une solution diplomatique. « Nous espérons un jour pouvoir rentrer chez nous », affirme Sergiy. « Mais en attendant, nous faisons de notre mieux pour reconstruire notre vie ici ». Pour l’heure, leur quotidien est rythmé par le travail, les obligations administratives et les liens maintenus avec leur communauté. Un équilibre fragile, entre l’ancrage en France et l’attachement indéfectible à l’Ukraine.
Pour le couple Shtanko, la priorité reste de préserver ce qu’ils ont construit en France, tout en gardant l’espoir d’un retour un jour. Une quête d’équilibre entre deux pays, deux vies, et surtout, deux destins qui, pour l’instant, ne se rejoignent pas.
La France a activé dès mars 2022 un dispositif spécifique pour les réfugiés ukrainiens, leur octroyant un titre de séjour valable un an, renouvelable, ainsi qu’un accès facilité aux soins, au logement et à l’emploi. Selon l’OFII, près de 130 000 Ukrainiens ont bénéficié de cette protection temporaire, avec une prise en charge intégrant hébergement, cours de français et accompagnement social.
