À partir du 1er janvier 2027, les radars automatiques ne seront plus l’apanage exclusif de l’État. Les communes, groupements de communes et départements pourront désormais en déployer sur leurs réseaux routiers, comme l’indique Capital. Cette évolution s’inscrit dans le cadre de la loi 3DS du 21 février 2022, qui transfère une partie de la compétence en matière de sécurité routière aux collectivités territoriales.
Ce qu'il faut retenir
- Dès 2027, les communes, départements et groupements de communes pourront installer des radars automatiques sur leurs routes.
- En 2025, la France comptait 4 819 radars, selon les chiffres du Parisien.
- Ces nouveaux radars, dits « SCAT », contrôleront non seulement la vitesse, mais aussi d’autres infractions comme le franchissement de feu rouge ou l’usage du téléphone au volant.
- Les sanctions encourues pourront atteindre jusqu’à 8 points de retrait et plusieurs amendes de 135 euros, sans plafond.
- Le déploiement reste encadré : accord de la préfecture, consultation de la commission départementale de sécurité routière et étude d’accidentalité préalable seront obligatoires.
Cette réforme marque un tournant dans la politique de contrôle routier en France. Jusqu’ici, l’État centralisait la gestion des radars, en privilégiant les grands axes routiers. Désormais, les collectivités locales auront la possibilité de cibler des zones jusqu’ici moins surveillées, comme les centres-villes ou les routes départementales. Autant dire que le maillage territorial des radars va se densifier, avec des appareils fonctionnant en continu et couvrant un spectre élargi d’infractions.
Selon Capital, les nouveaux radars, appelés « Système de contrôle automatisé des collectivités » (SCAT), ne se limiteront plus à la seule détection des excès de vitesse. À partir de 2027, ils pourront verbaliser pour une dizaine d’infractions différentes, dont le non-respect des feux rouges, l’usage du téléphone au volant ou l’absence de port de la ceinture de sécurité. Une avancée qui, pour les défenseurs de la sécurité routière, devrait réduire les comportements à risque sur l’ensemble du territoire.
Pour les automobilistes, les conséquences seront immédiates. Les zones de conduite jusqu’ici perçues comme peu risquées pourraient désormais être équipées de radars, obligeant les conducteurs à redoubler de vigilance en permanence. Un changement de taille pour des millions de Français, habitués à des contrôles plus sporadiques et localisés. Du côté des collectivités, cette mesure répond à une demande croissante de sécurité, notamment sur les routes secondaires où les accidents sont souvent plus graves en raison d’un manque de surveillance.
Côté sanctions, la loi prévoit des peines cumulables et sans plafond. Un même contrôle pourrait ainsi entraîner la perte de jusqu’à 8 points sur le permis, en plus du paiement de plusieurs amendes de 135 euros. Une sévérité qui s’explique par la volonté de dissuader les comportements les plus dangereux, mais qui interroge déjà sur l’équité des contrôles et la saturation potentielle des services de verbalisation.
« La politique pénale n’est pas décentralisable. »
Départements de France
Si les collectivités locales gagneront en autonomie, elles ne seront pas pour autant libres de disposer de radars comme bon leur semble. La loi impose en effet un cadre strict. Toute installation doit être validée par la préfecture, après consultation de la commission départementale de la sécurité routière. Par ailleurs, une étude d’accidentalité devra démontrer l’utilité du radar dans la zone concernée. Objectif : éviter les dérives, comme la multiplication de dispositifs dans un même secteur, et garantir que chaque appareil répond à un besoin réel en matière de sécurité.
Cette réforme s’inscrit dans un contexte plus large de modernisation des outils de contrôle routier. Les radars nouvelle génération, souvent équipés d’intelligence artificielle, se généralisent, permettant de détecter des infractions autrefois difficiles à sanctionner. D’ici 2027, leur déploiement devrait donc s’accélérer, avec une implication accrue des acteurs locaux dans la gestion du trafic et la prévention des accidents.
Reste à voir si cette décentralisation du contrôle routier aura l’effet escompté sur la sécurité. Si les associations de conducteurs, comme la Ligue de Défense des conducteurs, expriment déjà des réserves sur une potentielle « chasse aux points », les pouvoirs publics misent sur une réduction durable des comportements dangereux. Une chose est sûre : à partir de 2027, les radars ne seront plus une exception sur les routes de France, mais un outil au quotidien pour les automobilistes.
Les radars SCAT, déployés par les collectivités à partir de 2027, pourront contrôler la vitesse, le franchissement de feu rouge, l’usage du téléphone au volant, le non-port de la ceinture de sécurité, ainsi que d’autres infractions routières listées par la loi. Ces appareils automatisés élargissent donc le spectre des contrôles au-delà de la simple limitation de vitesse.
Non. Selon Départements de France, « la politique pénale n’est pas décentralisable ». Les amendes perçues resteront gérées par l’État, qui en reverse une partie aux collectivités, mais sans que celles-ci en aient le contrôle direct. Les modalités exactes de répartition des recettes restent à préciser.