« C’était une journée parfaite pour lui. » Javier Aguirre, le sélectionneur du Mexique, n’a pas caché son émotion jeudi 12 juin 2026 à l’issue du match d’ouverture de la Coupe du monde opposant son équipe à l’Afrique du Sud. Pour la première fois de sa carrière en Coupe du monde, Raul Jimenez (35 ans), désormais deuxième meilleur buteur de l’histoire d’El Tri avec 46 réalisations en 125 sélections, a ouvert le score d’une victoire mexicaine 2-0 au stade Azteca devant 80 000 spectateurs. Un but qui scelle bien plus qu’un succès : une forme de rédemption après des années de doute et d’épreuves personnelles.
Ce qu'il faut retenir
- Raul Jimenez, 35 ans, a marqué son premier but en Coupe du monde lors du match d’ouverture du Mexique contre l’Afrique du Sud (2-0), selon RMC Sport.
- L’attaquant, deuxième meilleur buteur de l’histoire du Mexique avec 46 buts, a pleuré après son but, six ans après un choc violent avec David Luiz qui avait failli lui coûter la vie.
- Il porte depuis 2020 un bandeau de protection sur le côté droit de la tête, conséquence d’une fracture du crâne et d’une lésion cérébrale grave subies lors d’un choc avec David Luiz à Wolverhampton.
- Javier Aguirre a justifié sa titularisation en déclarant : « Il avait toujours été dans l’ombre de quelqu’un d’autre, mais aujourd’hui, il est titulaire dans cette équipe et il l’a amplement mérité. »
- Jimenez a rendu hommage à son père, décédé en mars 2026, et à son ancien coéquipier Diogo Jota, disparu dans un accident de voiture à l’été 2025.
Un but historique après des années d’attente
Le match, disputé sous les yeux de 80 000 supporters dans le mythique stade Azteca, restera comme le jour où Raul Jimenez a enfin marqué en Coupe du monde. Après trois participations infructueuses en 2014, 2018 et 2022, où il n’avait trouvé le chemin des filets qu’à six reprises en autant de matchs, l’attaquant a brisé la malédiction. Ce but, le premier de sa carrière en Mondial, intervient six ans après le choc qui aurait pu lui être fatal.
Le 29 novembre 2020, lors d’un match de Premier League entre Wolverhampton et Arsenal, Jimenez avait percuté violemment David Luiz. Inconscient sur le terrain, il avait dû recevoir de l’oxygène en urgence. Le choc lui avait causé une fracture du crâne et une lésion cérébrale grave, mettant sa vie en danger. Il avait repris la compétition huit mois plus tard, mais avec une protection crânienne qu’il ne quitte plus depuis. Le bandeau qu’il portait jeudi, renforcé sur le côté droit au-dessus de son oreille, lui sert ainsi de bouclier contre d’éventuels nouveaux traumatismes.
Une carrière marquée par les épreuves et les hommages
Raul Jimenez, formé au Club América, a connu une carrière européenne riche. Après un passage à l’Atlético de Madrid entre 2015 et 2018, il avait rejoint Benfica avant de tenter l’aventure anglaise à Wolverhampton (2018-2023). C’est dans ce club qu’il a côtoyé Diogo Jota, son ami et ancien coéquipier, tragiquement décédé dans un accident de voiture à l’été 2025. Trois jours après ce drame, Jimenez avait rendu hommage au Portugais en portant un maillot floqué à son nom lors d’un match de Gold Cup face aux États-Unis (2-1), célébrant même un but en mimant une partie de jeux vidéo.
Jeudi soir, ses larmes et son doigt pointé vers le ciel après son but pourraient s’interpréter comme un hommage à Jota, mais aussi à son père, Raul Jimenez Vega, décédé en mars 2026. Deux pertes qui ont pesé sur sa préparation pour ce Mondial, d’autant que son sélectionneur a évoqué « une période difficile sur le plan personnel » ayant pu le motiver davantage.
Une titularisation tardive mais méritée
À 35 ans, Raul Jimenez est devenu le premier joueur mexicain à être titularisé dès le match d’ouverture de la Coupe du monde. Javier Aguirre, son entraîneur, a expliqué cette décision par une citation de l’attaquant lui-même : « J’ai lu une interview où il disait que cette Coupe du monde devait être la sienne. » Après trois saisons à Fulham (2023-2026), Jimenez a signé cette semaine un retour à Wolverhampton, relégué en deuxième division anglaise, où il a vécu les sommets et les abîmes.
Son parcours, marqué par des hauts comme des bas, illustre une forme de résilience. Entre son retour de blessure en 2021, ses passages éclair en Europe et son adaptation à la Premier League puis à la Championship, Jimenez a su se réinventer. Aguirre a souligné : « Il avait toujours été dans l’ombre de quelqu’un d’autre, mais aujourd’hui, il est titulaire dans cette équipe et il l’a amplement mérité. » Un titre pour un joueur dont le nom résonne désormais comme une légende du football mexicain.
Pour l’heure, le Mexique savoure ce succès inaugural et le symbole qu’il représente pour son attaquant emblématique. Entre hommages, résilience et rédemption, le parcours de Jimenez en dit long sur ce que représente la Coupe du monde : bien plus qu’un tournoi, une scène où se jouent des destins personnels au-delà du sport.
Le bandeau de Raul Jimenez n’a rien d’esthétique. Il s’agit d’une protection médicale obligatoire depuis un choc violent avec David Luiz en 2020, qui lui a causé une fracture du crâne et une lésion cérébrale grave. Ce bandeau renforcé sur le côté droit de sa tête lui sert de bouclier contre d’éventuels nouveaux traumatismes, selon RMC Sport.