Alors que l’Europe vient de subir un été marqué par des canicules répétées et des inondations dévastatrices, le Népal a été frappé par un tsunami de boue causant des dizaines de victimes et des destructions massives. Ces événements, bien que catastrophiques, s’inscrivent dans la tendance climatique documentée depuis près de deux siècles. Reporterre rappelle que les premières études établissant un lien entre les émissions de CO₂ et le réchauffement global datent des années 1820, et que les mises en garde des scientifiques se sont multipliées depuis.

Ce qu'il faut retenir

  • Les premières études sur le réchauffement climatique d’origine humaine remontent aux années 1820, selon des travaux pionniers.
  • L’Europe a connu en 2026 un été marqué par des vagues de chaleur extrêmes et des épisodes de sécheresse prolongée.
  • Le Népal a subi un tsunami de boue dévastateur, illustrant l’aggravation des phénomènes météorologiques violents.
  • Les scientifiques alertent depuis des décennies sur l’impact des gaz à effet de serre, sans que des mesures à la hauteur des enjeux ne soient mises en œuvre.

Des alertes scientifiques ignorées depuis près de deux siècles

Dès les années 1820, des chercheurs comme Joseph Fourier et plus tard Svante Arrhenius au XIXe siècle avaient identifié le rôle du CO₂ dans l’effet de serre. Leurs travaux, publiés dans des revues scientifiques de l’époque, démontraient que l’accumulation de gaz carbonique dans l’atmosphère pouvait entraîner une hausse des températures mondiales. Pourtant, il aura fallu attendre le XXe siècle pour que ces théories soient largement reconnues, et encore plus longtemps pour que des politiques de réduction des émissions soient envisagées.

Selon Reporterre, les rapports du GIEC, publiés depuis les années 1990, ont systématiquement souligné l’urgence d’agir. «

Les preuves scientifiques sont accablantes : l’activité humaine est responsable du réchauffement climatique actuel
», avait déclaré en 2021 le climatologue Valérie Masson-Delmotte, co-présidente d’un groupe de travail du GIEC. Malgré ces avertissements répétés, les émissions mondiales de CO₂ n’ont cessé d’augmenter, passant de 22 milliards de tonnes par an en 1990 à plus de 36 milliards en 2025.

L’été 2026 en Europe et le tsunami de boue au Népal, symptômes d’un dérèglement global

L’Europe a connu en 2026 des températures records, avec des pics à 45°C dans le sud de la France et des épisodes de sécheresse prolongée ayant affecté les récoltes. Ces conditions ont aggravé les risques d’incendies, comme ceux qui ont ravagé plus de 10 000 hectares en Espagne et au Portugal en juillet et août. «

Ces événements ne sont pas des anomalies, mais bien la nouvelle norme climatique
», a indiqué Jean Jouzel, ancien vice-président du GIEC, cité par Reporterre.

Au Népal, un glissement de terrain massif, déclenché par des pluies torrentielles, a transformé des villages entiers en coulées de boue. Bilan provisoire : au moins 47 morts et des milliers de déplacés. Ces catastrophes s’ajoutent à une série d’événements climatiques extrêmes observés ces dernières années, comme les inondations au Pakistan en 2022 ou les canicules en Inde en 2023. «

Le changement climatique n’est plus une menace lointaine, mais une réalité qui frappe déjà des populations vulnérables
», a rappelé Petra Tschakert, experte en climat à l’Université de Western Australia, dans une interview accordée à Reporterre.

Des solutions existent, mais leur mise en œuvre reste insuffisante

Face à l’urgence, plusieurs pistes sont évoquées pour limiter le réchauffement à 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle. Les experts s’accordent sur la nécessité de réduire drastiquement les émissions de CO₂, en accélérant la transition vers les énergies renouvelables et en améliorant l’efficacité énergétique. «

Nous disposons des technologies nécessaires, mais leur déploiement est trop lent
», a souligné Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans un rapport publié en 2025.

Autre levier : la protection des forêts et des océans, qui jouent un rôle clé dans la capture du CO₂. Pourtant, la déforestation en Amazonie et dans le bassin du Congo se poursuit à un rythme alarmant, tandis que l’acidification des océans menace les écosystèmes marins. Selon l’ONU, moins de 30 % des forêts primaires mondiales sont encore intactes.

Et maintenant ?

La COP30, prévue en novembre 2026 à Belém au Brésil, sera un moment clé pour évaluer les progrès réalisés depuis l’Accord de Paris. Les négociations devraient porter sur le financement de la transition énergétique dans les pays en développement et l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050. Reste à voir si les États parviendront à adopter des mesures contraignantes, alors que les émissions continuent d’augmenter dans des secteurs comme l’aviation ou le transport maritime.

Les événements de l’été 2026 rappellent que le temps des promesses est révolu : les actions concrètes tardent à se matérialiser. Entre les canicules européennes, les tsunamis de boue en Asie et la multiplication des catastrophes climatiques, la question n’est plus de savoir si le réchauffement va s’aggraver, mais à quelle vitesse et avec quelles conséquences.

Selon les scientifiques, le réchauffement climatique actuel est principalement causé par l’augmentation des gaz à effet de serre, notamment le CO₂, émis par la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), la déforestation et certaines activités industrielles. Ces émissions piègent la chaleur dans l’atmosphère, entraînant une hausse des températures mondiales.

En 2026, l’Europe a connu des vagues de chaleur extrêmes avec des températures dépassant 45°C, tandis que le Népal a subi un tsunami de boue causant la mort de 47 personnes. Ces événements s’ajoutent à une série de catastrophes climatiques observées ces dernières années, comme les inondations au Pakistan en 2022 ou les méga-feux en Australie en 2019-2020.