Une étude menée par des chercheurs de l’université de Stanford auprès de 44 jumeaux a permis de comparer, sur une période de huit semaines, les effets sur la santé de deux régimes alimentaires opposés : un régime vegan strict et un régime omnivore considéré comme sain. Selon nos confrères de Top Santé, les résultats des bilans sanguins obtenus à l’issue de cette expérience apportent des éclairages inédits sur l’impact de ces modes d’alimentation sur la santé cardiovasculaire.
Ce qu'il faut retenir
- Une étude portant sur 22 paires de jumeaux a comparé deux régimes alimentaires opposés pendant huit semaines
- Les participants ont suivi soit un régime vegan strict, soit un régime omnivore sain
- Les bilans sanguins ont révélé des différences notables, notamment sur la santé du cœur
- L’expérience a été menée par des chercheurs de l’université de Stanford
L’étude, dont les résultats ont été publiés récemment, s’est distinguée par son approche méthodologique rigoureuse. En recrutant des jumeaux génétiquement identiques, les scientifiques ont pu neutraliser l’influence des facteurs génétiques, souvent difficiles à isoler dans ce type de recherche. « Cela nous permet d’observer l’impact direct des régimes alimentaires sur la santé », a expliqué le Dr Christopher Gardner, professeur de médecine à Stanford et principal auteur de l’étude, cité par Top Santé.
Les participants, répartis aléatoirement entre les deux groupes, ont suivi des menus strictement contrôlés. Le régime vegan excluait tout produit d’origine animale, tandis que le régime omnivore sain était basé sur des aliments entiers, des légumes, des fruits, des céréales complètes, des protéines maigres et des graisses insaturées. « Les deux régimes étaient équilibrés sur le plan nutritionnel », a précisé le chercheur. « L’objectif n’était pas de comparer un régime “mauvais” à un régime “bon”, mais bien deux approches alimentaires distinctes. »
À l’issue des huit semaines, les bilans sanguins ont révélé plusieurs enseignements. Les participants suivant le régime vegan ont présenté une baisse plus marquée de leur taux de LDL-cholestérol, souvent qualifié de « mauvais cholestérol », ainsi qu’une réduction des marqueurs inflammatoires. « Ces résultats confirment certaines hypothèses selon lesquelles une alimentation végétale peut être bénéfique pour la santé cardiovasculaire », a souligné le Dr Gardner. À l’inverse, les participants du groupe omnivore ont montré une augmentation de leurs niveaux de vitamine B12, un nutriment essentiel dont la carence est plus fréquente chez les vegans.
Autant dire que les conclusions ne tranchent pas définitivement en faveur de l’un ou l’autre régime. Si le régime vegan semble avoir un avantage certain sur le plan cardiovasculaire, il nécessite une attention particulière pour éviter les carences, notamment en vitamine B12, en fer ou en oméga-3. De leur côté, les défenseurs du régime omnivore sain rappellent que leur approche permet de couvrir plus facilement l’ensemble des besoins nutritionnels, sans recourir à des suppléments.
Les chercheurs insistent sur un point : cette étude ne prétend pas démontrer la supériorité absolue de l’un ou l’autre régime. « Ce qui compte, c’est la qualité globale de l’alimentation », a rappelé le Dr Gardner. « Un régime vegan mal équilibré peut être aussi néfaste qu’un régime omnivore riche en produits ultra-transformés. » L’expérience montre surtout que, dans des conditions contrôlées, une alimentation végétale bien planifiée peut avoir des effets positifs mesurables sur la santé.
En attendant, cette étude rappelle une évidence souvent oubliée : il n’existe pas de régime universel. Le choix entre un mode d’alimentation vegan ou omnivore sain dépend avant tout des besoins individuels, des préférences et des contraintes de chacun. Comme le souligne le Dr Gardner : « L’important est de faire des choix éclairés et adaptés à sa situation. »
Les risques de carence les plus fréquents concernent la vitamine B12, le fer, le calcium, les oméga-3 et la vitamine D. Une supplémentation ou une attention particulière à l’équilibre alimentaire est souvent nécessaire pour éviter ces manques.