Le tribunal correctionnel de Paris a rendu ce mardi 16 juin 2026 une décision qui provoque l’indignation du collectif SOS Périscolaire. Selon BFM - Faits Divers, un ex-animateur de l’école Triton, dans le 11e arrondissement de Paris, a été relaxé des chefs d’accusation d’agressions sexuelles et de harcèlement sexuel portés par neuf élèves mineures. Les magistrats ont estimé que l’infraction n’était pas suffisamment caractérisée, malgré des gestes jugés « inappropriés ».

Ce qu’il faut retenir

  • Un ex-animateur périscolaire à Paris a été relaxé ce 16 juin 2026 par le tribunal correctionnel, malgré des accusations d’agressions sexuelles et de harcèlement sexuel portées par neuf élèves de dix ans.
  • Le tribunal a retenu un « comportement inapproprié », mais n’a pas jugé les gestes suffisamment « humiliants ou dégradants » pour caractériser une infraction pénale.
  • Elisabeth Guthmann, cofondatrice de SOS Périscolaire, a qualifié cette décision d’« inentendable », dénonçant un message « effrayant » pour les enfants et les familles.
  • Le procès s’était tenu le 5 mai 2026 à huis clos, et l’accusé, Nicolas G., 47 ans, n’a pas été inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS).
  • Une manifestation est prévue ce jeudi 18 juin 2026 à 8h45 rue Cler, à Paris, suivie d’une autre à 18 heures devant la mairie de Montreuil, pour dénoncer l’inaction des institutions.
  • Les 14 000 animateurs périscolaires parisiens ont été appelés à manifester aujourd’hui pour réclamer des recrutements et dénoncer un « climat de suspicion généralisée ».

Une décision qui sidère les familles et les associations

Elisabeth Guthmann, cofondatrice du collectif SOS Périscolaire, n’a pas caché son émotion face à cette relaxe. « On est sidérés », a-t-elle déclaré à BFM - Faits Divers. Les familles, les victimes et l’ensemble de la société sont en effet « sidérés » par une décision qui contredit les réquisitions du parquet, soit 18 mois de prison avec sursis. « On trouvait déjà que ce n’était pas suffisant. Et là, on se retrouve avec une relaxe », a-t-elle déploré. Pour elle, cette décision envoie un signal désastreux : « Le message pour les enfants est très mauvais. C’est incompréhensible. »

Les magistrats ont reconnu dans leur jugement un comportement inapproprié de la part de l’accusé, mais ont estimé que les éléments recueillis lors de l’enquête ne permettaient pas de démontrer le caractère « humiliant et dégradant » des gestes reprochés. Ils ont également considéré que l’agent municipal aurait dû faire l’objet de rappels à l’ordre et d’une formation, sans que ses agissements ne constituent une infraction pénale. Une analyse que le collectif SOS Périscolaire juge « incompréhensible ».

Un procès tenu à huis clos et des familles en colère

Le procès de Nicolas G., 47 ans, s’est déroulé le 5 mai 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris, à huis clos. Il était poursuivi pour « agressions sexuelles » et « harcèlement sexuel » sur neuf élèves scolarisées à l’école Titon, dans le 11e arrondissement de Paris. Il s’agissait du premier procès depuis le scandale des violences sexuelles dans le périscolaire parisien. Pénélope Ponchelet, mère d’une des victimes, s’est dite « indignée et en colère » auprès de l’AFP, dénonçant « la lâcheté systémique d’institutions et de tribunaux d’une indulgence coupable ».

L’avocate de cinq familles, Me Julie Chalumeau, a également réagi à cette décision. « Dans ce dossier, il semblait qu’il y avait énormément d’éléments qui établissaient que le comportement allait au-delà du comportement inapproprié », a-t-elle souligné. « Cette décision suscite une très grande incompréhension. » Le collectif SOS Périscolaire rappelle par ailleurs que le tribunal doit se prononcer le 7 juillet 2026 dans l’affaire concernant l’école Alphonse Baudin, une autre école parisienne touchée par le scandale.

Un fichier judiciaire non alimenté et des craintes pour l’avenir

Parmi les points les plus controversés de cette décision figure l’absence d’inscription de l’accusé au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS). Selon Elisabeth Guthmann, cela signifie que Nicolas G. pourrait « techniquement reprendre le travail demain ». Une perspective qui effraie le collectif : « Honnêtement, ça fait peur pour la suite. »

Le collectif travaille depuis des mois avec les enfants sur la question du consentement et de la protection de leur corps. « On leur dit : ton corps, c’est ton corps. On travaille là-dessus pour qu’ils sachent qu’on n’a pas le droit de toucher leur corps sans leur consentement, que c’est un crime et que c’est interdit par la loi », explique Elisabeth Guthmann. « Et là, la justice dit que c’est juste une sanction administrative. Le message est très mauvais. »

Mobilisation des animateurs et des parents

Ce mardi 16 juin 2026, les 14 000 animateurs périscolaires parisiens ont été appelés à manifester pour exiger des centaines de recrutements dans un secteur en « sous-effectif chronique ». Ils dénoncent également un « climat de suspicion généralisée » lié au scandale des violences sexuelles dans leur milieu professionnel. Une mobilisation qui s’inscrit dans un contexte de tensions accrues entre les associations de parents, les institutions et les professionnels du périscolaire.

De son côté, le collectif SOS Périscolaire a lancé un appel à la mobilisation « devant l’inaction et le manque de transparence des institutions ». Deux rassemblements sont prévus ce jeudi 18 juin 2026 : un premier à 8h45 rue Cler, à Paris, pour soutenir les parents de l’école Saint-Dominique, et un second à 18 heures devant la mairie de Montreuil. Une façon de maintenir la pression sur les pouvoirs publics et de demander des comptes sur la gestion de ces affaires.

Et maintenant ?

Le tribunal correctionnel de Paris doit rendre sa décision le 7 juillet 2026 dans l’affaire de l’école Alphonse Baudin, une nouvelle étape qui pourrait confirmer ou infirmer la tendance observée aujourd’hui. Dans l’immédiat, la mobilisation des parents et des professionnels du secteur devrait se poursuivre, avec des rassemblements prévus dès demain. Les associations réclament des mesures concrètes pour renforcer la protection des enfants et la transparence des institutions. Reste à voir si cette décision de justice servira de catalyseur ou, au contraire, de frein à ces revendications.

Cette affaire illustre les tensions persistantes autour de la protection des mineurs dans les structures périscolaires, un dossier qui a déjà conduit à plusieurs signalements et enquêtes dans la capitale ces derniers mois. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si les autorités prendront des mesures pour rassurer les familles et les professionnels, ou si le statu quo persistera.

Le tribunal correctionnel de Paris a estimé que les gestes reprochés, bien que jugés « inappropriés », ne constituaient pas une infraction pénale caractérisée. Les magistrats ont considéré que les éléments de l’enquête ne permettaient pas de démontrer le caractère « humiliant et dégradant » des actes. Ils ont également estimé que l’accusé aurait dû faire l’objet de rappels à l’ordre et d’une formation, sans que ses agissements ne relèvent du pénal.

Le tribunal doit rendre une nouvelle décision le 7 juillet 2026 dans l’affaire de l’école Alphonse Baudin. Par ailleurs, le collectif SOS Périscolaire et les associations de parents appellent à des rassemblements aujourd’hui et demain pour dénoncer l’inaction des institutions et réclamer des mesures concrètes. La mobilisation des animateurs périscolaires se poursuit également pour exiger des recrutements et une meilleure protection des enfants.