Avec le retour des températures plus fraîches et la reprise des routines quotidiennes, la période de la rentrée s’accompagne souvent d’une baisse de tonus et d’une sensation de fatigue persistante. Moral en berne, chute de cheveux ou encore difficultés à se concentrer sont autant de symptômes qui poussent certains à envisager une cure de vitamines, minéraux ou compléments alimentaires en gummies. Mais ces produits sont-ils vraiment indispensables lorsque l’alimentation reste équilibrée ? Pour éclairer ce débat, nous nous sommes penchés sur l’avis d’un spécialiste de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), comme le rapporte Top Santé.

Ce qu'il faut retenir

  • Les compléments alimentaires en vitamines ou minéraux sont souvent sollicités à la rentrée pour pallier une sensation de fatigue ou de baisse de moral.
  • L’Anses rappelle que ces produits ne sont utiles que dans des cas de carences avérées ou d’alimentation déséquilibrée.
  • Une alimentation variée et équilibrée couvre généralement les besoins nutritionnels de la majorité des adultes en bonne santé.
  • Les cures de compléments ne sont pas anodines : un excès de certaines vitamines peut entraîner des effets indésirables.

Une tendance renforcée par les changements de saison

À chaque rentrée, les pharmacies et parapharmacies voient affluer les clients en quête de solutions rapides pour retrouver leur énergie. Les rayons dédiés aux compléments alimentaires en gummies, multivitamines ou cures de magnésium affichent des ventes en hausse de 15 % par rapport au reste de l’année, selon les données du marché. Pourtant, cette pratique interroge les professionnels de santé, qui rappellent que le corps humain est capable de se réguler naturellement, à condition de lui apporter les bons nutriments au quotidien.

Comme l’explique un porte-parole de l’Anses, interrogé par Top Santé, « les carences en vitamines ou minéraux sont rares dans les pays occidentaux, où l’alimentation reste globalement suffisante pour couvrir les besoins de la population ». Autant dire que pour une grande majorité des Français, une cure de compléments ne se justifie pas médicalement. Cela dit, certaines catégories de la population, comme les femmes enceintes, les personnes âgées ou celles suivant un régime restrictif, peuvent effectivement présenter des risques de carences et bénéficier, le cas échéant, d’une supplémentation ciblée.

Quels sont les risques d’un usage excessif ?

Si les compléments alimentaires sont souvent perçus comme inoffensifs en raison de leur statut de produits naturels, leur consommation à haute dose peut s’avérer problématique. L’Anses met en garde contre les surdosages, notamment pour les vitamines liposolubles (A, D, E, K) qui s’accumulent dans l’organisme et peuvent provoquer des intoxications. Par exemple, une surconsommation de vitamine D peut entraîner des calculs rénaux ou des lésions rénales.

De plus, certains produits commercialisés sous forme de gummies, bien que pratiques et attractifs, contiennent des quantités importantes de sucres ajoutés. Leur consommation régulière peut donc contribuer à une prise de poids ou à des déséquilibres glycémiques, surtout chez les enfants ou les personnes sensibles. Enfin, les interactions médicamenteuses ne sont pas à négliger : certains minéraux, comme le fer, peuvent interférer avec l’absorption de certains traitements.

Quand une supplémentation est-elle réellement justifiée ?

Selon les recommandations de l’Anses, une supplémentation en vitamines ou minéraux ne doit être envisagée qu’après un diagnostic médical précis. Les analyses sanguines restent l’outil le plus fiable pour identifier une carence, qu’il s’agisse de fer, de vitamine B12, de vitamine D ou encore d’iode. Dans certains cas, comme pour la vitamine D, une supplémentation systématique est même recommandée pour certaines populations, notamment les personnes âgées ou celles peu exposées au soleil.

Pour les autres, une alimentation équilibrée, riche en fruits, légumes, céréales complètes et protéines, suffit généralement à couvrir les besoins. Les légumes verts à feuilles (épinards, blettes), les noix, les graines et les légumineuses sont d’excellentes sources de vitamines et minéraux. Côté protéines, les poissons gras (saumon, maquereau) apportent des oméga-3, tandis que les produits laitiers ou les amandes sont riches en calcium.

Et maintenant ?

Face à l’engouement pour les compléments alimentaires, les autorités sanitaires pourraient renforcer les campagnes d’information pour sensibiliser le public aux risques liés à l’automédication. Une révision des recommandations sur la vitamine D, attendue d’ici la fin de l’année 2026, pourrait notamment clarifier les conditions de sa supplémentation. En attendant, les experts appellent à la prudence et insistent sur l’importance de consulter un professionnel de santé avant de se lancer dans une cure, surtout en cas de doute sur son état nutritionnel.

Reste à voir si ces mises en garde parviendront à freiner la tendance des achats impulsifs en parapharmacie. Une chose est sûre : en matière de santé, mieux vaut privilégier une approche préventive et personnalisée qu’un recours systématique aux compléments.

Non, leur efficacité dépend de leur composition. Les gummies contiennent souvent les mêmes principes actifs que les comprimés, mais leur forme peut faciliter la prise, surtout chez les enfants ou les personnes ayant des difficultés à avaler. En revanche, leur teneur en sucres doit être prise en compte, et leur coût est généralement plus élevé.