Christel, une Lyonnaise qui devait partir à la retraite le 1er juin 2026, a découvert que l’un de ses anciens employeurs n’a pas cotisé pour sa retraite complémentaire entre le 1er avril 1985 et le 31 décembre 1988. Selon Capital, cette période de quatre ans pourrait lui faire perdre l’intégralité des droits acquis pendant cette durée, faute de justificatifs.

Ce qu'il faut retenir

  • Christel, une Lyonnaise, découvre que son employeur n’a pas cotisé pour sa retraite complémentaire entre avril 1985 et décembre 1988.
  • Cette période correspond à une interruption de quatre ans dans sa carrière professionnelle pour le calcul de ses droits à la retraite.
  • Le bureau de l’AGPC (Assurance générale de prévoyance des cadres) à Lyon, où elle travaillait, a fermé ses portes depuis.
  • Le délai de prescription pour réclamer ces cotisations non versées est de cinq ans, rendant toute action impossible.
  • Christel a alerté son employeur en 1985, mais celui-ci lui avait assuré que cette situation était « normale ».

Une carrière partiellement effacée par l’absence de cotisations

Christel a travaillé pour le bureau lyonnais de l’AGPC, une caisse spécialisée dans la gestion des retraites complémentaires des cadres. Lors de la préparation de son départ à la retraite, elle a consulté son relevé de carrière et s’est aperçue que la période allant d’avril 1985 à décembre 1988 n’apparaissait pas comme cotisée. Autrement dit, ces quatre années de travail ne lui ouvriront aucun droit à une pension complémentaire. « J’ai travaillé quatre ans pour rien », a-t-elle déclaré à Capital.

Cette situation est d’autant plus surprenante que Christel avait déjà signalé, en 1985, l’absence de mention des cotisations sur ses bulletins de salaire. Son employeur lui avait alors répondu que, en tant que caisse de retraite complémentaire, cette absence de cotisation était « normale » et « un avantage ». Une affirmation qui s’est révélée totalement erronée, mais qu’elle avait alors prise pour argent comptant.

Un employeur disparu et un délai de prescription dépassé

Le bureau lyonnais de l’AGPC, où Christel exerçait, a depuis cessé toute activité. Or, pour récupérer des cotisations impayées, il est nécessaire de pouvoir identifier l’employeur responsable et d’agir dans un délai de cinq ans après la date à laquelle les cotisations auraient dû être versées. Dans le cas de Christel, ce délai est largement dépassé. Selon les règles en vigueur, une fois ce délai écoulé, toute action en recouvrement devient impossible.

Le Code de la sécurité sociale précise en effet que les cotisations de retraite complémentaire doivent être déclarées et versées par l’employeur dans des délais stricts. En cas de non-respect, le salarié peut théoriquement réclamer le paiement des cotisations manquantes, mais seulement si la prescription n’est pas encore engagée. Pour Christel, cette option est désormais exclue, faute d’employeur identifiable et en raison du dépassement du délai légal.

Les leçons à tirer pour les salariés et les retraités

Cette histoire rappelle l’importance de vérifier régulièrement ses bulletins de salaire et son relevé de carrière. En France, chaque salarié peut consulter son relevé de carrière sur le site de l’Assurance retraite, qui recense l’ensemble des périodes travaillées et des cotisations versées. Toute anomalie doit être signalée sans délai à l’employeur ou, en cas de non-réaction, aux organismes compétents comme l’Agirc-Arrco pour les retraites complémentaires.

Des outils existent pour éviter ce type de désagrément. Par exemple, l’application « Mon compte retraite » permet de suivre l’évolution de ses droits et de détecter d’éventuelles lacunes. De même, les salariés peuvent demander chaque année un certificat de salaire ou un relevé de carrière à leur employeur pour s’assurer que tout est en ordre. En cas de doute, une régularisation immédiate est toujours préférable à une action a posteriori, souvent vouée à l’échec.

« Pour éviter ce genre de déconvenue, il faut être attentif à ses feuilles de paie et rapidement régulariser sa situation en cas de manquement. » — Capital

Et maintenant ?

Cette affaire soulève une question de fond : comment s’assurer que les cotisations retraites sont bien versées lorsque l’employeur disparaît ou fait faillite ? Les pouvoirs publics pourraient renforcer les contrôles sur les déclarations des employeurs, notamment dans les secteurs où les entreprises sont plus fragiles. Pour les salariés, la vigilance reste de mise, même plusieurs décennies après avoir quitté un emploi. Le site de l’Assurance retraite permet désormais de vérifier en ligne l’intégralité de son parcours professionnel et de signaler les anomalies avant qu’il ne soit trop tard.

Comment vérifier ses droits à la retraite ?

Plusieurs dispositifs permettent aux salariés de s’assurer que leurs cotisations ont bien été déclarées. D’abord, chaque employeur est tenu de remettre un bulletin de paie mensuel détaillant les cotisations salariales et patronales. Ces informations doivent également figurer sur le relevé de carrière accessible via le site www.lassuranceretraite.fr. Pour les retraites complémentaires (Agirc-Arrco), un relevé spécifique peut être demandé sur le site www.agirc-arrco.fr.

En cas d’absence de cotisations, le salarié dispose de plusieurs recours. Il peut d’abord contacter son ancien employeur ou son service des ressources humaines pour régulariser la situation. Si l’employeur ne répond pas, il est possible de saisir l’Agirc-Arrco ou l’Urssaf pour les retraites de base. Enfin, en cas de litige persistant, le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes ou le médiateur de l’Assurance retraite. Cependant, ces démarches doivent être engagées dans les cinq ans suivant la période concernée, sous peine de forclusion.

Un cas isolé ou un phénomène plus répandu ?

Christel n’est pas un cas unique. Chaque année, des salariés découvrent que des périodes de leur carrière n’ont pas été correctement déclarées. Les raisons sont multiples : oubli ou négligence de l’employeur, changement de statut juridique de l’entreprise, ou encore liquidation judiciaire. Les secteurs les plus touchés sont souvent ceux où la rotation des employeurs est élevée, comme le commerce, l’hôtellerie ou le travail temporaire. Une étude de l’Agirc-Arrco publiée en 2024 estimait que près de 10 % des salariés présentaient des anomalies dans leur relevé de carrière, principalement en raison de cotisations manquantes ou mal déclarées.

Pour limiter ces risques, certains syndicats recommandent d’archiver ses bulletins de salaire pendant toute la durée de sa carrière, voire au-delà. D’autres suggèrent de demander chaque année un certificat de travail ou un attestation fiscale pour prouver l’activité professionnelle et les cotisations versées. En cas de doute, une consultation auprès d’un conseiller en retraite ou d’un expert-comptable peut s’avérer utile.

Cette affaire rappelle une évidence : la retraite se prépare tout au long de la vie active. Une simple négligence de quelques années peut avoir des conséquences durables sur le montant de la pension. Pour Christel, l’absence de cotisations entre 1985 et 1988 représente une perte sèche. Pour les autres, cette histoire doit servir d’avertissement : mieux vaut prévenir que guérir.

Vous devez d’abord contacter votre ancien employeur pour lui demander de régulariser la situation. Si l’employeur ne répond pas ou refuse, vous pouvez saisir l’Agirc-Arrco pour les retraites complémentaires ou l’Urssaf pour les retraites de base. Vous disposez d’un délai de cinq ans à partir de la fin de la période concernée pour agir. En cas d’échec, vous pouvez consulter un conseiller en retraite ou un médiateur.

Vous pouvez consulter votre relevé de carrière sur le site de l’Assurance retraite (www.lassuranceretraite.fr). Pour les retraites complémentaires, rendez-vous sur www.agirc-arrco.fr. Ces services en ligne permettent de vérifier l’intégralité de vos périodes travaillées et des cotisations versées.