Candidate à la primaire du pôle socialiste en vue de l’élection présidentielle de 2027, Ségolène Royal a réaffirmé ce lundi 1er septembre 2026 sa position sur la question des retraites, lors de son passage dans l’émission « Les 4 Vérités » diffusée sur France 2. Selon nos confrères de Franceinfo – Politique, elle a conditionné tout débat sur la réforme des retraites à la restauration de l’Impôt de solidarité sur la fortune financière (ISF), supprimé en 2018 sous la présidence d’Emmanuel Macron et le gouvernement d’Édouard Philippe.

Ce qu’il faut retenir

  • Ségolène Royal refuse d’aborder le débat sur les retraites tant que la question du retour de l’ISF n’est pas posée, accusant le « couple Macron-Édouard Philippe » d’avoir affaibli les finances publiques.
  • Elle dénonce la suppression de l’ISF, qu’elle associe à la hausse de la dette et à la dégradation du pouvoir d’achat des Français, notamment des retraités et des jeunes.
  • Quatre candidats sont engagés dans la primaire socialiste, dont Olivier Faure, premier secrétaire du PS, et Raphaël Glucksmann, qui progresse dans les sondages internes.
  • Royal critique la médiatisation excessive de certains candidats, estimant que cela fausse le processus démocratique de la primaire.
  • Elle défend une alliance large à gauche, tout en rappelant la nécessité de respecter le vote des électeurs, quel que soit leur choix politique.
  • La candidate s’oppose à toute remise en cause de l’âge légal de départ à la retraite, qu’elle juge « dangereuse » pour la natalité et la stabilité sociale.

Interrogée sur la possibilité d’une alliance avec La France insoumise, Ségolène Royal a adopté une position pragmatique. « Il n’y a aucune voix pestiférée », a-t-elle déclaré, citant François Mitterrand pour justifier son refus de stigmatiser quelque électorat que ce soit. « Ceux qui critiquent les extrêmes feraient mieux de s’interroger sur leurs propres responsabilités dans la montée de ces mouvements », a-t-elle ajouté, visiblement en référence à la politique menée sous la présidence Macron.

Sur le plan économique, elle a pointé du doigt les conséquences de la suppression de l’ISF, qu’elle lie directement à la « menace » pesant sur les retraites. « Quand vous menacez les retraités de baisser leurs pensions, vous faites peur aux jeunes. Pourquoi feraient-ils des enfants s’ils n’ont pas la certitude d’une retraite ? » a-t-elle argumenté. Pour elle, la sécurisation des revenus différés, comme les retraites, passe par un rétablissement de l’ISF et une refonte de la fiscalité sur le patrimoine.

La candidate a également évoqué la crise de l’Éducation nationale, dénonçant des « recrutements par speed dating » et une « dégradation du métier d’enseignant » qui menace la qualité de l’enseignement. « C’est inacceptable pour une ancienne ministre de l’Éducation nationale », a-t-elle souligné, insistant sur la nécessité de redonner confiance aux Français dans les services publics.

Une primaire socialiste sous tension

La course aux parrainages pour la primaire socialiste est officiellement lancée depuis la semaine dernière, avec l’entrée en lice d’Olivier Faure. Ce dernier, premier secrétaire du Parti socialiste, devient ainsi le quatrième candidat à se déclarer après Ségolène Royal, Raphaël Glucksmann et Nicolas Mayer-Rossignol. Royal a salué son engagement, tout en rappelant l’importance de « donner l’exemple de l’excellence démocratique » au sein du parti.

Interrogée sur le fait qu’Olivier Faure cumule les rôles de premier secrétaire et de candidat, Royal a estimé que le processus était « en ordre ». « Il va passer la main à Johanna Rolland sur la direction du PS », a-t-elle rappelé, ajoutant que « repartir chercher les voix une par une n’est pas humiliant, mais honorifique ». Elle a par ailleurs confirmé que son équipe s’occupait activement des parrainages nécessaires pour valider sa candidature, sans vouloir s’avancer sur leur nombre.

Royal a également défendu l’idée d’une primaire ouverte à tous les sympathisants, critiquant le coût actuel du vote qui, selon elle, « exclut une partie des électeurs ». « J’aurais aimé que le prix pour voter soit plus faible », a-t-elle regretté, soulignant que les questions de pouvoir d’achat et de coût de la vie rendent l’accès à la démocratie plus difficile pour de nombreux Français.

Glucksmann, favori médiatique, critiqué par Royal

Sans citer directement son nom, Ségolène Royal a taclé Raphaël Glucksmann, dont la candidature progresse dans les intentions de vote internes. « Il y a ceux qui sont les chouchous des médias, mais le processus va commencer », a-t-elle lancé, mettant en garde contre une possible influence des rédactions sur le choix final des électeurs. « Ce n’est pas parce que je suis une femme que je suis une simple commentatrice de la vie politique », a-t-elle rappelé, affirmant faire « partie de la vie politique » et non de l’analyse médiatique.

Elle a refusé de se prononcer sur un éventuel soutien à Glucksmann en cas de victoire de ce dernier, comparant la situation à une compétition sportive où un athlète n’est pas censé se réjouir de la défaite de son adversaire. « Chaque candidat défend sa vision des choses. Moi, je veux offrir aux Français un choix qui soit bon pour la France », a-t-elle conclu, réaffirmant sa volonté de « refonder la France » plutôt que de se limiter à une refonte de la gauche.

Royal a par ailleurs évoqué la possibilité d’une alliance avec La France insoumise, tout en rappelant que le processus de la primaire devait être respecté dans un premier temps. « Mitterrand disait : ‘Il n’y a aucune voix pestiférée’. Les électeurs se tournent vers certains courants parce qu’ils ont des raisons de le faire. À ceux qui critiquent ces mouvements, je leur demande : qu’ont-ils fait pour éviter cette montée ? » a-t-elle lancé, en référence aux mouvements sociaux récents comme les Gilets jaunes ou les manifestations contre la réforme des retraites.

Et maintenant ?

La collecte des parrainages pour la primaire socialiste devrait s’intensifier dans les prochaines semaines, avec une date butoir fixée dans les mois à venir. Olivier Faure et Raphaël Glucksmann devraient poursuivre leur campagne, tandis que Ségolène Royal mise sur son expérience et son ancrage territorial pour convaincre les militants. Le débat sur les retraites, central dans la campagne, pourrait être relancé si le gouvernement présente un nouveau projet de réforme d’ici la fin de l’année 2026.

Quoi qu’il en soit, la candidate socialiste ne compte pas transiger sur ses exigences fiscales. « Je ne veux pas que l’on pose sur la table la question de la menace sur les retraites », a-t-elle martelé. « La sécurité des revenus différés passe par le rétablissement de l’ISF. Sans cela, aucun débat n’est possible. »

Selon elle, la suppression de l’ISF en 2018 a contribué à l’augmentation de la dette publique, ce qui justifierait aujourd’hui de réduire les pensions de retraite. Elle estime que rétablir cet impôt permettrait de financer le système de retraites sans menacer les droits des cotisants, tout en rassurant les jeunes sur leur avenir.