Le groupe allemand Rheinmetall, spécialisé dans la défense et l’armement, a vu son action bondir de 6 % à la Bourse de Francfort ce mercredi 29 juillet 2026, vers 16h40, selon BFM Bourse. Cette progression intervient après la publication de résultats préliminaires du deuxième trimestre, largement au-dessus des prévisions du marché, malgré les difficultés rencontrées ces derniers mois.
Ce qu'il faut retenir
- Chiffre d’affaires record de 3,289 milliards d’euros au T2 2026, en hausse de 69 % par rapport au même trimestre en 2025
- Résultat d’exploitation de 562 millions d’euros, dépassant les attentes de près de 20 %
- Carnet de commandes dépassant les 80 milliards d’euros, avec 11,371 milliards de nouvelles commandes enregistrées
- Rheinmetall reste en baisse de 25 % depuis le début de l’année, malgré cette embellie
- L’action avait chuté de près de 19 % en une séance fin juin après l’échec sur le contrat des frégates F126
Ces résultats préliminaires, non encore audités, confirment une dynamique exceptionnelle pour le géant de l’industrie de la défense. Rheinmetall a indiqué que son chiffre d’affaires avait atteint 3,289 milliards d’euros au deuxième trimestre 2026, un bond de 69 % par rapport aux 1,95 milliard enregistrés à la même période en 2025. Une performance qui contraste fortement avec les prévisions des analystes, et qui s’accompagne d’une amélioration significative des marges.
Le résultat d’exploitation, ou EBIT, a quant à lui progressé jusqu’à 562 millions d’euros, soit une hausse de 20 % par rapport aux attentes du marché, fixées à 469,9 millions par les observateurs financiers. « Les indicateurs opérationnels ont largement été dépassés. Tous les segments ont contribué à cette amélioration du chiffre d’affaires et des résultats par rapport à l’année précédente », a déclaré le groupe dans un communiqué officiel. Une déclaration qui a suffi à rassurer les investisseurs, malgré un contexte récent marqué par des revers stratégiques.
Autre motif de satisfaction pour Rheinmetall : son carnet de commandes a franchi le seuil symbolique des 80 milliards d’euros au deuxième trimestre, grâce à l’enregistrement de nouvelles commandes pour un montant total de 11,371 milliards d’euros. Parmi les contrats les plus notables figurent un accord portant sur des munitions autonomes signé avec la Bundeswehr, ainsi que plusieurs commandes passées dans le cadre du programme européen SAFE, un dispositif de prêts garantis destiné à renforcer les capacités de défense des États membres.
Un contexte contrasté pour le groupe allemand
Ces chiffres flatteurs contrastent avec la situation récente de Rheinmetall, qui a subi un revers majeur fin juin 2026. Le groupe avait en effet perdu près de 19 % en une seule séance après l’annonce de la perte d’un contrat stratégique : celui portant sur la construction de quatre frégates F126 pour la marine allemande, un méga-projet évalué à plusieurs milliards d’euros. Un échec qui avait alors jeté une ombre sur la performance globale du groupe pour l’année en cours.
Pour autant, Rheinmetall conserve des perspectives historiques sur le long terme. Malgré la baisse de 25 % enregistrée depuis le début de l’année 2026, l’action reste en hausse de 354 % sur trois ans et de 1 766 % sur dix ans. Une performance qui s’explique en grande partie par la demande accrue en équipements militaires depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en février 2022, un conflit ayant relancé les investissements dans la défense en Europe.
Le groupe a également précisé que ces excellents résultats du deuxième trimestre s’accompagnaient d’un flux de trésorerie « nettement négatif ». Cette situation s’explique par un décalage dans les paiements des clients et par la constitution de stocks en vue des trimestres à venir. Un phénomène temporaire, selon Rheinmetall, qui ne remet pas en cause la solidité de sa situation financière globale.
Des indicateurs qui dépassent largement les attentes
« Le deuxième trimestre dépasse largement les attentes du marché avec une croissance record du chiffre d’affaires et des résultats », s’est félicité Rheinmetall dans un communiqué. Le groupe doit publier ses résultats complets pour le premier semestre 2026 le 6 août prochain, une échéance que les analystes suivront de près pour confirmer la tendance observée au deuxième trimestre. Ces données préliminaires, bien que non auditées, offrent déjà une vision claire de la résilience opérationnelle de l’entreprise.
Dans un secteur en pleine mutation, où la demande en équipements militaires reste soutenue, Rheinmetall confirme ainsi sa position de leader sur le marché européen de la défense. La publication de ces résultats intervient alors que les tensions géopolitiques persistent en Europe de l’Est, alimentant les commandes de matériels militaires auprès des industriels du secteur.
Pour l’heure, Rheinmetall peut compter sur une confiance retrouvée des marchés, comme en témoigne la hausse de 6 % de son action ce 29 juillet. Une performance qui contraste avec les difficultés récentes, mais qui rappelle aussi l’importance des cycles dans un secteur aussi volatile que celui de la défense.
Le groupe a subi un revers stratégique majeur avec la perte du contrat portant sur la construction de quatre frégates F126 pour la marine allemande, un méga-projet évalué à plusieurs milliards d’euros. Cet échec a entraîné une chute immédiate de son action à la Bourse de Francfort.
SAFE (Strengthening Assistance for Defence Expenditures) est un programme européen de prêts garantis destiné à soutenir les États membres dans l’acquisition de matériel de défense. Plusieurs commandes passées par Rheinmetall s’inscrivent dans ce cadre.