Le milliardaire mexicain Ricardo Salinas, à la tête du conglomérat Grupo Salinas, a révélé que **70% de son portefeuille d’investissement** est aujourd’hui alloué au Bitcoin (BTC), un choix radical qui contraste avec les recommandations traditionnelles des conseillers financiers. Selon Cryptoast, cette allocation exceptionnelle s’inscrit dans une stratégie offensive de long terme, fondée sur la conviction que les monnaies fiduciaires (fiat) perdront durablement leur pouvoir d’achat face à des actifs comme le BTC.

Ce qu'il faut retenir

  • **Ricardo Salinas**, patron de Grupo Salinas (fortune estimée à **4 milliards de dollars**), détient **70% de son portefeuille en Bitcoin**, un ratio exceptionnel dans le monde des investissements.
  • Salinas justifie cette exposition par la **dépréciation historique des monnaies fiat** et la **surperformance du Bitcoin** face à l’immobilier sur la dernière décennie.
  • Il a **hypothéqué la maison de son épouse** pour augmenter sa position en BTC, une décision risquée qui crée un **effet de levier implicite** en cas de baisse prolongée du cours.
  • Le milliardaire, déjà à l’origine de l’adoption du Bitcoin dans les magasins Elektra au Mexique, envisage une candidature à la présidence du pays en **2030** pour promouvoir ses idées économiques.
  • Le Bitcoin, actuellement évalué à **63 578,6 dollars**, a connu des **drawdowns historiques** (jusqu’à -80% entre 2021 et 2022), ce qui rend son pari particulièrement risqué.

Un engagement précoce et assumé en faveur du Bitcoin

Ricardo Salinas Pliego, dont la famille a bâti sa fortune dans l’industrie minière de l’or et de l’argent, a toujours affiché une **foi inébranlable** dans le Bitcoin. Selon Cryptoast, il avait déjà réservé **10% de son portefeuille liquide** au BTC en novembre 2020, avant d’accélérer son exposition. Dès juin 2021, il avait annoncé son intention de faire de Banco Azteca, filiale de Grupo Salinas, la première banque mexicaine à accepter les paiements en Bitcoin — un projet bloqué par les régulateurs. En décembre de la même année, il appelait publiquement à « fuir le fiat » dans une vidéo, tout en confirmant que Elektra accepterait le Bitcoin comme moyen de paiement.

Son engagement a atteint un sommet lors de la Bitcoin Conference de Miami en avril 2022, où il a livré une keynote remarquée sur ce qu’il qualifie de **« fraude fiat »**, accusant les banques centrales de dévaluer systématiquement les monnaies traditionnelles. À cette occasion, il a annoncé détenir **60% de son portefeuille liquide en Bitcoin et actions liées**, contre 40% en actifs tangibles comme l’or ou les hydrocarbures. Depuis, ses prises de position se sont multipliées, jusqu’à son appel en février 2026 à profiter des baisses pour acheter, déclarant : « J’ai convaincu ma femme d’hypothéquer sa maison pour investir dans le Bitcoin. »

Un pari risqué : l’hypothèque comme levier d’exposition au BTC

L’anecdote rapportée par Cryptoast illustre l’ampleur du risque pris par Salinas. En engageant un bien immobilier comme garantie pour un prêt destiné à acheter du Bitcoin, il crée un **effet de levier implicite** : si la valeur du BTC chute, l’emprunteur reste tenu de rembourser intégralement le crédit, sous peine de perdre son logement. Les chiffres historiques rappellent la volatilité extrême du Bitcoin : entre novembre 2021 et novembre 2022, le cours est passé de près de **70 000 dollars** à **15 500 dollars**, soit une chute de 80%. Un investisseur ayant hypothéqué son bien au sommet de 2021 aurait donc vu son investissement fondre des trois quarts, tout en devant honorer ses échéances bancaires.

Salinas compare d’ailleurs l’évolution du marché immobilier londonien à celle du Bitcoin pour étayer son argumentaire. En janvier 2016, une maison dans le centre de Londres valait environ **1,6 million de dollars**, soit **4 000 bitcoins** au cours de l’époque (environ 400 dollars). Dix ans plus tard, le même bien s’achèterait avec **moins de 30 BTC**, soit une appréciation de près de **13 233%** pour le Bitcoin sur la période. Une performance qui, pour lui, justifie pleinement l’exposition maximale au BTC, malgré les aléas.

Une vision héritée de l’histoire monétaire et un objectif à un million de dollars

Les convictions de Ricardo Salinas plongent leurs racines dans l’histoire familiale et les bouleversements monétaires du XXe siècle. Dans un entretien cité par Cryptoast, il rappelle les discussions des années 1970 autour de la décision de **Richard Nixon** de mettre fin à la convertibilité du dollar en or, une mesure qu’il qualifie de **« fraude »**. Pour lui, cette décision a marqué le début de l’érosion du pouvoir d’achat des monnaies fiduciaires, une tendance confirmée par les données : depuis 1976, l’once d’or est passée de **125 dollars** à plus de **4 500 dollars**, tandis que le dollar a perdu **près de 85% de sa valeur** sur la même période.

Interrogé sur les prédictions de figures comme **Cathie Wood** (Ark Invest) ou **Michael Saylor** (MicroStrategy), qui anticipent un cours du Bitcoin à **sept chiffres**, Salinas se montre encore plus optimiste : « Bitcoin atteindra un million de dollars. Je ne sais simplement pas quand », a-t-il déclaré. À l’heure où ces lignes sont écrites, le Bitcoin s’échange autour de **63 500 dollars**, en baisse de **plus de 18% sur les trente derniers jours**. Malgré cette correction récente, le milliardaire reste convaincu que le BTC est l’actif le plus résilient face à l’inflation et à la dévaluation monétaire.

Au-delà de la crypto : Salinas envisage une carrière politique au Mexique

Ricardo Salinas, dont la fortune est estimée à **4 milliards de dollars**, n’est pas seulement un investisseur en cryptomonnaies : il est aussi une figure publique au Mexique. Selon Cryptoast, il a confirmé en février 2026 son intention de se présenter à l’élection présidentielle de **2030**, avec pour objectif de porter son message économique au plus haut niveau. Ce projet s’inscrirait dans une logique de test politique préalable, puisqu’il évoquait déjà la possibilité de se présenter aux **législatives de 2027** pour mesurer son influence électorale.

Cette ambition politique coïncide avec la montée en puissance du Bitcoin comme sujet de débat public au Mexique. Salinas, qui a fait d’Elektra la première grande enseigne du pays à accepter le BTC en paiement, voit dans la cryptomonnaie bien plus qu’un actif spéculatif : un outil de **souveraineté financière** pour les citoyens face à un système bancaire traditionnel qu’il juge défaillant. Son parcours — d’héritier de l’industrie minière à promoteur du Bitcoin — reflète une vision où la technologie et la finance traditionnelle pourraient, selon lui, se réconcilier.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pour Ricardo Salinas dépendront à la fois de l’évolution du cours du Bitcoin et de sa capacité à mobiliser autour de ses idées politiques. Si le BTC devait poursuivre sa tendance baissière, la pression sur ses actifs et ses dettes pourrait s’intensifier, risquant de fragiliser sa position. À l’inverse, une reprise durable du marché pourrait renforcer sa crédibilité comme investisseur et comme porte-parole d’une finance alternative. Côté politique, ses déclarations en vue de 2030 laissent présager un engagement plus marqué dans le débat public, avec un risque de polarisation autour de ses propositions économiques. Pour l’heure, Salinas continue de miser sur ce pari audacieux, convaincu que le temps lui donnera raison.

Si l’histoire du Bitcoin est marquée par des cycles de forte volatilité, celle de Ricardo Salinas illustre les risques et les opportunités d’un engagement maximaliste dans un actif encore controversé. Entre héritage familial, stratégie financière et ambition politique, son parcours interroge : le Bitcoin est-il un refuge ou un mirage ? La réponse se jouera sur le long terme, dans un contexte où les banques centrales et les régulateurs restent attentifs à son essor.

Hypothéquer son logement pour acheter du Bitcoin crée un **effet de levier implicite** : l’emprunteur doit rembourser intégralement le prêt, même si la valeur du BTC chute. En cas de baisse prolongée, comme celle observée entre 2021 et 2022 (où le Bitcoin a perdu jusqu’à 80% de sa valeur), l’investisseur pourrait être contraint de vendre ses bitcoins en perte pour honorer ses échéances. Le pire scénario serait un **défaut de paiement**, menant à la saisie du bien immobilier. Ce pari est donc réservé aux profils prêts à assumer un risque de perte totale.