D’après Frandroid, le nouveau robot tondeuse Husqvarna Automower 308V se distingue par son approche « made in Europe », sa robustesse et son indice de réparabilité élevé, mais accuse un retard notable sur l’expérience utilisateur face à la concurrence asiatique. Après plusieurs semaines de test en conditions réelles, le constat est sans appel : la machine assure sa fonction première, mais ses choix techniques et logiciels peinent à rivaliser avec les modèles chinois mieux aboutis.

Ce qu'il faut retenir

  • Surface couverte : jusqu’à 800 m² en mode motif, 500 m² en mode aléatoire, grâce à une navigation par caméra IA et satellite.
  • Design et robustesse : châssis épais, conception suédoise et fabrication européenne, indice de réparabilité de 8,9/10 et garantie pouvant atteindre 5 ans.
  • Navigation sans fil : suppression du câble périmétrique au profit d’un positionnement EPOS et d’une caméra frontale, mais dépendance obligatoire au Wi-Fi sur toute la pelouse.
  • Cartographie manuelle : contrairement à la concurrence, la délimitation du terrain s’effectue point par point via l’application, sans automatisation.
  • Vision IA perfectible : la détection d’obstacles fonctionne de manière irrégulière, notamment la nuit où le robot tond « à l’aveugle ».
  • Prix : 1 399 € en France, avec des options payantes (kit connectivité cellulaire ou station EPOS RS1) en cas de couverture Wi-Fi insuffisante.
  • Application Automower Connect : jugée basique, peu intuitive et source de messages d’erreur peu explicites pour l’utilisateur.

Un robot conçu pour durer, mais au confort logiciel minimaliste

Le Husqvarna Automower 308V, testé par Frandroid sur plusieurs semaines dans un jardin réel, mise sur une philosophie bien éloignée des standards asiatiques actuels. Le constructeur suédois, fort de plus de trente ans d’expérience dans les tondeuses robotisées et d’une production européenne, mise sur la durabilité plutôt que sur l’accumulation de fonctionnalités. « La machine respire la robustesse », note le média, avec un châssis en plastique épais, un patin en aluminium pour limiter l’enroulement de l’herbe et des lames légères (3 grammes) conçues pour s’effacer au contact, une sécurité renforcée pour la faune.

Autre atout mis en avant : l’indice de réparabilité de 8,9/10, une garantie pouvant aller jusqu’à 5 ans sous conditions, et une conception pensée pour les longues années d’utilisation. Pour autant, le confort d’usage reste très en deçà des attentes modernes. L’ergonomie se révèle minimaliste, avec une commande physique limitée à deux boutons (stop et lancement) verrouillés par un code PIN. « L’ensemble inspire confiance, mais l’expérience générale reste très basique », souligne Frandroid.

Une navigation innovante… mais des choix techniques déroutants

Le 308V se démarque par son absence de fil périmétrique, remplacé par un système de navigation hybride associant caméra IA frontale et positionnement satellite EPOS. Le robot couvre jusqu’à 800 m² en mode motif (bandes, damier, triangle) ou 500 m² en mode aléatoire. La station de charge, fournie avec le kit, s’installe librement grâce à un câble basse tension de 10 mètres, une évolution notable par rapport aux générations précédentes.

Pourtant, cette avancée technique s’accompagne de contraintes majeures. Le 308V exige une couverture Wi-Fi totale sur la pelouse, car les corrections de positionnement transitent par le Husqvarna Cloud. En cas de signal faible, l’utilisateur doit investir dans un kit Automower Connect (connectivité cellulaire) ou une station EPOS RS1, installés par un revendeur agréé, alourdissant la facture. « Un robot déjà premium dont la note peut rapidement grimper », observe Frandroid.

Autre particularité déroutante : la cartographie manuelle. Contrairement à la concurrence qui automatise la délimitation du terrain, l’utilisateur doit déplacer manuellement le robot via l’application pour déposer des points aux angles du jardin. Si la méthode permet un réglage fin, elle s’avère chronophage et peu intuitive, surtout pour les pelouses aux contours complexes. « On gagne en précision, mais on perd en fluidité », résume le testeur.

Une coupe efficace, mais des lacunes persistantes en détection d’obstacles

Sur le terrain, le 308V démontre une tonte efficace une fois la carte correctement configurée. Les motifs proposés (bandes, damier, triangle) offrent un rendu net, même si le robot laisse systématiquement une bande non tondue le long des murs et clôtures, nécessitant un passage au coupe-bordures. « Le 308V suit quasiment le même tracé d’un jour à l’autre, avec des demi-tours soignés en fin de passage », précise Frandroid.

En revanche, la détection d’obstacles – pilier de la vente – déçoit. La caméra IA, censée éviter obstacles et animaux, fonctionne de manière erratique. « On a vu le robot contourner une chaise où était assise une personne, puis percuter un arbre le lendemain, exactement comme la veille », relate le testeur. Pire : la détection reste inactive la nuit, période où le robot tond « à l’aveugle », ce qui interroge sur son impact écologique et sa sécurité pour la faune locale. « Les lames sécurisées limitent les risques, mais ne compensent pas un manque de détection en amont », souligne Frandroid.

Une application vieillissante et des messages d’erreur incompréhensibles

Le point noir du 308V réside sans conteste dans son application Automower Connect. Jugée « basique et peu intuitive », elle accumule les dysfonctionnements : messages d’erreur flous (« Action manuelle requise »), commandes bloquées (« Envoi de la commande… en cours »), et recherches de satellite interminables. « Quand le robot s’arrête, l’application indique simplement qu’il faut démarrer manuellement, sans préciser comment. Il a fallu plusieurs essais pour comprendre qu’il fallait appuyer deux fois sur le bouton rouge », explique Frandroid.

Cette expérience contraste fortement avec les logiciels des concurrents asiatiques, souvent plus fluides et riches en options de confort. « On est loin de la modernité et des petites attentions des applications chinoises, qui multiplient les réglages fins et le pilotage en temps réel », commente le média. Un manque de sophistication qui pénalise l’Automower 308V sur un segment où l’ergonomie et l’interface utilisateur sont devenues des critères déterminants.

Et maintenant ?

Le marché des robots tondeuses, en pleine expansion, voit s’affronter deux philosophies : d’un côté, des constructeurs européens misant sur la durabilité et la réparabilité, de l’autre, des marques asiatiques privilégiant l’innovation logicielle et l’automatisation. Pour Husqvarna, l’enjeu sera de moderniser son application et d’améliorer la fiabilité de sa détection d’obstacles, sous peine de voir son avance technologique s’éroder face à une concurrence toujours plus agressive. Une mise à jour logicielle pourrait être décisive pour relancer l’intérêt autour du 308V.

Pour les consommateurs, le choix dépendra des priorités : privilégier un produit réparable, silencieux et fabriqué en Europe pour un budget de 1 399 € (hors options), ou opter pour un modèle chinois offrant davantage de confort et de fonctionnalités pour un prix similaire, voire inférieur. Dans les deux cas, la couverture Wi-Fi du jardin restera un prérequis incontournable.

Non. Selon Frandroid, le robot nécessite une couverture Wi-Fi sur l’intégralité de la surface à tondre, car les corrections de positionnement transitent par le Husqvarna Cloud. En cas de signal insuffisant, l’utilisateur doit acheter un kit Automower Connect (connectivité cellulaire) ou une station EPOS RS1, installés par un revendeur agréé, ce qui augmente significativement le coût.

Contrairement à la plupart des concurrents qui automatisent la délimitation du terrain, le 308V oblige l’utilisateur à positionner manuellement le robot point par point via l’application. Cette méthode, précise mais chronophage, s’avère peu intuitive et compliquée pour les pelouses aux contours complexes. « On gagne en précision, mais on perd en fluidité », note Frandroid.