La joueuse ukrainienne Oleksandra Oliynykova a une nouvelle fois utilisé la tribune de Roland-Garros pour dénoncer la présence de ses adversaires russes dans le tournoi, après sa défaite au troisième tour face à Diana Shnaider, samedi 30 mai 2026. Ses déclarations, tenues en conférence de presse, s’inscrivent dans une série de prises de position publiques depuis le début de l’invasion russe en Ukraine en février 2022. Selon Franceinfo - Sport, elle a une nouvelle fois pointé du doigt les joueuses russes qu’elle accuse de soutenir le régime de Vladimir Poutine.

Ce qu'il faut retenir

  • Oleksandra Oliynykova a perdu au 3e tour de Roland-Garros 2026 face à Diana Shnaider (7-5, 6-1), samedi 30 mai.
  • Elle a appelé à l’adoption de mécanismes pour sanctionner les joueuses russes « soutenant leur dictateur ».
  • Oliynykova a accusé Shnaider d’avoir « liké » des publications de propagande russe sur les réseaux sociaux.
  • La Russe a nié ces accusations, affirmant ne pas s’intéresser aux propos de son adversaire.
  • Oliynykova a rappelé que son père et son compagnon sont mobilisés dans l’armée ukrainienne.
  • Elle a critiqué l’hypocrisie de l’organisation du tennis mondial concernant les sponsors liés à la guerre.

Une déclaration liminaire en hommage à l’humanité

Dès le début de sa conférence de presse, Oleksandra Oliynykova a tenu à rappeler ses priorités en tant que sportive. « Comme joueuses, nous avons une responsabilité qui va au-delà du tennis parce que le sport devrait toujours aller de pair avec l’humanité, et l’humanité ne devrait jamais être optionnelle », a-t-elle déclaré, émue. Ces mots s’appuient sur son engagement personnel, alors que son père vient de rejoindre l’armée ukrainienne et que son compagnon est lui-même soldat. « Mon avenir est en Ukraine, et tout dans ma vie est défini par la guerre », a-t-elle ajouté.

Des accusations répétées contre Diana Shnaider

Quelques jours avant leur affrontement, Oleksandra Oliynykova avait déjà critiqué la participation de Diana Shnaider à un tournoi organisé à Saint-Pétersbourg, sponsorisé par Gazprom. « Jouer là-bas, c’est comme jouer en Allemagne nazie pour la Gestapo », avait-elle estimé dans des propos rapportés par Franceinfo - Sport. Après sa défaite, Shnaider a balayé ces critiques d’un revers de main. « Je n’ai aucune idée de ce qu’elle a pu dire sur moi. Ça ne m’intéresse pas. Je suis juste là pour jouer au tennis », a-t-elle rétorqué en conférence de presse.

Les tensions entre les deux joueuses ne datent pas de ce tournoi. Oleksandra Oliynykova avait déjà accusé Shnaider d’avoir « liké » des publications de propagande russe sur les réseaux sociaux. Pour l’Ukrainienne, ces actes ne sont pas anodins : « Les Russes ne veulent pas commenter cette guerre, car sinon ce serait un gros scandale », a-t-elle souligné.

Un appel à un mécanisme de sanction dans le tennis

Lors de cette conférence de presse, Oleksandra Oliynykova a réitéré son souhait de voir le circuit professionnel du tennis mettre en place des mesures contre les joueuses russes qui, selon elle, soutiennent activement le régime de Vladimir Poutine. « Nous devons arrêter d’accepter des joueuses qui soutiennent leur dictateur », a-t-elle lancé. « Si elles ne veulent pas entendre raison et continuent de diffuser leur propagande, alors il devrait y avoir un mécanisme dans le circuit pour l’arrêter. »

Elle a également critiqué l’hypocrisie des instances dirigeantes du tennis, qu’elle accuse de fermer les yeux sur les partenariats avec des entreprises russes impliquées dans la guerre en Ukraine. « L’organisation du tennis mondial doit arrêter d’être hypocrite et sanctionner les joueuses qui participent à des tournois sponsorisés par des criminels de guerre », a-t-elle affirmé.

Et maintenant ?

Alors que Roland-Garros se poursuit jusqu’au 8 juin 2026, les déclarations d’Oleksandra Oliynykova pourraient relancer le débat sur la participation des athlètes russes aux compétitions internationales. Le tennis mondial pourrait être appelé à clarifier sa position dans les prochaines semaines, d’autant que plusieurs fédérations sportives ont déjà restreint l’accès des athlètes russes à leurs compétitions depuis le début de la guerre. Aucune décision n’a encore été annoncée, mais le sujet reste sous surveillance étroite.

Interrogée sur son avenir, Oleksandra Oliynykova a rappelé son attachement à l’Ukraine : « Mon pays a besoin de moi, et je dois continuer à me battre, que ce soit sur ou en dehors des courts. » Son parcours à Roland-Garros s’arrête pour cette édition, mais ses prises de position continueront probablement de marquer les esprits.

Depuis février 2022, plusieurs fédérations ont suspendu ou restreint la participation des athlètes russes à leurs compétitions. En tennis, la WTA et l’ATP ont maintenu les joueurs russes et biélorusses en compétition, mais sous bannière neutre. En revanche, des sports comme l’athlétisme, la natation ou le hockey sur glace ont interdit leur participation. Les fédérations concernées examinent régulièrement leur position en fonction de l’évolution du conflit.