Cinq ans après avoir atteint la finale de Roland-Garros, Stéfanos Tsitsipas, 27 ans, aborde le tournoi parisien 2026 à la 80e place mondiale, selon Franceinfo - Sport. Un déclin marqué qui contraste fortement avec son parcours passé, marqué par des performances régulières dans l’élite du tennis mondial. Le Grec, finaliste en 2021 face à Novak Djokovic, doit désormais affronter le Français Alexandre Muller (108e mondial) dès le premier tour de la compétition, mardi 26 mai.

Ce qu'il faut retenir

  • Stéfanos Tsitsipas est passé de la 2e place mondiale en 2021 à la 80e en 2026, selon Franceinfo - Sport.
  • Il a atteint la finale de Roland-Garros en 2021, mais n’a plus dépassé les quarts de finale en Grand Chelem depuis août 2024.
  • Ses douleurs chroniques au dos et une série de blessures ont fortement impacté sa carrière, notamment à partir des Jeux Olympiques de Paris en 2024.
  • Malgré une collaboration avortée avec Goran Ivanisevic, il tente un retour progressif à la compétition, avec des signes de progression comme son huitième de finale à Madrid en avril 2026.

Une carrière en chute libre depuis 2021

Le 13 juin 2021, Stéfanos Tsitsipas était à deux sets de remporter son premier titre du Grand Chelem. Face à Novak Djokovic, alors n°1 mondial, il menait deux sets à zéro avant de s’incliner en cinq manches. Cinq ans plus tard, le Grec, aujourd’hui âgé de 27 ans, se retrouve relégué au-delà de la 80e place mondiale. Ce déclin s’est accéléré après les Jeux Olympiques de Paris en août 2024, où il a stoppé sa collaboration avec son père et entraîneur historique, Apostolos Tsitsipas. Depuis cette date, son bilan est en demi-teinte : 40 victoires pour 39 défaites, avec seulement sept succès contre des joueurs du Top 20.

Des blessures et un épuisement mental

Les douleurs récurrentes au dos, qui l’ont handicapé dès les JO de Paris, ont joué un rôle central dans sa chute. Après avoir été contraint d’abandonner Wimbledon 2025 en raison de ces problèmes physiques, il a confié au Times en avril 2026 : « Mon dos me faisait tellement mal que le tennis ne me procurait plus vraiment de plaisir. À chaque fois que j’entrais sur le court, il y avait toujours une douleur. Et quand ce n’était pas le cas, j’étais trop focalisé sur l’idée de maximiser ce laps de temps. » Ces difficultés ont alimenté un cercle vicieux entre blessures et anxiété, affectant sa régularité et sa motivation.

En 2025, la situation s’est encore dégradée. Malgré un titre à Dubaï en début d’année, Tsitsipas n’a rallié aucun huitième de finale en Grand Chelem pour la première fois depuis 2017. Pire, il n’a passé le deuxième tour dans aucun des quatre Majeurs de la saison. Une contre-performance inédite pour un joueur de son niveau.

Des changements d’entraîneur et des critiques acerbes

Après son élimination à Roland-Garros 2025 face à Carlos Alcaraz, Tsitsipas a recruté Goran Ivanisevic, ancien vainqueur de Wimbledon. Cette collaboration, qui n’a duré que deux mois, s’est terminée sur un échec : une sortie sèche à Wimbledon, assortie de critiques cinglantes de la part de l’ancien entraîneur de Novak Djokovic. « Je n’ai jamais vu quelqu’un de moins bien préparé physiquement que Stéfanos, avait-il lancé à la télévision croate. S’il résout certains problèmes en dehors du tennis, alors il a une chance de revenir là où est sa place, parce qu’il est trop bon pour être en dehors du Top 10. » Ivanisevic avait ajouté : « Il dit qu’il veut, mais il ne fait rien. J’entends ‘Je veux, je veux’ sauf que je ne vois aucun progrès. J’ai été choqué. Même avec mon genou, je suis trois fois plus en forme que lui. »

Un retour progressif, mais toujours fragile

Depuis son retour aux côtés de ses parents, Tsitsipas semble retrouver peu à peu confiance et motivation. Lors du Masters 1000 de Monte-Carlo en avril 2026, il a été éliminé dès le premier tour, son pire résultat en huit participations dans ce tournoi. Pourtant, il a connu un regain de forme à Madrid, où il a atteint les huitièmes de finale, perdus en trois sets serrés face à Casper Ruud. « Aujourd’hui, descendre sur le court me procure une grande joie, avait-il déclaré après sa victoire contre Daniel Merida (86e mondial). Il n’y a plus ce stress qui me faisait douter d’être assez en forme pour jouer. » Ces propos témoignent d’un apaisement psychologique, même si les douleurs physiques persistent.

« Ma blessure a élargi ma perspective sur le tennis. Elle m’a fait réaliser que ce n’est pas une question de vie ou de mort. »
Stéfanos Tsitsipas dans le Times, avril 2026

Un regard plus serein sur sa carrière

Malgré les épreuves, Tsitsipas a su prendre du recul. Dans une interview à L’Équipe en avril 2026, il a évoqué la perte de passion pour le tennis, liée à ses blessures : « Quand j’ai atteint la finale de Roland-Garros, j’étais un monstre physique. Je me sentais extrêmement fort. Mais quand j’étais blessé l’an passé, j’ai perdu la passion et l’amour du jeu. Je venais sur le court, j’essayais, mais c’est frustrant d’avoir tout le temps mal. »

Il a également nuancé le rôle de ses parents dans sa carrière, souvent critiqué pour leur implication sur le banc de touche. « Ma mère connaît très bien le jeu parce qu’elle a été joueuse professionnelle. Elle voit le tennis différemment de mon père. Avoir un entraîneur qui a gagné des tournois du Grand Chelem ne vous garantit rien », a-t-il expliqué à Sky Sports début avril. Apostolos Tsitsipas, son père, croit pourtant en un retour au premier plan : « Stéfanos a dû gérer plusieurs blessures, il les a surmontées et aujourd’hui il va très bien. Il se sent capable de revenir à son meilleur niveau. S’il est en bonne santé et joue son tennis, je pense que les résultats qu’il vise arriveront. »

Et maintenant ?

Roland-Garros 2026 pourrait-il être l’occasion d’un nouveau départ pour Stéfanos Tsitsipas ? Le Grec, qui a toujours atteint au moins les huitièmes de finale à Paris entre 2019 et 2024, aborde le tournoi avec un classement très bas, mais aussi avec une motivation retrouvée. Si ses douleurs au dos restent un facteur d’incertitude, son mental semble plus solide. Un bon parcours dans ce Grand Chelem pourrait relancer sa carrière, tandis qu’une nouvelle élimination précoce risquerait de prolonger son déclin.

Pour l’heure, Tsitsipas devra d’abord passer l’obstacle d’Alexandre Muller, 108e mondial, lors du premier tour. Une victoire lui permettrait de croire, une fois de plus, en un retour vers les sommets du tennis mondial.

Plusieurs éléments ont contribué à son déclin : des douleurs chroniques au dos à partir des Jeux Olympiques de Paris en 2024, une série de blessures à répétition, une pression mentale accrue liée à la régularité requise sur le circuit, ainsi que l’émergence de jeunes talents comme Carlos Alcaraz et Jannik Sinner. Son père et entraîneur, Apostolos Tsitsipas, a également été critiqué pour son rôle jugé trop interventionniste sur le banc.