Alors que l’Italie suffoque sous une vague de chaleur persistante, la municipalité de Rome a choisi d’ouvrir onze cinémas et onze bibliothèques gratuitement au public pendant les heures les plus chaudes de la journée. Une initiative saluée par les Romains, qui voient dans ces lieux climatisés un moyen de se rafraîchir tout en profitant d’un moment culturel. Selon Franceinfo - Culture, cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre les effets de la canicule, alors que 25 des 27 grandes villes italiennes étaient placées en alerte rouge début août.

Ce qu'il faut retenir

  • 22 lieux climatisés (11 cinémas et 11 bibliothèques) ouverts gratuitement à Rome depuis une dizaine de jours.
  • 25 des 27 grandes villes italiennes en alerte rouge le 3 août, selon le ministère de la Santé italien.
  • Des températures quotidiennes de 37°C rendent les sorties en journée difficiles, voire dangereuses pour les populations les plus vulnérables.
  • Un film gratuit, « C’è ancora domani », a attiré des dizaines de spectateurs dimanche après-midi.
  • L’aspect social de l’initiative est souligné : sortir de chez soi pour éviter l’isolement est encouragé.

Des salles de cinéma transformées en havres de fraîcheur

Devant l’un des cinémas du centre-ville de Rome, la file d’attente s’allonge sous un soleil de plomb. Dimanche après-midi, des dizaines de Romains patientent pour assister à la projection gratuite du film « C’è ancora domani », initialement programmé lundi. Si l’attrait pour ce long-métrage joue un rôle, les spectateurs admettent ouvertement venir avant tout pour la climatisation. « On vient vraiment à cause de la chaleur parce qu’il y a la clim ! », confie un spectateur avant la séance. « Être dehors, c’est dur ! Surtout à mon âge », ajoute un autre, soulignant la difficulté de supporter les températures estivales pour les personnes âgées.

L’affluence est telle que toutes les séances gratuites affichent complet. « Avec toute la file qui s’amasse dehors, on finit par avoir encore plus chaud ! », constate Simone, 21 ans, étudiant venu profiter de l’initiative chaque jour. Pour lui, l’aspect social de la démarche est tout aussi important que le rafraîchissement : « Ça te pousse à aller voir des films avec d’autres personnes, à sociabiliser. En été, c’est beau qu’il y ait quelque chose qui te pousse à sortir de chez toi ! »

Une réponse pragmatique à une canicule exceptionnelle

Selon le ministère de la Santé italien, 25 des 27 grandes villes du pays étaient en alerte rouge le 3 août. À Rome, où les températures dépassent régulièrement les 37°C, les autorités locales multiplient les initiatives pour protéger les habitants. Les bibliothèques et cinémas ouverts gratuitement s’ajoutent à d’autres dispositifs, comme les points d’eau ou les espaces ombragés, pour offrir des espaces de répit aux Romains. « Allez au cinéma ! », lance Federico, spectateur, résumant ainsi l’état d’esprit général face à cette initiative.

Pourtant, cette solution ne va pas sans défis logistiques. Simone, qui vient quotidiennement, reconnaît que l’affluence crée parfois des désagréments : « C’est vrai que dehors, on finit par avoir encore plus chaud en attendant. Mais bon, c’est une belle initiative ». Les organisateurs, conscients de ces contraintes, tentent de gérer au mieux l’affluence, tout en rappelant l’objectif premier : offrir un refuge contre la chaleur.

Un succès qui interroge sur l’adaptation aux étés futurs

Cette initiative romaine soulève une question plus large : comment les villes européennes, confrontées à des canicules de plus en plus fréquentes et intenses, peuvent-elles adapter leurs infrastructures pour protéger leurs habitants ? À Rome, la gratuité des cinémas et bibliothèques est présentée comme une réponse temporaire, mais son succès pourrait inciter d’autres municipalités à s’en inspirer. « En été, c’est beau qu’il y ait quelque chose qui te pousse à sortir de chez toi ! », rappelle Simone, mettant en lumière un aspect souvent négligé des politiques de santé publique.

Pourtant, cette mesure reste limitée dans le temps et dans l’espace. Elle ne couvre pas l’ensemble des quartiers, ni les heures nocturnes où les températures restent élevées. De plus, son financement repose sur des crédits exceptionnels, difficiles à pérenniser. Autant dire que cette initiative, bien qu’appréciée, ne saurait à elle seule résoudre les défis posés par le changement climatique.

Et maintenant ?

La municipalité de Rome n’a pas encore annoncé si cette initiative serait prolongée au-delà de la période caniculaire actuelle. Pour l’heure, les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’efficacité de cette mesure et son éventuelle généralisation à d’autres villes italiennes ou européennes. Les autorités sanitaires appellent par ailleurs les Romains à la prudence, rappelant que les personnes âgées et vulnérables restent les plus exposées aux risques liés aux fortes chaleurs.

Si cette expérience romaine devait se répéter, elle pourrait inspirer d’autres métropoles confrontées aux mêmes défis. Reste à savoir si les villes disposeront des moyens nécessaires pour financer de telles initiatives à grande échelle. En attendant, les Romains, eux, peuvent au moins profiter quelques heures par jour d’un peu de fraîcheur et de distraction.