Depuis le début de l’année 2026, la Roumanie affronte une inflation qui atteint **10,4 % en juin**, un niveau plus de trois fois supérieur à la moyenne de l’Union européenne. Selon BFM Business, cette situation s’explique notamment par la suppression des mécanismes de protection des prix sur le marché de l’électricité, entraînant une hausse de **55 % des tarifs en mai 2026** par rapport à l’année précédente. Dans ce contexte économique tendu, les Roumains, comme ceux de la ville de Calarasi, s’adaptent en privilégiant les marchés locaux aux grandes surfaces pour leurs courses.
Ce qu'il faut retenir
- L’inflation en Roumanie atteint **10,4 % en juin 2026**, contre une moyenne de **3,2 %** dans l’UE.
- La suppression des protections sur les prix de l’électricité a provoqué une hausse de **55 %** des tarifs en mai 2026.
- Un tiers du revenu des Roumains est désormais consacré à l’alimentation, contre **14 % en Allemagne**. (Source : Laurian Lungu, Consilium Policy Advisors Group)
- Le déficit budgétaire roumain s’élève à **7,9 % du PIB en 2025**, malgré des mesures d’austérité.
- Les entreprises observent déjà un ralentissement de la consommation, selon la Confédération patronale Concordia.
- Le gouvernement a promulgué une loi réduisant les taxes sur le diesel et limitant certaines marges commerciales pour tenter de freiner l’inflation.
Une inflation record, alimentée par des facteurs internes
Si la hausse des coûts énergétiques touche l’ensemble de l’Europe, la Roumanie cumule des spécificités locales qui aggravent la situation. Comme l’explique Laurian Lungu, président du groupe de réflexion économique Consilium Policy Advisors Group, « le fort déficit budgétaire de **7,9 % du PIB en 2025** — malgré des mesures d’austérité — et la suppression des mécanismes de protection des prix sur l’électricité ont joué un rôle clé ». Cette dernière mesure a provoqué une flambée des tarifs, avec une augmentation de **55 % en mai 2026** par rapport à l’année précédente. Résultat : les ménages roumains consacrent désormais **un tiers de leurs revenus à l’alimentation**, un taux bien supérieur à celui observé en Allemagne (**14 %**).
Les économistes soulignent également l’impact des récentes mesures fiscales, qui ont contribué à alimenter la spirale inflationniste. « On se serre la ceinture », confie Dumitru Baldovin, un ouvrier du bâtiment de 63 ans à Calarasi. Ce dernier, comme de nombreux autres Roumains, a réduit ses dépenses, ne s’achetant plus qu’un litre d’huile au lieu de deux auparavant. À ses côtés, Florica Vasile, une femme au foyer de 56 ans, raconte avoir dû reporter un contrôle médical pour des raisons financières : « Je devais faire un examen en janvier, mais tout est parti dans les factures et les courses ».
Une consommation en baisse et un climat politique tendu
Selon la Confédération patronale Concordia, les entreprises roumaines commencent déjà à ressentir les effets de cette inflation record. « Les entrepôts sont pleins », témoigne Puiu Ilisei, un agriculteur de 58 ans du village de Dichiseni. Face à la hausse des coûts de production et à la baisse de la demande pour ses poulets, il a dû congeler un tiers de sa production et installer des panneaux solaires pour réduire sa facture d’électricité. « On peut se passer d’une nouvelle chemise, mais il faut manger trois fois par jour », résume-t-il.
Cette crise économique aggrave les tensions politiques. La coalition pro-européenne au pouvoir à Bucarest a éclaté en mai 2026, en raison de désaccords sur des mesures d’économies impopulaires. Aucun nouveau gouvernement n’a encore été formé, et les sondages donnent l’opposition nationaliste en progression. À Calarasi, les habitants interrogés par l’AFP tiennent les élus pour responsables. « Ce sont les pires des voleurs », dénonce Marin Zainea, 75 ans, retraité touchant moins de 400 euros par mois. « Ils nous font systématiquement les poches pour devenir milliardaires ». Beaucoup, comme lui, vendent une partie de leur récolte pour compléter leurs revenus, certains avouant ne plus mettre les pieds dans les supermarchés « que pour regarder ».
Les réponses du gouvernement face à la crise
Face à la dégradation de la situation, le président roumain Nicusor Dan a tenté de rassurer la population. Le pays a évité de justesse un abaissement de sa note au rang spéculatif par l’agence Fitch. « Le pouvoir d’achat a diminué, mais la Roumanie se stabilise financièrement et les choses vont s’améliorer », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux. Cette semaine, il a promulgué une loi abaissant les taxes sur le diesel et limitant certaines marges commerciales, dans l’espoir de freiner l’inflation.
Pour autant, les experts restent prudents. Laurian Lungu met en garde contre les risques de « basculement vers les extrêmes » dans les comportements électoraux, en raison de la vie chère. La situation reste donc fragile, d’autant que les mesures prises tardent à produire leurs effets. « La vie chère peut entraîner des comportements électoraux de basculement vers les extrêmes », prévient-il.
En conclusion, la Roumanie traverse une période économique difficile, marquée par une inflation record et des tensions sociales. Si des mesures ont été prises pour tenter d’y remédier, leur efficacité reste à prouver. Pour l’instant, les ménages roumains doivent encore composer avec une situation où chaque dépense compte, et où la colère contre les dirigeants politiques s’exprime ouvertement.
L’inflation en Roumanie atteint 10,4 % en juin 2026 principalement en raison de la suppression des mécanismes de protection des prix sur l’électricité, qui a provoqué une hausse de 55 % des tarifs en mai 2026. S’y ajoutent un fort déficit budgétaire (7,9 % du PIB en 2025) et des mesures fiscales impopulaires, selon BFM Business.
Un tiers du revenu des Roumains est désormais consacré à l’alimentation, contre 14 % en Allemagne. Les ménages réduisent leurs dépenses, certains reportant même des soins médicaux. Les entreprises constatent un ralentissement de la consommation, et la colère contre les dirigeants politiques grandit.