Le gouvernement russe a annoncé, ce lundi 1er juin 2026, l’interdiction des exportations de kérosène jusqu’au 30 novembre 2026, selon BFM Business. Cette mesure s’inscrit dans la continuité des restrictions déjà imposées sur les exportations d’essence et vise à « assurer la stabilité du marché intérieur des carburants », comme l’indique un communiqué officiel du Kremlin. Une décision prise alors que les infrastructures énergétiques russes, notamment les raffineries, subissent des frappes répétées de drones ukrainiens depuis plusieurs semaines.
Ce qu'il faut retenir
- Le gouvernement russe interdit les exportations de kérosène jusqu’au 30 novembre 2026, une mesure exceptionnelle pour préserver l’approvisionnement local.
- Cette décision fait suite à la restriction déjà en place sur les exportations d’essence et intervient dans un contexte de baisse de la production de diesel (-10 % en mai et avril 2026).
- La Russie exporte principalement son kérosène vers l’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Ouzbékistan) via le rail, représentant moins de 2 % de l’offre mondiale.
- Les exportations russes de kérosène sont passées de 30 000 barils par jour en 2025 à 28 000 barils sur les quatre premiers mois de 2026.
- Les attaques ukrainiennes contre les raffineries russes ont réduit la production de diesel, poussant Moscou à agir pour éviter une hausse des prix intérieurs.
Cette interdiction s’ajoute à une série de mesures protectionnistes adoptées par la Russie depuis le début de l’année. En avril 2026, Moscou avait déjà restreint les exportations d’essence pour les mêmes raisons : éviter une flambée des prix à la pompe et limiter l’inflation. BFM Business rappelle que lorsque les cours mondiaux des carburants augmentent, les producteurs russes ont tendance à privilégier les marchés étrangers, où les marges sont plus élevées. Résultat : l’offre intérieure se contracte, faisant mécaniquement monter les prix locaux. Pour contrer ce phénomène, le gouvernement russe n’hésite plus à recourir à des moratoires sur les exportations.
Le diesel, autre carburant stratégique, n’a pas encore fait l’objet d’une restriction explicite. Cependant, Interfax a indiqué la semaine dernière que des discussions étaient en cours au sein de l’administration russe pour envisager des mesures similaires. La situation reste tendue : selon Reuters, la production de diesel a chuté de 10 % en mai 2026, après une baisse identique en avril. Cette dégradation s’explique directement par les frappes ukrainiennes qui ont endommagé plusieurs raffineries, forçant certaines à réduire ou suspendre leur activité. Ces attaques, menées par des drones, visent délibérément les infrastructures énergétiques russes depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022.
Le kérosène, bien que moins exporté que l’essence ou le diesel, n’est pas épargné par cette stratégie de préservation des stocks nationaux. La Russie, qui exporte environ 30 000 barils par jour en moyenne (soit moins de 2 % de la production mondiale), envoie principalement son kérosène vers des pays voisins comme le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan ou l’Ouzbékistan, principalement par voie ferrée. En 2025, le volume exporté était légèrement supérieur, mais la tendance est à la baisse : 28 000 barils par jour sur les quatre premiers mois de 2026, selon les données compilées par Bloomberg. Autant dire que l’impact sur le marché mondial reste marginal, mais l’enjeu pour Moscou est ailleurs : maintenir l’ordre intérieur.
Un contexte énergétique sous haute tension
La décision du gouvernement russe intervient dans un contexte où l’ensemble du secteur énergétique du pays est mis sous pression. Les raffineries, cibles récurrentes des drones ukrainiens, peinent à maintenir leur niveau de production. En mai 2026, la production de diesel a ainsi reculé de 10 % sur un mois, après une baisse identique en avril. Ces chiffres, révélés par Reuters, illustrent l’ampleur des perturbations subies par l’industrie pétrolière russe. BFM Business souligne que ces réductions de capacité risquent de se répercuter sur les prix intérieurs, d’autant plus que la demande en carburants ne faiblit pas, notamment pour les transports et l’agriculture.
Face à cette situation, le Kremlin a choisi de jouer la carte du contrôle des exportations. En limitant les volumes vendus à l’étranger, les autorités espèrent maintenir un stock suffisant pour le marché russe et éviter une flambée des prix à la pompe. Cette stratégie, déjà appliquée à l’essence, est désormais étendue au kérosène. Vladimir Poutine, interrogé par des journalistes à Moscou le 9 mai 2026, n’a pas directement commenté cette mesure, mais les observateurs y voient une tentative de stabilisation sociale. En effet, une hausse trop brutale des prix des carburants pourrait alimenter un mécontentement déjà palpable dans plusieurs régions du pays.
Des mesures qui pourraient s’étendre à d’autres carburants
Si le diesel n’est pas encore concerné par une interdiction formelle, Interfax a révélé que des discussions étaient en cours au sein du gouvernement russe pour envisager une restriction similaire. Plusieurs sources proches du dossier indiquent que cette option est « sérieusement étudiée », notamment en raison de la baisse continue de la production. BFM Business rappelle que le diesel représente un enjeu crucial pour l’économie russe, tant pour les transports que pour l’agriculture, deux secteurs essentiels en période de tensions géopolitiques.
Dans le même temps, la Russie continue de subir les conséquences indirectes des sanctions occidentales et des contre-mesures mises en place en réponse à son intervention en Ukraine. L’isolement progressif du pays sur les marchés internationaux pousse Moscou à adopter des mesures de plus en plus protectionnistes. Le blocage temporaire des exportations de kérosène s’inscrit dans cette logique : préserver les ressources nationales coûte que coûte, quitte à sacrifier une partie des revenus à l’export. Pour l’heure, aucune date n’a été avancée concernant un éventuel assouplissement de ces restrictions. Tout dépendra de l’évolution des frappes ukrainiennes et de la capacité des raffineries russes à reprendre une production normale.
Cette nouvelle décision du Kremlin illustre la vulnérabilité du secteur énergétique russe, pris en étau entre les frappes ukrainiennes et les besoins intérieurs. En limitant les exportations, Moscou tente de concilier deux impératifs : éviter une crise sociale liée à la hausse des prix et maintenir son influence régionale, y compris auprès de ses alliés d’Asie centrale. Reste à savoir si cette stratégie suffira à préserver la stabilité du marché intérieur russe dans les mois à venir.
La Russie restreint ses exportations de kérosène pour une raison purement intérieure : éviter une pénurie sur son marché national et limiter la hausse des prix à la pompe. Même si son poids sur le marché mondial est marginal, le kérosène reste un carburant utilisé localement, notamment pour les transports et l’aviation. En bloquant les exportations, Moscou cherche à maintenir un stock suffisant pour ses besoins, surtout en période de tensions énergétiques liées aux frappes ukrainiennes sur ses raffineries.