Né en France de parents originaires du Liban, l’écrivain Sabyl Ghoussoub était l’un des invités marquants du festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo, qui s’est tenu du 17 au 19 mai 2026. À travers ses romans et ses interventions, il cherche à transmettre la complexité de l’histoire libanaise, un pays dont les fractures politiques et sociales résonnent encore aujourd’hui dans les récits de la diaspora. Ouest France souligne comment son parcours entre deux rives méditerranéennes offre une perspective unique sur la reconstruction d’une mémoire collective.
Ce qu'il faut retenir
- Sabyl Ghoussoub est un écrivain franco-libanais né en France de parents libanais.
- Il participait au festival Étonnants Voyageurs 2026 à Saint-Malo, qui s’est déroulé du 17 au 19 mai.
- Son œuvre littéraire vise à transmettre l’histoire et les fractures du Liban à travers des récits littéraires.
- Il oscille entre ses deux pays d’attache, la France et le Liban, pour offrir une vision apaisée de leur histoire commune.
- Le festival Étonnants Voyageurs, dédié à la littérature voyageuse, l’a invité pour son approche entre mémoire et modernité.
Un écrivain entre deux rives, porteur d’un récit libanais
Sabyl Ghoussoub incarne cette génération d’auteurs nés à l’étranger mais dont l’identité est profondément marquée par les origines familiales. Ouest France rappelle que son enfance en France, bercée par les récits de ses parents sur le Liban, a forgé sa sensibilité littéraire. « Je porte en moi cette double culture, explique-t-il, et c’est à travers l’écriture que je tente de comprendre et de transmettre les tensions qui traversent le Liban, un pays que j’ai découvert bien plus tard. » Son dernier roman, *Les Filles du jardin d’hiver*, explore précisément ces liens familiaux et ces mémoires fragmentées.
Invité du festival Étonnants Voyageurs pour la troisième fois, Ghoussoub a choisi d’aborder la question de la transmission historique. « La littérature n’est pas un musée, c’est un laboratoire où l’on peut réinventer le passé pour mieux appréhender le présent », a-t-il souligné lors d’une table ronde. Une posture qui résonne particulièrement dans un Liban où l’histoire officielle reste un sujet de débats et de divisions. Pour lui, l’écriture est un moyen de « réparer » symboliquement les déchirures d’un pays marqué par une guerre civile (1975-1990) et une crise économique sans précédent depuis des décennies.
Le festival Étonnants Voyageurs, creuset d’échanges littéraires
Le festival de Saint-Malo, l’un des plus grands rendez-vous littéraires francophones, a accueilli en 2026 plus de 200 auteurs venus de 50 pays. Ghoussoub y participait aux côtés d’écrivains comme Leïla Slimani ou Alain Mabanckou, pour des débats sur la littérature engagée et les récits de migration. Selon Ouest France, sa présence s’inscrivait dans une programmation dédiée aux auteurs de la diaspora, dont les œuvres explorent les frontières géographiques et culturelles.
« Ce festival est un lieu où les histoires personnelles deviennent universelles, confie Ghoussoub. Ici, on parle de mémoire, de résistance, mais aussi d’espoir. C’est ce qui m’a toujours intéressé : comment, à travers des récits intimes, on peut toucher à des enjeux collectifs. » Une approche qui a séduit le public malouin, composé en majorité de passionnés de littérature et de voyageurs avides de découvertes.
Pourquoi la littérature peut-elle réparer une histoire déchirée ?
La question n’est pas anodine dans un Liban où l’histoire officielle reste un sujet sensible. Ghoussoub, dont les parents ont fui la guerre civile, insiste sur le rôle de la littérature comme « miroir et comme fenêtre ». « Écrire, c’est aussi une façon de dialoguer avec ceux qui ne partagent pas la même mémoire, explique-t-il. Cela permet de sortir des clivages et de montrer que, malgré tout, il existe des ponts entre les communautés. »
Son approche rejoint celle d’autres auteurs libanais de la diaspora, comme Hoda Barakat ou Randa Jarrar, qui utilisent la fiction pour explorer les traumatismes collectifs. « La littérature ne guérit pas, précise Ghoussoub, mais elle permet de nommer les blessures pour mieux les surmonter. C’est déjà un pas vers la réconciliation. » Une vision qui, pour l’instant, séduit autant les lecteurs que les critiques littéraires, comme en témoignent les échos de la presse française et libanaise.
Alors que le Liban traverse une crise économique et politique sans précédent depuis son indépendance en 1943, l’œuvre de Ghoussoub prend une résonance particulière. Elle rappelle que, malgré la distance, les questions identitaires restent au cœur des débats contemporains. Et si la littérature ne pouvait pas, à elle seule, réparer un pays, elle offre au moins une voix à ceux qui refusent d’oublier.
Ses romans explorent principalement les thèmes de l’exil, de la mémoire familiale, des fractures identitaires et des traumatismes historiques, notamment liés à la guerre civile libanaise. Il utilise la fiction pour interroger les silences et les non-dits de l’histoire officielle.