Selon RFI, la saison des pluies frappe le Bénin et l’ensemble du Golfe de Guinée avec une intensité particulière depuis le début du mois de juin. Cotonou, capitale économique du pays, et sa périphérie, notamment la commune d’Abomey-Calavi, ont subi de plein fouet les effets de ces intempéries dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin.
Ce qu'il faut retenir
- Plusieurs quartiers de Cotonou et d’Abomey-Calavi ont été inondés après des pluies diluviennes survenues entre le 29 et le 30 juin.
- Des axes routiers majeurs sont devenus impraticables, provoquant d’importants embouteillages.
- Des centaines d’automobilistes se sont retrouvés bloqués pendant des heures, aggravant la situation dans la métropole.
- La saison des pluies, plus intense cette année, touche l’ensemble du Golfe de Guinée depuis juin.
Des pluies exceptionnelles submergent les zones urbaines
Dans la nuit du 29 au 30 juin, des précipitations d’une rare intensité se sont abattues sur Cotonou et Abomey-Calavi. Selon les relevés locaux, les quantités d’eau enregistrées ont dépassé les moyennes saisonnières, entraînant des inondations localisées dans plusieurs quartiers résidentiels et commerciaux. Les services météorologiques béninois ont qualifié ces intempéries de « particulièrement violentes », sans pour autant fournir de données chiffrées précises sur les cumuls enregistrés.
Les images partagées par les habitants et les médias locaux montrent des rues transformées en rivières, des habitations aux rez-de-chaussée submergées, et des véhicules immobilisés sur les grands axes routiers. Les quartiers les plus touchés semblent se concentrer dans les zones basses de Cotonou, où le système de drainage, déjà fragile, n’a pas résisté à la violence des pluies.
Un trafic routier paralysé et des automobilistes en difficulté
Les inondations ont provoqué une paralysie partielle du réseau routier autour de Cotonou. Plusieurs axes, dont la route nationale RNIE1 reliant la capitale à Porto-Novo, sont devenus impraticables en raison de la montée des eaux. Les embouteillages qui en ont résulté ont duré plusieurs heures, piégeant des centaines d’automobilistes dans des conditions difficiles.
« Nous sommes restés bloqués près de quatre heures entre Dantokpa et la place du 1er mai, sans bouger d’un mètre. Les véhicules à l’avant avançaient de quelques centimètres avant de s’arrêter à nouveau », a témoigné un chauffeur de taxi-moto interrogé par RFI. Les conducteurs ont dû, pour certains, abandonner leur véhicule sur place pour tenter de regagner leur domicile à pied, risquant des accidents ou des chutes dans les zones inondées.
Un phénomène qui dépasse les frontières du Bénin
Cette intensification des pluies s’inscrit dans un contexte régional. Selon les météorologues, le Golfe de Guinée connaît depuis juin des précipitations anormalement abondantes, touchant également le Togo, le Ghana et le Nigeria. Les experts évoquent des « anomalies climatiques » liées à la mousson africaine, renforcée cette année par des températures océaniques élevées dans l’Atlantique.
Les autorités béninoises, contactées par RFI, n’ont pas encore communiqué de bilan humain ou matériel. Cependant, des associations locales ont déjà lancé des appels aux dons pour venir en aide aux populations sinistrées. « Nous sommes en train de recenser les besoins des familles évacuées, mais les dégâts sont importants », a indiqué un responsable d’une ONG basée à Cotonou.
Pour l’heure, les services techniques de la mairie de Cotonou procèdent à l’évacuation des eaux stagnantes, tandis que les pompiers interviennent pour sécuriser les zones à risque. Les habitants, eux, commencent à nettoyer les rues, mais l’ampleur des travaux laisse présager une reprise normale des activités dans plusieurs jours seulement.
Cette situation rappelle, une fois de plus, la vulnérabilité des grandes villes africaines face aux aléas climatiques, alors que les experts alertent sur l’augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes en Afrique de l’Ouest.
Les autorités béninoises, en collaboration avec les ONG locales, devraient mettre en place des points de distribution de vivres et de matériel de première nécessité dans les prochains jours. Une cellule de crise a été activée à la mairie de Cotonou pour organiser l’aide aux familles évacuées.
Oui, selon les prévisions de l’Agence béninoise de météorologie, des averses sont attendues jusqu’à la fin de la semaine, avec un risque de cumuls supplémentaires pouvant aggraver la situation actuelle.