Pour la 17e édition des Journées européennes de l'archéologie, qui se tiennent ce week-end des 13 et 14 juin 2026, une vingtaine de chantiers de fouilles en France ouvrent exceptionnellement leurs portes au public. Parmi eux, le site du sanctuaire gallo-romain des sources de la Seine, situé sur la commune de Source-Seine, en Côte-d'Or, près de Dijon, attire particulièrement l'attention. Selon Franceinfo - Culture, les archéologues y découvrent des vestiges remarquables, témoins d'un lieu de culte dédié à Sequana, la déesse gauloise des eaux guérisseuses.

Ce qu'il faut retenir

  • Un sanctuaire gallo-romain dédié à la déesse Sequana a été aménagé au début du Ier siècle et occupé jusqu’à la fin du IVe siècle.
  • Les fouilles actuelles, menées par l’Inrap, révèlent de nouveaux vestiges comme des bassins et des murs antiques, passés inaperçus lors des campagnes précédentes.
  • Le site abrite une collection exceptionnelle d’offrandes : statues en bois, pierre ou métal, figurines d’organes, membres et plaquettes représentant des yeux.
  • Les menaces climatiques — sécheresses accrues et baisse de la nappe phréatique — accélèrent la dégradation des vestiges en bois.
  • Le public peut visiter le site ce week-end dans le cadre des Journées de l’archéologie.

Situé au cœur d’une forêt, là où la Seine prend sa source sous forme de ruisseaux, le sanctuaire de Sequana est un vestige majeur de la période gallo-romaine. Comme le rapporte Franceinfo - Culture, ce lieu de culte, aménagé au début du Ier siècle de notre ère, était dédié à la déesse gauloise des eaux, invoquée pour obtenir des guérisons. Le site, occupé jusqu’à la fin du IVe siècle, a fait l’objet de plusieurs campagnes de fouilles aux XIXe et XXe siècles, notamment après l’acquisition du terrain par la ville de Paris en 1864, dans l’objectif de préserver les vestiges et d’aménager un parc.

Des fouilles récentes qui révèlent des éléments inédits

Les nouvelles fouilles, conduites par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), démarrées il y a seulement quatre jours, ont déjà livré des surprises. Loïc Gaëtan, archéologue à l’Inrap, souligne l’importance de ces découvertes : « On pourrait se dire ‘c’est fini, il n’y a plus rien à retrouver’, sauf qu’on s’aperçoit que ce site n’a pas été fouillé entièrement. Nos premiers résultats montrent que si l’on étend un peu l’investigation sur des structures ou des sols, on découvre des éléments antiques restés invisibles lors des dernières fouilles. »

Parmi les vestiges mis au jour, deux bassins se distinguent. Le premier, ovale et très dégradé, témoigne des perturbations causées par les racines et les précédentes explorations. Le second, mieux conservé, appelé « bassin sacré », alimenté par une source, servait aux offrandes à la déesse Sequana entre le Ier et le IVe siècle. Ces bassins, ainsi que les murs dégagés par les archéologues, offrent un aperçu des pratiques religieuses de l’époque. Marie-Agnès Widehen, qui participe aux fouilles, explique la difficulté du travail : « On voit bien les perturbations des racines, qui soulèvent les pierres. Il faut mettre de l’ordre dans tout cela, en retirant ce qui relève des souches et des racines. C’est un peu du bûcheronnage archéologique, parfois. »

Des offrandes exceptionnelles, témoins d’une pratique religieuse

Les fouilles antérieures avaient déjà permis de découvrir une collection remarquable d’offrandes déposées en guise de remerciement ou de demande de guérison. Selon les spécialistes, ces objets — statues en bois, pierre ou métal représentant des personnages, des organes internes, des membres ou des yeux — étaient offerts à Sequana. « Une exceptionnelle collection d’objets d’offrandes », confirme Franceinfo - Culture. Ces vestiges, aujourd’hui exposés dans des musées, témoignent de la vitalité du culte rendu à la déesse des eaux.

Parmi les découvertes récentes, les archéologues ont également exhumé des éléments architecturaux présumés appartenir à un temple dédié à Sequana. Ces structures, encore en cours de dégagement, pourraient permettre de mieux comprendre l’organisation spatiale et religieuse du sanctuaire. Les fouilles, toujours en cours, pourraient encore réserver des surprises, notamment si l’investigation s’étend à des zones jusqu’alors inexplorées.

Le changement climatique, une menace pour les vestiges

Si le site n’est pas menacé par des projets de travaux, une autre préoccupation pèse sur sa préservation : le changement climatique. Dominique Garcia, président de l’Inrap, alerte sur les effets des sécheresses prolongées, devenues plus fréquentes dans la région. « La baisse de la nappe phréatique, liée aux périodes de sécheresse, accélère la dégradation des vestiges en bois », explique-t-il. Ces conditions climatiques, absentes lors des précédentes fouilles, rendent urgente la documentation et la sauvegarde de ces témoignages du passé.

Les archéologues, conscients de ces enjeux, adaptent leurs méthodes. L’utilisation de robots télécommandés pour cartographier les sous-sols sans forer, évoquée dans un autre chantier, pourrait aussi être envisagée ici. Cette technologie permettrait de limiter les perturbations tout en obtenant des données précises sur les structures enfouies.

Et maintenant ?

Les fouilles du sanctuaire de Sequana devraient se poursuivre dans les prochains mois, avec une attention particulière portée aux zones encore inexplorées. Les archéologues prévoient d’étendre l’investigation autour des bassins et des murs dégagés, afin de préciser la chronologie et la fonction des différentes structures. Par ailleurs, des études sur l’impact du changement climatique sur les vestiges en bois pourraient être engagées, en collaboration avec des spécialistes de l’environnement. Le public pourra suivre l’avancée des découvertes lors des prochaines portes ouvertes organisées par l’Inrap.

Pour les amateurs d’histoire et d’archéologie, ce week-end des 13 et 14 juin offre donc une occasion unique de découvrir ce site exceptionnel. Ouvert au public dans le cadre des Journées européennes de l’archéologie, le sanctuaire de Sequana permet de plonger dans l’histoire antique de la région, entre légendes, pratiques religieuses et enjeux de préservation.

Les archéologues de l’Inrap prévoient de poursuivre les fouilles dans les prochains mois, avec un focus sur les zones non explorées. Une étude spécifique sur l’impact du changement climatique sur les vestiges en bois pourrait également être lancée, en collaboration avec des experts en environnement.

Le site est généralement accessible au public dans le cadre des visites organisées par l’Inrap ou les collectivités locales. En dehors de ces événements, il est conseillé de se renseigner auprès de l’Office de tourisme de Dijon ou de la mairie de Source-Seine pour connaître les modalités d’accès.