Le groupe pharmaceutique Sanofi a dévoilé des résultats du deuxième trimestre qui sont factuellement meilleurs qu'anticipé par les analystes, selon BFM Bourse. Cependant, l'action du groupe a plongé de 9% en fin d'après-midi, jeudi 30 juillet, en raison d'un manque d'annonce majeure de la part de la nouvelle direction et de l'absence de projets cliniques en vue pour remplacer son blockbuster, Dupixent.
Ce qu'il faut retenir
- Sanofi a enregistré des résultats décevants sur le développement de trois molécules prometteuses : tolebrutinib, itépekimab et amlitelimab.
- L'entreprise a stoppé les frais sur l'amelitélimab et arrêté son développement clinique.
- La nouvelle directrice générale, Belén Garijo, a pris ses fonctions fin avril et son bilan en matière de R&D est jugé insuffisant par les investisseurs.
- Les résultats du deuxième trimestre montrent une progression de 17,8% des revenus et un bénéfice net par action des activités en hausse de 33,3%.
- Sanofi a relevé ses objectifs pour 2026, tablant sur une croissance de ses revenus de 10% hors changes et sur une progression de son bénéfice net par action des activités légèrement supérieure à celle de ses revenus.
Contexte et explications
Sanofi est un poids lourd de la cote parisienne et souffre en Bourse depuis bientôt un an et demi, avec une chute de 33% par rapport à ses sommets atteints au début de 2025. Le groupe a enquillé les déceptions sur les essais cliniques, notamment avec le développement de nouveaux médicaments prometteurs pour remplacer Dupixent, qui assure le gros de la croissance de Sanofi.
Dupixent est un anti-inflammatoire à multiples indications, notamment pour l'asthme, la dermatite atopique et le prurigo nodulaire. Cependant, ce médicament phare fera face à un "patent cliff" à compter du début des années 2030, ce qui signifie une série de pertes de brevets qui retrancheraient 17,3 milliards d'euros de revenus entre 2030 et 2035, selon les projections de JPMorgan.
Reactions et perspectives
Les résultats sont donc supérieurs aux attentes et les objectifs sont relevés, mais le manque d'annonce majeure de la part de la nouvelle direction et l'absence de projets cliniques en vue pour remplacer Dupixent ont déçu les espoirs du marché. "Les nouveaux objectifs pour 2026 et 2030 étaient déjà largement intégrés par le marché. Et les résultats présentent des éléments exceptionnels qui font qu'ils ne sont pas aussi beaux que de prime abord", explique un analyste.
Barclays calcule qu'en retraitant ces éléments exceptionnels, le bénéfice net par action des activités aurait raté le consensus de 4%. Le groupe a par ailleurs annoncé deux arrêts de médicaments en cours de développement, ce qui a déçu les investisseurs qui attendaient une mise à jour stratégique plus substantielle de la part de la nouvelle directrice générale.