La santé musculaire des enfants en France reste un sujet de préoccupation majeur. Selon les données du ministère de l’Éducation nationale pour l’année 2025, à peine 45,5 % des élèves de sixième affichent une maîtrise satisfaisante des tests de force musculaire. Un constat qui souligne l’importance de renforcer les efforts en matière d’activité physique dès le plus jeune âge.
Ce qu'il faut retenir
- 45,5 % des élèves de sixième ont une maîtrise satisfaisante des tests de force musculaire en 2025, selon le ministère de l’Éducation nationale.
- Les Assises du muscle 2026, organisées par l’Institut de Myologie et l’AFM-Téléthon, se tiendront le 2 juin 2026 au ministère de la Santé.
- Le capital musculaire se construit dès l’enfance, rappelle Boris Cheval, maître de conférences en sciences de l’activité physique à l’ENS Rennes.
- Les muscles en bonne santé jouent un rôle clé dans la prévention des maladies chroniques comme le diabète, les maladies cardiovasculaires ou certains cancers.
Un capital musculaire à préserver dès l’enfance
L’enfance et l’adolescence constituent des périodes déterminantes pour le développement du capital musculaire. Boris Cheval, maître de conférences en sciences de l’activité physique à l’École normale supérieure de Rennes, insiste sur ce point : « Le muscle est bien plus qu’un simple organe moteur. » Il explique que son rôle s’étend à la prévention des maladies chroniques, comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires, mais aussi à la réduction des récidives de certains cancers ou au retardement de l’évolution des maladies neurodégénératives.
Or, les chiffres de 2025 montrent que près de 54,5 % des collégiens ne remplissent pas les critères de force musculaire considérés comme satisfaisants. Un déficit qui pourrait avoir des répercussions durables sur leur santé future. « C’est pendant l’enfance que l’on pose les bases d’un vieillissement en bonne santé », rappelle l’expert.
Les Assises du muscle 2026 : un rendez-vous pour alerter et agir
Pour sensibiliser le grand public et les pouvoirs publics à l’importance de la santé musculaire, l’Institut de Myologie et l’AFM-Téléthon organisent les 2es Assises du muscle ce mardi 2 juin 2026, au ministère de la Santé. Cet événement réunira des chercheurs, des médecins et des représentants institutionnels autour de plusieurs enjeux majeurs.
Parmi les thèmes abordés : les liens entre la santé musculaire et la prévention des maladies chroniques, les stratégies pour réduire les risques de chute chez les personnes âgées, ou encore les avancées thérapeutiques dans la lutte contre les maladies neurodégénératives. « Ces assises visent à montrer que le muscle est un organe central, dont la préservation doit devenir une priorité de santé publique », précise un communiqué des organisateurs.
Un enjeu de santé publique à long terme
Les bénéfices d’un capital musculaire solide ne se limitent pas à la prévention des maladies. Une bonne condition physique contribue également à améliorer la qualité de vie, en favorisant l’autonomie, en réduisant la fatigue et en optimisant les performances quotidiennes. Pourtant, malgré ces avantages évidents, les données montrent que l’activité physique chez les jeunes reste insuffisante.
« On observe une baisse régulière de la pratique sportive chez les adolescents, notamment en raison de l’augmentation des temps d’écran et d’un mode de vie de plus en plus sédentaire », explique Boris Cheval. Pour inverser cette tendance, les spécialistes appellent à des actions concertées, impliquant les familles, les établissements scolaires et les collectivités territoriales. Les programmes de sensibilisation et les infrastructures sportives accessibles jouent un rôle clé dans cette dynamique.
En attendant, les experts rappellent que des solutions existent déjà : intégrer davantage d’heures d’éducation physique à l’école, encourager les activités sportives extra-scolaires et promouvoir une alimentation équilibrée riche en protéines. Autant de leviers qui pourraient faire la différence sur le long terme.
Les tests, réalisés dans le cadre des évaluations nationales, incluent généralement des exercices de résistance comme les tractions, les pompes ou des tests de souplesse et d’endurance. Les critères de réussite sont définis par le ministère de l’Éducation nationale.