Selon Ouest France, la saison des pluies 2025-2026 dans le cirque de Cilaos, à La Réunion, s’est achevée sur un record de sécheresse. Météo France qualifie cet épisode d’historique, avec des précipitations « les plus faibles depuis plus de cinquante ans » dans cette zone montagneuse de l’île. Ce phénomène naturel, aggravé par les effets du changement climatique, perturbe désormais gravement l’agriculture locale, et notamment la production de lentilles, emblème de la région.

Ce qu'il faut retenir

  • La saison des pluies 2025-2026 dans le cirque de Cilaos a été la plus sèche depuis plus de 50 ans, selon Météo France.
  • Ce déficit hydrique menace directement les cultures locales, dont les lentilles de Cilaos, production phare de la région.
  • Les habitants et agriculteurs du cirque subissent les conséquences de cette sécheresse exceptionnelle.

Un bilan climatique sans précédent

D’après les données compilées par Météo France, les cumuls de pluie enregistrés entre novembre 2025 et avril 2026 dans le cirque de Cilaos n’ont atteint qu’une fraction des normales saisonnières. « Les précipitations ont été inférieures de plus de 60 % aux moyennes habituelles », a précisé un porte-parole de l’établissement, lors d’une conférence de presse tenue en juin 2026. Cette situation s’inscrit dans une tendance plus large de réduction des pluies dans l’océan Indien, attribuée en partie au réchauffement global et à la modification des courants atmosphériques.

Le cirque de Cilaos, niché à plus de 1 200 mètres d’altitude, dépend fortement des eaux de ruissellement pour son agriculture. Or, les retenues collinaires et les sources naturelles, déjà fragilisées par des années de stress hydrique, peinent à se recharger. Les autorités locales ont d’ailleurs déclenché un plan d’urgence sécheresse dès le mois de mars, limitant les prélèvements d’eau pour les usages non prioritaires.

Les lentilles de Cilaos, premières victimes de la crise

Les lentilles, cultivées traditionnellement sur les pentes volcaniques du cirque, représentent un pan essentiel de l’économie agricole locale. « Cette année, nous tablons sur une baisse de 40 à 50 % des rendements par rapport à une année normale », a indiqué Jean-Luc Payet, président de la Coopérative agricole de Cilaos. La récolte 2026, actuellement en cours, s’annonce donc bien en deçà des attentes, ce qui pourrait entraîner des ruptures d’approvisionnement sur le marché local et national.

Les agriculteurs, dont certains cultivent cette légumineuse depuis des générations, se retrouvent dans une situation critique. « Sans pluies significatives d’ici la fin de l’hiver austral, nous risquons de perdre une partie de nos semis », a témoigné un exploitant, sous couvert d’anonymat. La sécheresse menace aussi la qualité des graines, plus petites et moins résistantes aux maladies.

Des conséquences qui dépassent le cadre agricole

Au-delà des cultures, les habitants du cirque subissent les répercussions de cette sécheresse. Les coupures d’eau potable se multiplient, et les réserves des communes sont mises à rude épreuve. « Nous distribuons actuellement 30 % d’eau en moins par foyer », a expliqué la mairie de Cilaos dans un communiqué. Les écoles ont dû adapter leurs activités, et certains commerces liés à l’agrotourisme voient leur fréquentation chuter.

Les autorités appellent à la sobriété hydrique, tandis que des discussions sont en cours pour accélérer la mise en place de solutions durables. Parmi les pistes envisagées : le renforcement des réseaux de récupération d’eau de pluie et l’extension des zones irriguées par des systèmes goutte-à-goutte.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour les agriculteurs du cirque de Cilaos. Les prévisions saisonnières de Météo France, actualisées début juillet 2026, tablent sur des précipitations « légèrement supérieures à la normale » pour le trimestre à venir, mais leur répartition reste incertaine. Une amélioration significative des réserves hydriques dépendra de la fréquence et de l’intensité des averses d’hiver, qui commencent généralement en juin. Par ailleurs, le gouvernement réunionnais doit présenter, d’ici fin septembre, un plan d’accompagnement spécifique pour les producteurs touchés par la sécheresse.

Face à cette crise, les acteurs locaux insistent sur la nécessité de repenser les pratiques agricoles à long terme. L’adaptation au changement climatique, déjà amorcée dans certaines exploitations, pourrait s’accélérer. Reste à savoir si ces mesures suffiront à préserver un savoir-faire ancestral, comme celui des lentilles de Cilaos, dont la réputation dépasse les frontières de l’île.

Elle est considérée comme la plus sévère depuis plus de cinquante ans dans le cirque de Cilaos, avec des précipitations inférieures de plus de 60 % aux normales saisonnières, selon Météo France.