La ministre serbe de l’Énergie, Dubravka Djedovic Handanovic, a appelé ce dimanche 7 août 2026 les citoyens à adopter une « consommation rationnelle » de l’électricité, alors que les centrales hydroélectriques du pays tournent à moins de 20 % de leurs capacités en raison d’un niveau historiquement bas du Danube, selon BFM Business.
Cette situation critique, liée à une sécheresse prolongée et à des températures extrêmes, affecte directement la production d’électricité en Serbie, où les centrales hydroélectriques assurent traditionnellement 18 % de l’approvisionnement annuel du pays. Les deux principales installations concernées, « Djerdap 1 » et « Djerdap 2 », situées à environ 240 km au sud-est de Belgrade, à la frontière avec la Roumanie, fonctionnent respectivement à 20 % et 30 % de leurs capacités normales, a précisé la ministre lors d’une intervention télévisée sur la chaîne nationale RTS.
Ce qu'il faut retenir
- Le débit du Danube en Serbie est tombé à 1 500 m³/s, un niveau comparable aux minimums historiques enregistrés en 1985 et 2003.
- Les centrales « Djerdap 1 » et « Djerdap 2 » produisent respectivement à 20 % et 30 % de leurs capacités habituelles, alors qu’elles contribuent à hauteur de 18 % à la production électrique nationale.
- La Serbie produit environ 70 % de son électricité via des centrales thermiques et 30 % grâce à l’hydroélectricité.
- La consommation actuelle atteint 105 GWh par jour, contre 110 à 115 GWh en hiver lors des pics de froid.
- La Hongrie a suspendu le fonctionnement de sa seule centrale nucléaire, Paks, pour la première fois depuis 44 ans, en raison de la baisse du niveau du Danube.
Un fleuve à son niveau le plus bas depuis des décennies
Le débit du Danube en Serbie a atteint des niveaux critiques, avec un record historique observé dans le nord du pays, près des frontières hongroise et croate. Selon l’Institut météorologique serbe, le débit n’était plus que de 750 m³/s dimanche matin, un chiffre exceptionnellement bas qui menace l’approvisionnement en eau pour l’irrigation et la production d’énergie.
« Pendant tout le mois de mai, juin et juillet, nous avons enregistré la plus faible production d’électricité dans les centrales de Djerdap depuis leur mise en service dans les années 1970 », a souligné Dubravka Djedovic Handanovic. Elle a rappelé que les précipitations avaient été insuffisantes depuis plusieurs mois, aggravant la situation déjà tendue en Europe centrale et de l’Est.
Des répercussions en cascade sur l’énergie et l’agriculture
La baisse de la production hydroélectrique intervient alors que la demande en électricité est en hausse, principalement en raison de l’utilisation massive des climatiseurs face aux vagues de chaleur persistantes. « Tous ces facteurs créent une pression sur les quantités disponibles d’électricité et sur les prix », a expliqué la ministre, alors que la Serbie consomme actuellement près de 105 GWh par jour, un niveau inférieur à la normale hivernale mais supérieur aux attentes pour la saison estivale.
La situation est particulièrement critique pour le nord du pays, où une pompe assurant la dérivation de l’eau du Danube vers un réseau de canaux de 960 km a dû être arrêtée. Ce système, qui permet l’irrigation de plus d’un million d’hectares de terres arables, dépend directement du débit du fleuve. Sans cette eau, des centaines de milliers d’hectares de cultures pourraient être menacés.
L’Europe centrale et de l’Est sous tension énergétique
La Serbie n’est pas le seul pays affecté par cette sécheresse record. La Hongrie a annoncé la mise à l’arrêt de sa centrale nucléaire de Paks, une première en 44 ans, tandis que la Roumanie et la Bulgarie subissent également des perturbations dans leur production hydroélectrique. Ces difficultés s’ajoutent à une demande déjà élevée, alimentée par les besoins en climatisation dans un contexte de canicule prolongée.
Les météorologues serbes estiment qu’aucune précipitation significative n’est attendue sur le cours du Danube avant « cinq ou six semaines », ce qui laisse présager une aggravation de la situation dans les semaines à venir. « J’appelle les citoyens à une consommation rationnelle d’électricité pour contribuer à traverser cette période de sécheresse », a insisté la ministre, invitant la population à adopter des gestes éco-responsables sans attendre.
« La production actuelle est en dessous des capacités normales, et la demande reste élevée. Sans changement, la pression sur le réseau et les prix pourrait s’accentuer. »
— Dubravka Djedovic Handanovic, ministre serbe de l’Énergie
Cette crise met en lumière la vulnérabilité des pays d’Europe centrale face aux changements climatiques, où la dépendance aux énergies fossiles et hydrauliques expose les systèmes électriques à des risques accrus en période de sécheresse prolongée.
La Hongrie a suspendu le fonctionnement de la centrale de Paks, sa seule installation nucléaire, en raison de la baisse critique du niveau du Danube. Le refroidissement des réacteurs dépendant du fleuve, les autorités ont préféré mettre l’unité à l’arrêt pour éviter tout risque de surchauffe, une décision historique prise pour la première fois en 44 ans d’exploitation.
L’arrêt d’une pompe dérivant l’eau du Danube vers un réseau de canaux de 960 km menace directement l’irrigation de plus d’un million d’hectares de terres arables dans le nord de la Serbie. Sans cette eau, les cultures pourraient subir des pertes importantes, aggravant les tensions sur les ressources alimentaires dans la région.