Alors que les incendies ravagent actuellement la Gironde et d’autres départements, la question des moyens alloués à la sécurité civile s’impose avec urgence. Selon BFM Business, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a rappelé ce lundi 27 juillet les efforts budgétaires consentis depuis 2017 pour renforcer ces dispositifs, alors qu’une polémique persiste autour de l’annulation partielle d’une commande de Canadair en 2024.

Ce qu’il faut retenir

  • Le budget de la sécurité civile a presque doublé depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, passant de 450 à 800 millions d’euros.
  • Sur les 12 Canadair dont dispose la France, seuls 7 sont mobilisés en raison de maintenances régulières et de l’âge avancé de la flotte.
  • Deux Canadair commandés en 2024 ont été annulés en raison d’un engorgement de la chaîne de production, une nouvelle commande de deux appareils a été passée en juin 2026, mais ils n’arriveront qu’en 2032.
  • Le gouvernement met en avant d’autres moyens comme les 8 Dash, les hélicoptères bombardiers d’eau ou encore la location d’avions d’intervention.

Une flotte de Canadair sous pression et vieillissante

En Gironde, où près de 220 000 personnes ont été évacuées depuis vendredi 24 juillet, la situation reste critique. Selon les dernières estimations, 7 Canadair sur 12 sont mobilisés pour tenter de contenir les flammes, a indiqué le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, dimanche 26 juillet. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a cependant tenu à nuancer ce chiffre lors de son passage sur Franceinfo ce lundi.

« L’ensemble des Canadair que possède la France sont évidemment mobilisés », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « Mais ils sont extrêmement sollicités, extrêmement utilisés, extrêmement éprouvés dans une période qui est exceptionnelle. » Pour justifier le faible nombre d’appareils en opération, elle a expliqué que la flotte, dont l’âge moyen dépasse 30 ans, nécessite des maintenances régulières de quelques heures, limitant ainsi leur disponibilité immédiate.

Une commande annulée et une nouvelle livraison repoussée à 2032

En 2022, Emmanuel Macron s’était engagé à porter la flotte de Canadair à 16 unités d’ici la fin de son second quinquennat. Pourtant, deux appareils supplémentaires commandés en 2024 ont finalement été annulés. « Ce n’est pas lié à une volonté de ne pas en acquérir davantage, mais à un engorgement de la chaîne de production », a précisé Maud Bregeon. « On ne pouvait pas en avoir davantage à l’instant T, car cela prend entre trois et cinq ans pour les construire. »

Face à cette situation, le gouvernement a annoncé le 4 juin 2026 une nouvelle commande de deux Canadair, mais leur livraison n’est prévue qu’en 2032, un délai qui suscite des interrogations sur la capacité de la France à faire face rapidement aux incendies estivaux.

Des moyens complémentaires mis en avant par le gouvernement

Pour contrer les critiques sur la gestion des moyens aériens, Maud Bregeon a rappelé que la France disposait d’autres outils pour lutter contre les incendies. « Nous n’avons pas que des Canadair », a-t-elle souligné, citant notamment l’augmentation des Dash, des avions d’intervention en location, des hélicoptères bombardiers d’eau, ainsi que la mobilisation d’un A400M et de moyens européens en renfort. « Lorsque Gérard Colomb arrivait au ministère de l’Intérieur, nous avions deux Dash, nous avons désormais huit Dash parce qu’il en a commandé six dans la première année de son exercice », a-t-elle rappelé.

La porte-parole a également insisté sur la comparaison avec d’autres pays européens : « Il faut regarder la flotte française dans sa globalité, elle est similaire à ce qu’ont nos amis espagnols. » Avant d’ajouter : « Dire aujourd’hui que les moyens ont baissé depuis 2017 ou que l’augmentation de ces moyens n’a pas été prise en compte est un mensonge éhonté. »

« Dire aujourd’hui que les moyens ont baissé depuis 2017, ou que l’importance de l’augmentation de ces moyens n’a pas été prise en compte, c’est un mensonge éhonté. »
— Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement

Un budget en forte hausse depuis 2017

Le gouvernement martèle que les moyens financiers alloués à la sécurité civile ont été significativement renforcés. « Le budget de la sécurité civile est passé de 450 à 800 millions d’euros depuis 2017, il a donc quasiment doublé », a affirmé Maud Bregeon. Un argument destiné à répondre aux polémiques portées par l’opposition politique, qui dénonce un manque de préparation face à l’intensification des incendies.

Alors que la canicule annoncée pour cette semaine aggrave les craintes, la question des moyens de prévention et d’intervention reste au cœur des débats. Les collectivités locales, comme celle de Bordeaux, commencent à organiser des cellules de crise économique pour limiter l’impact des feux de forêt sur les activités locales.

Et maintenant ?

La livraison des deux nouveaux Canadair prévue en 2032 pourrait soulager la flotte à long terme, mais d’ici là, la France devra composer avec des appareils vieillissants et une production aéronautique sous tension. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l’efficacité des moyens actuels, alors que les feux de forêt devraient s’intensifier avec l’aggravation des conditions météorologiques. Le gouvernement, de son côté, continue de défendre sa politique de renforcement des moyens, tout en reconnaissant les limites structurelles de la chaîne de production.

Une polémique qui persiste

Malgré les explications fournies, l’opposition maintient ses critiques. Certains élus locaux et associations demandent une accélération des commandes et une modernisation plus rapide de la flotte. La polémique sur les Canadair illustre les tensions entre les promesses politiques et les réalités industrielles, surtout dans un contexte où les incendies deviennent plus fréquents et plus intenses.

Selon Maud Bregeon, « ils sont mis à l’arrêt pour des périodes extrêmement courtes, quelques heures au maximum, pour réaliser des maintenances ». La flotte, dont l’âge moyen dépasse 30 ans, nécessite des interventions régulières pour rester opérationnelle.

Les deux appareils ne seront disponibles qu’en 2032 en raison de délais de production estimés entre trois et cinq ans, selon les explications de Maud Bregeon.