Le gouvernement français s’apprête à annoncer un « plan pour renforcer la sécurité en mer » ce mardi 26 mai 2026, alors que les accidents impliquant les usagers des littoraux connaissent une hausse marquée chaque été. Cette initiative, dévoilée à l’occasion de l’inauguration des nouveaux locaux du Cross Med – le centre régional de surveillance et de sauvetage de la Méditerranée, situé à La Garde près de Toulon (Var) – prévoit notamment des sanctions pour les comportements à risque en mer, selon Franceinfo - Sport.

Ce qu'il faut retenir

  • La ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, annonce l’introduction de sanctions pour les comportements à risque en mer, comme la vitesse excessive ou l’absence de gilets de sauvetage.
  • En 2025, le Cross Med a coordonné 3 536 opérations de sauvetage (+14 % par rapport à l’année précédente), impliquant 8 072 usagers (+4 %).
  • Près de 80 % des opérations concernent les littoraux des départements du Var, des Bouches-du-Rhône, des Alpes-Maritimes, de la Corse-du-Sud et de l’Hérault.
  • Un décret en discussion au Parlement devrait préciser les « attitudes à risque » et les sanctions associées, notamment des amendes pour les plaisanciers récalcitrants.
  • La ministre souligne la nécessité de développer une « culture du risque » en France, où la fréquentation maritime et les conditions météo sont souvent sous-estimées.
  • Autre volet du plan : l’amélioration de la propreté des eaux littorales, avec la mise aux normes des stations d’épuration et le renforcement des contrôles sur les rejets des bateaux de plaisance.

Un plan annoncé dans un contexte d’augmentation des accidents en mer

Chaque année, l’afflux de plaisanciers et de pratiquants de loisirs nautiques coïncide avec une hausse des interventions des centres de sauvetage maritime. D’après les chiffres communiqués par la préfecture maritime, le Cross Med a enregistré en 2025 une progression significative du nombre d’opérations coordonnées, avec 3 536 interventions, soit une augmentation de 14 % par rapport à l’année précédente. Ces opérations ont concerné 8 072 personnes, un chiffre en hausse de 4 %.

Les littoraux les plus touchés se concentrent dans le sud de la France : le Var, les Bouches-du-Rhône, les Alpes-Maritimes, la Corse-du-Sud et l’Hérault accueillent à eux seuls près de 80 % des interventions. Les causes de ces accidents sont souvent liées à des comportements imprudents, comme une vitesse excessive, l’oubli des équipements de sécurité ou une méconnaissance des conditions météorologiques.

Des sanctions envisagées pour les plaisanciers récalcitrants

Face à cette situation, la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, a confirmé sur ICI Provence que le gouvernement envisage d’instaurer des sanctions pour les usagers ne respectant pas les règles de sécurité. « On va probablement commencer à devoir mettre des sanctions pour des comportements à risque », a-t-elle déclaré ce 26 mai 2026. Elle précise que ces mesures s’inscrivent dans le cadre d’un décret actuellement en discussion au Parlement, qui définira précisément les « attitudes et comportements à risque » visés.

« Il y aura probablement des sanctions payantes. »
— Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche

La ministre a également souligné que la France manque d’une véritable « culture du risque ». « Il fait un temps magnifique, aujourd’hui, la mer est belle, on imagine qu’il n’y a pas de problème. Or il y a beaucoup de fréquentation, il y a parfois de la vitesse excessive, il y a la chaleur, il faut véritablement arriver à développer dans notre pays, à terre comme en mer, la culture du risque », a-t-elle expliqué. Elle ajoute que ces sanctions pourraient s’appliquer aussi bien aux plaisanciers qu’aux pratiquants de sports nautiques.

La propreté des eaux littorales au cœur des préoccupations

Outre la sécurité des usagers, le plan gouvernemental aborde un autre enjeu majeur : la propreté des eaux côtières. Les alertes à la pollution se multiplient déjà en ce mois de mai 2026, comme à Carry-le-Rouet ou à Sausset-les-Pins (Bouches-du-Rhône), où des plages ont dû être fermées en raison de rejets polluants. Catherine Chabaud a rappelé que la pollution des eaux peut provenir de différentes sources, mais qu’elle provient majoritairement de stations d’épuration non conformes aux normes en vigueur.

« La pollution des eaux peut venir aussi de bateaux de plaisance qui ne respectent pas la réglementation, puisque vous devez garder vos eaux noires et grises, mais elle vient majoritairement quand même de stations d’épuration qui ne sont pas encore aux normes », a-t-elle indiqué. Elle met en garde contre les conséquences de l’élévation du niveau de la mer et des épisodes de pluie, qui risquent d’aggraver la situation si des mesures ne sont pas prises rapidement.

Un système de surveillance et de sauvetage sous pression

Cinq Cross (centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage) assurent la couverture de la façade littorale métropolitaine, tandis que deux autres sont dédiés aux départements et régions d’outre-mer. Ces centres traitent chaque année environ 15 000 opérations de sauvetage, venant en assistance à plus de 65 000 personnes. Parmi ces dernières figurent des migrants, des plaisanciers et des pratiquants de loisirs nautiques. Ces chiffres illustrent l’importance des missions dévolues à ces structures, qui doivent faire face à une demande croissante.

L’inauguration des nouveaux locaux du Cross Med à La Garde s’inscrit dans cette dynamique de modernisation et de renforcement des moyens alloués à la sécurité en mer. Ce centre, comme ses homologues, joue un rôle clé dans la coordination des secours et la prévention des accidents, notamment lors des périodes de forte affluence estivale.

Et maintenant ?

Le décret précisant les comportements à risque et les sanctions associées devrait être adopté dans les prochains mois, une fois les discussions parlementaires abouties. En parallèle, des travaux de mise aux normes des stations d’épuration sont d’ores et déjà engagés dans plusieurs départements, avec une échéance fixée à 2027 pour les installations les plus urgentes. Reste à voir si ces mesures, couplées à une campagne de sensibilisation accrue, permettront de réduire significativement le nombre d’accidents et d’incidents en mer.

Pour l’heure, les autorités appellent les plaisanciers et les pratiquants de sports nautiques à redoubler de vigilance, surtout en période de beau temps où le risque de relâchement est plus élevé. La ministre Catherine Chabaud a d’ailleurs rappelé que « la sécurité en mer commence par le respect des règles, et non par la chance ».

D’après les déclarations de la ministre, les comportements visés incluent notamment la vitesse excessive, l’absence de gilets de sauvetage ou d’autres équipements de sécurité obligatoires, ainsi que le non-respect des règles de navigation. Le décret en discussion au Parlement précisera la liste exacte de ces infractions et le montant des sanctions encourues.

Le décret doit être publié après son adoption par le Parlement, ce qui pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026 ou au début de 2027. Les autorités maritimes ont annoncé que les contrôles et les verbalisations commenceront dès l’entrée en vigueur du texte, probablement dès l’été 2027.