Un étudiant parisien et son complice, identifiés comme « cuisinier grossiste » et revendeur de PTC – un e-liquide de cannabis de synthèse hautement concentré –, ont été condamnés le 17 avril 2026 à quatre et trois ans de prison ferme, selon Le Figaro. L’enquête, ouverte le 29 août 2025 par la police judiciaire de Meaux, a révélé un système organisé autour de commandes en cryptomonnaies, de livraisons par colis et de ventes en ligne via Snapchat.
Ce qu'il faut retenir
- Maxime B., étudiant parisien, et Nino K. ont été condamnés respectivement à 4 ans de prison (dont 2 ans avec sursis probatoire) et 3 ans de prison (dont 18 mois avec sursis), selon le parquet de Meaux.
- Le trafic reposait sur la fabrication et la revente d’e-liquide au PTC, un cannabis de synthèse, via des commandes en cryptomonnaies et des livraisons par colis.
- Les enquêteurs ont identifié six commandes d’ADB-Butinaca (molécule classée stupéfiant) entre décembre 2024 et février 2025, réglées en cryptomonnaies et reçues en Seine-et-Marne.
- Les transactions financières, estimées à plusieurs milliers d’euros en 2025, passaient par des comptes prépayés et des plateformes de cryptomonnaies, alimentés via des coupons et cartes achetés en bureau de tabac.
Un réseau structuré autour de la vente en ligne et des livraisons
Les investigations ont débuté après la découverte, par les policiers de Meaux, d’un rôle de « cuisinier » de PTC attribué à Maxime B. Le 25 septembre 2024, ce dernier a été repéré à Monthyon, en compagnie de Nino K., dans un bar-tabac local. Selon les éléments recueillis par Le Figaro, Nino K. y a remis un sac à dos à Maxime B. avant que ce dernier ne quitte les lieux, tandis que Nino K. se rendait à La Poste pour retirer un colis à son nom.
Les vérifications ont montré que ce colis provenait d’un site spécialisé dans les produits pour cigarettes électroniques. Au total, cinq livraisons de ce type avaient été réceptionnées au bureau de poste de Monthyon entre juillet 2024 et février 2025, toutes destinées au duo. Cinq jours plus tard, Nino K. a été observé sur un parking en train de discuter brièvement avec un individu, une scène interprétée par les enquêteurs comme une possible transaction de stupéfiants. Cet homme, Ozkan S., était déjà connu des services de police pour trafic de stupéfiants et purgeait une peine en régime de semi-liberté.
Des saisies et des complices identifiés lors de l’enquête
Dans les jours suivants, Nino K. a été vu en compagnie de trois autres personnes, dont Samir M., déjà visé par une enquête distincte pour trafic de stupéfiants. Arrêté le lendemain dans son véhicule, ce dernier transportait 110 ml de cannabis de synthèse PTC, 203 grammes de résine de cannabis et 3 grammes d’herbe de cannabis. Son téléphone, saisi lors de l’interpellation, contenait des échanges avec Nino K., qui y était désigné comme le « cuisinier grossiste de PTC ».
Les perquisitions et analyses ont confirmé l’implication de Maxime B. dans la préparation des e-liquides. Sur Telegram, les enquêteurs ont découvert des messages détaillant les « recettes » de fabrication, incluant les températures et dosages précis à respecter. Les données financières ont révélé un système sophistiqué de blanchiment via des comptes prépayés et des cryptomonnaies, alimentés en espèces via des coupons et cartes rechargeables achetés dans des bureaux de tabac.
Un coup de filet simultané et des aveux lors des perquisitions
Le 17 février 2026, la police judiciaire de Meaux a lancé une opération de grande envergure, interpellant simultanément Nino K., Maxime B. et trois autres hommes suspectés d’avoir servi de relais pour la réception des colis. Lors de la perquisition au domicile de Nino K., ce dernier a reconnu avoir confectionné et vendu du PTC en ligne, notamment via l’application Snapchat, en assurant lui-même les livraisons. Il a expliqué acheter du PTC concentré auprès de plusieurs fournisseurs, le diluer avec un liquide de base, puis le revendre.
Côté Maxime B., les enquêteurs ont mis au jour un montage financier complexe mêlant comptes prépayés et plateformes de cryptomonnaies. Sur l’année 2025, plusieurs milliers d’euros avaient transité par ces canaux, mais aucun fonds n’a pu être saisi, faute de traces exploitables. Le Figaro souligne que cette organisation illustre l’évolution des méthodes de trafic, combinant dark web, cryptomonnaies et réseaux sociaux pour contourner les contrôles.
Contexte et antécédents judiciaires des protagonistes
Maxime B., étudiant parisien, n’en était pas à son premier contact avec la justice. Un mois et demi avant le déclenchement de cette enquête, son domicile de Meaux avait déjà fait l’objet d’une perquisition dans le cadre d’une autre procédure. Aucune substance illicite n’avait été retrouvée, mais les enquêteurs avaient saisi son téléphone, placé sous scellés. C’est cet appareil qui a permis de lancer l’enquête actuelle, grâce à l’exploitation de ses données et de ses échanges.
Nino K., quant à lui, était déjà connu des services de police pour des faits antérieurs. Son rôle central dans le trafic – à la fois comme revendeur et logisticien – a été confirmé par les saisies et les aveux recueillis lors des perquisitions. Les enquêteurs ont également noté que les livraisons par colis et les ventes via Snapchat correspondaient à une stratégie visant à minimiser les risques d’interpellation directe.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre les trafics de stupéfiants en Île-de-France, où les méthodes de vente en ligne et de paiement par cryptomonnaies se multiplient. Les autorités locales ont rappelé, à plusieurs reprises, l’importance de la coopération entre les services de police, les plateformes numériques et les opérateurs postaux pour démanteler ces réseaux.
Le PTC (ou « Pète ton crâne ») est un e-liquide contenant du cannabis de synthèse, notamment de l’ADB-Butinaca, une molécule classée comme stupéfiant en France. Ce produit est généralement utilisé dans des cigarettes électroniques et peut provoquer des effets psychotropes puissants, parfois dangereux pour la santé. La vente et la détention de PTC sont interdites en France.
Les enquêteurs ont exploité les données du téléphone de Maxime B., saisi lors d’une précédente perquisition. Ils ont découvert six commandes d’ADB-Butinaca réglées en cryptomonnaies entre décembre 2024 et février 2025. Grâce aux registres des plateformes de crypto et aux relevés bancaires, ils ont pu reconstituer les flux financiers et identifier les adresses de portefeuilles numériques utilisées.