À quelques heures du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, prévue du 11 juin au 19 juillet, l’ancien président de la Fifa Sepp Blatter, 90 ans, a accordé un entretien fleuve à Ouest France. Dans cet échange, le Suisse, qui a dirigé l’institution entre 1998 et 2015, n’a pas hésité à s’exprimer sans détour sur le football moderne et son successeur, Gianni Infantino. Entre analyses acerbes et prises de position tranchées, Blatter aborde des sujets aussi variés que la politique sportive, les relations internationales ou encore les figures emblématiques du ballon rond.

Ce qu'il faut retenir

  • Sepp Blatter, président de la Fifa de 1998 à 2015, s’est exprimé longuement sur l’héritage d’Infantino avant la Coupe du monde 2026
  • Il qualifie le football actuel de « tout est manigancé », critiquant ouvertement la gouvernance du président actuel
  • Blatter évoque plusieurs thèmes brûlants : l’influence de Donald Trump, la situation en Iran, le rôle de Didier Deschamps et les méthodes de la Fifa
  • L’entretien a été réalisé à Zurich, en Suisse, où réside toujours l’ancien dirigeant

Un ancien président en désaccord radical avec son successeur

Sepp Blatter, toujours installé à Zurich après son départ controversé de la présidence de la Fifa en 2015, n’a pas caché son opposition aux méthodes de Gianni Infantino. Selon lui, le football mondial est aujourd’hui marqué par une forme de manipulation systématique. « Le football d’Infantino ? Tout est manigancé », a-t-il déclaré sans détour, soulignant par ces mots son scepticisme face à la gestion actuelle de l’instance dirigeante du football. Pour l’ancien patron, cette situation contraste fortement avec l’époque où il occupait le siège présidentiel, qu’il présente comme plus transparente, voire idéaliste.

Des sujets géopolitiques et sportifs passés au crible

Blatter ne s’est pas contenté de critiquer la gouvernance sportive. Il a également abordé des thèmes politiques et sociaux, reflétant une vision globale du football. Parmi les points évoqués, l’influence de l’ancien président américain Donald Trump sur le sport mondial a retenu son attention. Le Suisse a également pointé du doigt la situation en Iran, pays dont la sélection participe à la compétition, et dont les enjeux sociétaux dépassent le cadre strictement sportif. Par ailleurs, il n’a pas manqué de commenter le rôle de Didier Deschamps, actuel sélectionneur de l’équipe de France, qu’il considère comme une figure centrale du football contemporain.

Selon Ouest France, Blatter a également rappelé son attachement aux valeurs traditionnelles du football, souvent mises à mal, selon lui, par les logiques économiques et médiatiques actuelles. Son discours, teinté de nostalgie pour une époque révolue, s’inscrit dans une logique de résistance face à ce qu’il perçoit comme une dérive du sport roi.

« Le football d’Infantino ? Tout est manigancé. On ne joue plus pour le sport, mais pour des intérêts qui n’ont plus rien à voir avec le jeu. »

Un entretien réalisé à Zurich, symbole d’une carrière liée à la Fifa

L’entretien avec Ouest France a été mené à Zurich, ville où Sepp Blatter réside depuis des années et où siège la Fifa. Ce cadre n’est pas anodin : c’est dans cette même ville que la Fédération internationale de football a souvent été le théâtre de décisions majeures, parfois controversées. Blatter, qui a marqué l’histoire du football mondial pendant près de deux décennies, conserve une influence médiatique importante, malgré son retrait officiel des instances dirigeantes. Son analyse, bien que subjective, offre un éclairage unique sur les dérives qu’il impute à l’ère Infantino.

Pour autant, son discours ne se limite pas à une critique systématique. Il a également salué certains aspects du football moderne, notamment la popularité grandissante de la Coupe du monde, qui s’étend désormais à trois pays hôtes pour cette édition 2026 : les États-Unis, le Canada et le Mexique. Une expansion géographique qui, selon lui, pourrait redynamiser l’attractivité du tournoi, malgré les réserves qu’il formule sur sa gouvernance.

Et maintenant ?

La Coupe du monde 2026 s’ouvre officiellement le 11 juin prochain, avec une compétition qui s’annonce déjà sous haute tension médiatique. Les déclarations de Sepp Blatter, bien que subjectives, pourraient alimenter les débats sur la gouvernance du football mondial dans les semaines à venir. Reste à voir si les performances des équipes sur le terrain parviendront à éclipser, ne serait-ce que partiellement, les polémiques récurrentes autour de la Fifa. La prochaine assemblée générale de l’instance, prévue après la compétition, pourrait être l’occasion pour les dirigeants de faire des annonces ou de réagir aux critiques persistantes.

Cette édition 2026, la première à être organisée par trois pays, marque aussi un tournant dans l’histoire de la Coupe du monde. Si les enjeux sportifs restent centraux, les questions de transparence et d’éthique continueront probablement de peser sur le tournoi, à l’image des propos tenus par Blatter.

Blatter, qui a dirigé la Fifa de 1998 à 2015, considère que les méthodes d’Infantino ont transformé le football en un instrument de manipulation, éloigné des valeurs traditionnelles du sport. Il reproche notamment une gouvernance opaque et une priorité donnée aux intérêts économiques plutôt qu’au jeu lui-même.