Près de quatre ans après son dernier match en compétition, Serena Williams a fait sensation mardi sur les courts du Queen's en remportant une victoire en double aux côtés de Victoria Mboko. Selon RMC Sport, cette performance marque un retour en forme pour l'Américaine, âgée de 44 ans, après avoir perdu 15 kilogrammes grâce à un traitement médicamenteux.
Ce qu'il faut retenir
- 15 kg perdus en quelques mois grâce à un traitement par agoniste des récepteurs du GLP-1
- Une victoire en double au Queen's mardi 10 juin 2026, quatre ans après son dernier match en 2022
- Utilisation de l'Ozempic (sémaglutide), un médicament initialement conçu pour le diabète et l'obésité
- Le traitement réduit drastiquement l'appétit et le taux de cholestérol, selon les déclarations de l'Américaine
- L'Agence mondiale antidopage (AMA) surveille depuis 2026 les marqueurs du sémaglutide, sans pour autant l'interdire en compétition
Un retour sur les courts après une retraite de près de quatre ans
Serena Williams a officialisé son grand retour en remportant mardi une victoire en double au prestigieux tournoi du Queen's, aux côtés de la Canadienne Victoria Mboko. Le duo s'est imposé face à la paire Nicole Melichae-Martinez-Erin Routliffe (7-6, 6-2), confirmant ainsi la forme physique retrouvée de l'Américaine. Selon RMC Sport, ce match marque la fin d'une retraite qui avait débuté en septembre 2022, après son dernier match en simple à l'US Open.
Âgée de 44 ans, Serena Williams a toujours été une figure majeure du tennis mondial, avec 23 titres du Grand Chelem à son palmarès. Son retour suscite l'enthousiasme des observateurs, d'autant plus que son niveau physique semble avoir radicalement évolué depuis sa dernière apparition sur les courts.
Un traitement médicamenteux à l'origine de sa transformation physique
Dans une interview accordée à NBC en janvier 2025, Serena Williams avait révélé avoir perdu 15 kg grâce à un traitement médicamenteux. « Parfois, quoi que vous fassiez, peu importe le nombre de pas que vous faites ou le nombre de kilomètres que vous parcourez, vous n'arrivez tout simplement pas à franchir ce cap », avait-elle expliqué. « Je le sais pertinemment. En tant que femme, avec l'âge, je n'ai absolument pas réussi à franchir ce cap. »
Ce traitement, débuté en août 2025, repose sur des agonistes des récepteurs du GLP-1, une hormone intestinale qui diminue l'appétit. Selon RMC Sport, Serena Williams a utilisé le médicament Ozempic (sémaglutide), produit par la société Ro, dont son mari, Alexis Ohanian, est investisseur et membre du conseil d'administration. D'autres médicaments comme Mounjaro, Zepbound ou Wegovy fonctionnent selon le même principe et sont également utilisés pour la gestion du poids ou le traitement du diabète.
Des résultats spectaculaires, mais un traitement à vie
Les effets de ce traitement ont été immédiats et visibles. Serena Williams a non seulement perdu du poids, mais a également constaté une baisse significative de son taux de cholestérol. « J'avais des facteurs de risque de maladie cardiaque, et je ne le savais même pas », a-t-elle déclaré. « C'est assez effrayant, et c'est la première cause de mortalité aux États-Unis. J'aurais pu faire partie des statistiques. »
Cependant, l'Américaine a précisé qu'il s'agissait d'un traitement à vie, dont l'arrêt pourrait entraîner une reprise de poids de 4,5 kg dès l'année suivante. Elle a insisté sur les bienfaits de cette solution, tout en reconnaissant les interrogations qu'elle soulève, notamment dans le milieu du sport de haut niveau.
Les risques et limites d'un tel traitement pour les sportifs
Valentin Lacroix, nutritionniste spécialisé dans le sport de haut niveau, a mis en garde contre les effets potentiels de ce type de médicament lors d'une interview accordée à L'Équipe. « Si tu prends ce médicament dans des phases d'entraînement intenses, tu vas avoir des déficits », a-t-il expliqué. « La meilleure 'fenêtre d'utilisation' serait en période de vacances ou de coupure, car c'est un gain de temps énorme pour limiter la prise de poids. Mais les risques sont déjà relatés dans la littérature pour les malades sur la fonte musculaire, car ça coupe vraiment l'appétit. »
Selon lui, une absence de musculation pourrait entraîner une perte de force et de masse musculaire, ce qui constituerait un frein à la performance. « Tu rentres dans un cercle vicieux. À long terme, c'est délicat », a-t-il conclu. Ces mises en garde soulèvent des questions sur l'équilibre entre les bénéfices immédiats et les risques potentiels pour les athlètes utilisant de tels traitements.
Un cadre réglementaire encore flou en matière de dopage
L'Agence mondiale antidopage (AMA) a inscrit en 2026 les marqueurs du sémaglutide sur sa liste de surveillance. Cela signifie que la substance est sous observation, mais qu'elle n'est pas encore interdite en compétition. Serena Williams s'est soumise sans difficulté aux contrôles antidopage préalables à son retour, confirmant ainsi la légalité de son traitement.
Cette situation illustre les débats actuels autour des médicaments amaigrissants dans le sport. Bien que ces produits ne soient pas classés comme dopants, leur utilisation soulève des questions éthiques et sanitaires, notamment en raison de leurs effets secondaires potentiels sur la composition corporelle des athlètes.
Ce retour marque également une nouvelle étape pour Serena Williams, qui, à 44 ans, continue de repousser les limites de ce qui est possible dans le sport professionnel. Son expérience et sa détermination pourraient servir de référence pour les générations futures de sportifs.
L'Agence mondiale antidopage (AMA) a placé le sémaglutide, principe actif de l'Ozempic, sur sa liste de surveillance en 2026. Cette mesure vise à évaluer son utilisation dans le sport, bien qu'il ne soit pas encore interdit en compétition. Cette surveillance s'inscrit dans un contexte plus large d'analyse des médicaments amaigrissants et de leurs effets sur la performance sportive.
Outre l'Ozempic (sémaglutide), d'autres médicaments comme Mounjaro (tirzépatide), Zepbound et Wegovy fonctionnent selon le même principe d'agonistes des récepteurs du GLP-1. Ces produits sont initialement conçus pour le traitement du diabète ou la gestion du poids, mais leur utilisation s'est popularisée dans le cadre de la perte de poids.