Dans une petite maison du 99 rue de Cerisé, à Alençon (Orne), la maladie d’Alzheimer a pris toute la place. Depuis 2013, elle s’est immiscée dans la vie de Liliane et Serge Valentiny, un couple marié depuis 56 ans, et ne compte pas lâcher prise. Selon nos confères de Ouest France, Serge, 75 ans, s’est imposé comme l’aidant principal de son épouse, Liliane, 73 ans, dont le diagnostic officiel est tombé trois ans après les premiers signes.
Ce qu'il faut retenir
- Serge et Liliane Valentiny sont un couple de 75 et 73 ans, installés à Alençon (Orne) depuis des décennies.
- La maladie d’Alzheimer s’est déclarée en 2013, avec un diagnostic confirmé en 2016.
- Serge, aidant familial, a choisi de rester à ses côtés malgré l’évolution de la maladie.
- Tous deux ont connu une enfance difficile, placés en famille d’accueil dès leur plus jeune âge.
- Leur rencontre en 1962 à Lisieux a marqué le début d’une relation qui a traversé le temps.
Leur quotidien est désormais rythmé par les défis posés par la maladie. « L’amour persiste même quand les souvenirs s’effacent », confie Serge Valentiny. Depuis 2013, le champ des possibles se réduit progressivement, mais le septuagénaire refuse de baisser les bras. Son engagement illustre une réalité vécue par des milliers d’aidants en France, souvent confrontés à un double combat : accompagner un proche atteint de troubles cognitifs et faire face à l’isolement que peut engendrer une telle situation.
Serge et Liliane Valentiny ne sont pas des inconnus dans l’univers des aidants. Leur parcours personnel ajoute une dimension particulière à leur histoire. Tous deux ont été placés en famille d’accueil dès leur plus jeune âge, en raison de parents incapables de s’occuper d’eux. Cette enfance difficile les a rapprochés, au point de se rencontrer à Lisieux en 1962, alors qu’ils étaient tous deux confiés à une même nourrice, surnommée « Tata ». C’est dans cette maison qu’ils ont appris, ensemble, à réparer leurs blessures. Leur mariage, célébré quelques années plus tard, scellera une union qui résiste aujourd’hui à l’épreuve du temps et de la maladie.
Un amour inconditionnel face à l’évolution de la maladie
Liliane et Serge Valentiny incarnent une forme de résilience face à l’Alzheimer. Depuis 2016, Serge assume pleinement son rôle d’aidant familial, un engagement qui transforme radicalement son existence. « Tenir debout pour deux », résume-t-il sobrement. Chaque jour, il s’occupe de Liliane, gère les tâches quotidiennes et tente de préserver ce qui reste de leur vie commune. La maladie, d’abord discrète, a progressivement pris le dessus, réduisant peu à peu l’autonomie de Liliane. Pourtant, Serge reste déterminé. Son histoire rappelle celle de nombreux couples confrontés à cette pathologie, où l’amour et la patience deviennent les piliers d’un quotidien bouleversé.
Les aidants comme Serge Valentiny sont souvent les grands oubliés des politiques publiques. Leur dévouement est essentiel, mais il s’accompagne de défis personnels et financiers considérables. Un rapport récent soulignait d’ailleurs la détresse psychologique et financière de certains aidants, notamment en Vendée. Si les dispositifs d’aide existent, leur accès reste inégal et leur efficacité variable. Pour Serge, la priorité est claire : continuer à accompagner Liliane, malgré les difficultés croissantes.
Un parcours marqué par l’enfance et la résilience
L’enfance de Serge et Liliane Valentiny a été marquée par la séparation familiale. Tous deux ont été placés en famille d’accueil, une expérience qui a façonné leur caractère et leur relation. Leur rencontre à Lisieux, en 1962, a été un tournant. Dans cette maison où ils ont trouvé refuge, ils ont appris à surmonter leurs blessures passées. Leur mariage, quelques années plus tard, a scellé une promesse de vie commune, malgré les épreuves à venir.
Leur histoire illustre aussi la complexité des parcours de vie des aidants. Beaucoup d’entre eux ont connu des difficultés personnelles avant de s’engager dans cette mission. Serge et Liliane en sont un exemple frappant : leur enfance difficile les a rendus plus forts, mais aussi plus vulnérables face aux aléas de la vie. Aujourd’hui, alors que la maladie d’Alzheimer dicte leur quotidien, leur résilience reste leur meilleur atout.
« Tenir debout pour deux » — Serge Valentiny, aidant familial de son épouse Liliane, atteinte d’Alzheimer.
Le témoignage de Serge Valentiny rappelle que l’Alzheimer ne se résume pas à une perte de mémoire : c’est une épreuve qui transforme les vies, celles des patients comme celles de leurs proches. Face à cette réalité, les aidants familiaux restent les acteurs incontournables d’un système qui peine encore à les reconnaître pleinement.