La nouvelle a fait l’effet d’un séisme dans le milieu du cinéma indépendant français. Selon Libération, le distributeur Shellac, fondé par Thomas Ordonneau, a été placé en liquidation judiciaire. Cette décision officielle met un terme à une aventure entrepreneuriale qui a marqué plusieurs générations de réalisateurs et spectateur, tout en laissant subsister les branches production et exploitation de l’entreprise.

Ce qu'il faut retenir

  • Le fondateur de Shellac, Thomas Ordonneau, a annoncé la liquidation judiciaire de la société, selon Libération.
  • Les activités de production et d’exploitation cinématographique restent maintenues et continuent de fonctionner.
  • Shellac a joué un rôle clé dans la promotion de réalisateurs comme Justine Triet, Miguel Gomes ou Sophie Letourneur.

Un distributeur au cœur de l’écosystème du cinéma d’auteur

Fondé il y a plusieurs décennies, Shellac s’est imposé comme un acteur incontournable du cinéma indépendant en France. Le distributeur a accompagné la carrière de nombreux réalisateurs, contribuant à faire connaître des œuvres marquantes auprès du public. Parmi eux, Justine Triet – dont le film Anatomie d’une chute a remporté la Palme d’Or en 2023 –, Miguel Gomes, réalisateur portugais salué pour ses œuvres comme Tabou, ou encore Sophie Letourneur, connue pour des films comme La Vie domestique, ont tous bénéficié du soutien de Shellac.

Selon des observateurs du secteur, le distributeur a permis à des films considérés comme « difficiles » d’accès de trouver leur public, notamment en salles. Shellac a ainsi incarné une certaine idée du cinéma comme art exigeant, loin des blockbusters commerciaux. Pourtant, malgré cette reconnaissance critique et artistique, l’entreprise n’a pu éviter la liquidation judiciaire.

Une liquidation judiciaire qui n’épargne pas toutes les activités

La décision de liquidation judiciaire concerne spécifiquement la structure juridique associée à l’activité historique de distribution de Shellac. Thomas Ordonneau a précisé que les deux autres branches de l’entreprise – la production et l’exploitation cinématographique – continueront de fonctionner normalement. Autrement dit, les films déjà en production ou en diffusion ne seront pas directement impactés par cette procédure.

Cette situation soulève cependant des questions sur l’avenir du catalogue distribué par Shellac. Les droits des films déjà sortis pourraient-ils être transférés à un autre distributeur ? Les contrats en cours seront-ils honorés ? Pour l’instant, ces aspects restent flous, et le fondateur n’a pas communiqué de détails supplémentaires sur les modalités de la liquidation.

Un contexte économique difficile pour les distributeurs indépendants

La liquidation de Shellac s’inscrit dans un contexte plus large de difficultés pour les distributeurs de cinéma indépendant en France. Entre la baisse de fréquentation en salles, la concurrence accrue des plateformes de streaming et la hausse des coûts de production et de distribution, les marges de manœuvre se réduisent pour les petites structures. Comme l’a rappelé Thomas Ordonneau dans son annonce, « les défis économiques actuels rendent la survie des acteurs indépendants de plus en plus précaire ».

Shellac n’est d’ailleurs pas le premier distributeur à connaître des difficultés financières ces dernières années. Plusieurs autres sociétés spécialisées dans le cinéma d’auteur ont dû fermer leurs portes ou fusionner pour survivre. Ce phénomène interroge sur la capacité du secteur à préserver une diversité culturelle dans un paysage audiovisuel de plus en plus dominé par les grands groupes.

Et maintenant ?

La liquidation judiciaire de Shellac ouvre une période d’incertitude pour ses partenaires, ses réalisateurs et ses employés. Les prochaines semaines devraient apporter des précisions sur le sort réservé aux actifs de l’entreprise et sur la reprise éventuelle de son catalogue. Une assemblée générale des créanciers est attendue d’ici la fin du mois de mai 2026 pour statuer sur le devenir de la structure. D’ici là, les branches production et exploitation continueront de fonctionner, mais leur stabilité dépendra de la rapidité avec laquelle un repreneur ou un plan de continuation sera trouvé.

Quant au public, il pourrait ne pas être directement affecté : les films déjà sortis ou en diffusion devraient rester disponibles en salles ou sur les plateformes qui les distribuent actuellement. Reste à savoir si un nouveau distributeur reprendra le flambeau de Shellac pour poursuivre sa mission de promotion du cinéma indépendant.

Pour l’instant, aucun changement n’est annoncé pour les films déjà sortis ou en diffusion. Les droits et contrats en cours devraient être honorés, mais un repreneur ou un nouveau distributeur pourrait être nécessaire pour assurer la continuité de l’activité.

Non. Selon l’annonce de Thomas Ordonneau, les activités de production et d’exploitation cinématographique de Shellac restent en activité et ne sont pas affectées par la liquidation judiciaire.