Trois astronautes chinois ont atterri ce samedi 30 mai 2026 en Mongolie-Intérieure après avoir passé près de sept mois en orbite à bord de la station spatiale Tiangong, selon Le Monde. Cet équipage, composé des taïkonautes Tang Hongbo, Tang Shengjie et Jiang Xinlin, établit ainsi un nouveau record national pour la durée d’une mission habitée dans l’espace.

Ce qu'il faut retenir

  • Les trois astronautes de la mission Shenzhou-21 ont atterri en Mongolie-Intérieure après 214 jours en orbite.
  • Ils ont battu le précédent record chinois de séjour en orbite, détenu depuis 2021 par l’équipage de Shenzhou-13 avec 182 jours.
  • La mission s’est déroulée à bord de la station spatiale Tiangong, dont la construction a été achevée fin 2022.
  • Les taïkonautes ont mené des expériences scientifiques et techniques en apesanteur, ainsi que des sorties extravéhiculaires.

Une mission de longue durée pour consolider l’autonomie spatiale de la Chine

L’équipage de Shenzhou-21 a quitté la Terre le 26 octobre 2025 depuis le centre spatial de Jiuquan, dans le désert de Gobi. Leur retour marque l’aboutissement de la première mission de longue durée à bord de Tiangong, une station spatiale chinoise composée de trois modules : Tianhe, Wentian et Mengtian. Selon les responsables de l’Agence spatiale chinoise (CNSA), cette mission avait pour objectif principal de valider les capacités de la station à accueillir des équipages sur de longues périodes, une étape clé pour les ambitions spatiales de Pékin.

Pendant leur séjour, les trois astronautes ont réalisé des expériences en biologie, physique et médecine spatiale. Ils ont également effectué des tests sur les systèmes de support vie et les technologies de recyclage des ressources à bord. Tang Hongbo, qui effectuait son troisième vol spatial, a souligné l’importance de ces missions pour préparer les futures expéditions lunaires chinoises, évoquées par les autorités depuis plusieurs années.

Un atterrissage réussi après une rentrée atmosphérique maîtrisée

L’atterrissage de la capsule de retour s’est déroulé sans encombre dans la région de Dongfeng, en Mongolie-Intérieure, où les équipes de récupération étaient en attente. Les images diffusées par la télévision d’État chinoise montrent la capsule posée à terre, entourée de véhicules et de personnel en combinaison de protection. Les trois astronautes sont sortis de la capsule sous les applaudissements des équipes au sol, apparemment en bonne santé malgré les effets d’une rentrée atmosphérique à haute vitesse.

Selon la CNSA, leur état de santé a été rapidement évalué par des médecins. Les premiers examens n’ont révélé aucune anomalie majeure, bien que les astronautes devront suivre une période de réadaptation physique pour retrouver leur pleine capacité après plusieurs mois en microgravité. « La mission s’est déroulée comme prévu, et les résultats scientifiques obtenus seront précieux pour les prochaines expéditions », a déclaré un porte-parole de l’agence, cité par Le Monde.

Tiangong : une station spatiale en pleine expansion

La station Tiangong, dont le nom signifie « Palais céleste », est le joyau du programme spatial habité chinois. Depuis son assemblage final en 2022, elle sert de laboratoire en orbite basse, à environ 400 kilomètres d’altitude. Contrairement à la Station spatiale internationale (ISS), dont la Chine est exclue en raison des restrictions américaines, Tiangong est entièrement conçue et opérée par Pékin. Elle est également prévue pour accueillir des astronautes étrangers dans les années à venir, une ouverture annoncée par les autorités chinoises.

Avec la mission Shenzhou-21, la Chine démontre sa capacité à maintenir une présence humaine permanente dans l’espace. « Nous avons prouvé que notre station est opérationnelle et prête pour des missions de longue durée », a indiqué un responsable du Centre de contrôle aérospatial de Pékin. La prochaine mission habitée, Shenzhou-22, est déjà programmée pour le second semestre 2026, avec un nouvel équipage qui poursuivra les expériences scientifiques et les préparatifs pour l’assemblage de nouveaux modules.

Et maintenant ?

La Chine devrait maintenir un rythme soutenu de missions vers Tiangong, avec au moins deux lancements habités prévus chaque année jusqu’en 2030. L’objectif affiché reste la préparation des futures missions lunaires habitées, un projet pour lequel Pékin a déjà sélectionné un groupe d’astronautes et développé un nouveau vaisseau spatial. Une mission de ravitaillement automatique, Tianzhou-10, est également attendue d’ici la fin de l’année pour ravitailler la station en consommables et équipements. Reste à voir si ces échéances seront tenues, compte tenu des défis techniques et budgétaires inhérents à tout programme spatial ambitieux.

Avec ce retour réussi, la Chine consolide sa place parmi les grandes nations spatiales, aux côtés des États-Unis, de la Russie et de l’Europe. Les données recueillies lors de Shenzhou-21 serviront également à affiner les plans pour la future station lunaire internationale, un projet auquel Pékin participe aux côtés de Moscou.