La Chine poursuit le développement de son programme spatial habité avec le lancement réussi de la mission Shenzhou-23, comme le rapporte Libération. Ce dimanche 24 mai 2026, une fusée Longue Marche 2F a décollé du centre spatial de Jiuquan, dans le désert de Gobi, pour acheminer un équipage de trois taïkonautes vers la station spatiale Tiangong. L’objectif affiché : une mission d’endurance record de près d’un an, soit environ 350 jours, dans l’orbite terrestre basse.

Ce qu'il faut retenir

  • Lancement effectué ce dimanche 24 mai 2026 depuis le centre spatial de Jiuquan (désert de Gobi)
  • Mission Shenzhou-23 : un équipage de 3 taïkonautes à destination de la station Tiangong
  • Durée prévue de la mission : 350 jours, jusqu’en 2027
  • Fusée utilisée : Longue Marche 2F, lanceur lourd chinois
  • Tiangong : station spatiale chinoise en orbite depuis 2021, toujours en construction
  • Objectif scientifique : tester les limites de l’endurance humaine en apesanteur

Une étape majeure pour le programme spatial chinois

Ce lancement marque une nouvelle étape pour le programme spatial habité chinois, qui ambitionne de rivaliser avec les grandes puissances spatiales. Selon Libération, la mission Shenzhou-23 s’inscrit dans la stratégie de la Chine visant à maintenir une présence permanente en orbite terrestre. La station Tiangong, composée actuellement de trois modules, sert de laboratoire pour des expériences scientifiques et technologiques.

Parmi les trois membres d’équipage, l’un d’eux restera à bord de Tiangong jusqu’en 2027, établissant ainsi un nouveau record de durée pour un vol habité chinois. Les deux autres taïkonautes effectueront un séjour plus court, avant de revenir sur Terre dans les prochains mois. Cette mission prolongée permettra d’étudier les effets de l’apesanteur sur le corps humain sur le très long terme, un enjeu crucial pour les futures expéditions vers la Lune ou Mars.

Tiangong, un laboratoire orbital en pleine expansion

La station Tiangong, dont le nom signifie « Palais céleste », est le fleuron du programme spatial chinois. Comme le précise Libération, elle a été assemblée en orbite entre 2021 et 2023 et est conçue pour une durée de vie opérationnelle d’au moins dix ans. Composée de trois modules principaux – un module central Tianhe et deux laboratoires Wentian et Mengtian –, Tiangong peut accueillir jusqu’à six taïkonautes en rotation.

Cette mission intervient alors que la Chine accélère le développement de ses infrastructures spatiales. En parallèle de Tiangong, Pékin travaille sur une base lunaire et prépare des missions habitées vers la Lune d’ici 2030. La réussite de Shenzhou-23 est donc un test clé pour valider les technologies et les protocoles nécessaires à ces ambitions futures.

Un défi technique et humain

Rester près d’un an en apesanteur représente un défi à la fois physique et psychologique pour les taïkonautes. D’après les informations rapportées par Libération, l’équipage de Shenzhou-23 a suivi un entraînement spécifique pour résister à l’isolement, aux radiations et à la perte de masse musculaire. Des systèmes de recyclage d’air et d’eau, ainsi que des exercices physiques quotidiens, seront essentiels pour maintenir leur santé.

Le retour sur Terre de l’équipage principal est prévu pour avril 2027. D’ici là, la Chine prévoit déjà d’envoyer deux nouvelles missions habitées vers Tiangong, dont une rotation d’équipage et une mission de ravitaillement. Ces rotations permettront de maintenir une présence continue dans l’espace, un objectif que seules la Russie (avec l’ISS) et la Chine ont atteint jusqu’à présent.

Et maintenant ?

La réussite de la mission Shenzhou-23 pourrait accélérer les projets chinois de station lunaire internationale, en collaboration avec la Russie. D’ici la fin de l’année 2026, la Chine devrait lancer le module Mengtian-2, qui complétera Tiangong et permettra d’accueillir davantage d’expériences scientifiques. Par ailleurs, les données recueillies pendant cette mission prolongée seront analysées pour préparer les futures expéditions habitées vers la Lune et, à plus long terme, vers Mars.

Avec ce vol, la Chine confirme sa place parmi les grandes nations spatiales. Si les objectifs sont atteints, Tiangong pourrait devenir la seule station spatiale opérationnelle après le retrait de l’ISS, prévu autour de 2030. Une réalité qui redéfinit l’équilibre géopolitique de l’exploration spatiale.