Une enquête pénale a été ouverte à l'encontre de l'enseigne Shiva, spécialisée dans les services de ménage à domicile, après des accusations de travail dissimulé. Selon BFM Business, trois agents de ménage reprochent à la société de se comporter en employeur sans respecter les obligations légales liées au statut de salarié.

L'enquête a été ouverte ce samedi 13 juin 2026, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier et du parquet de Paris. Shiva, qui appartient au groupe Domia, est accusée par ces trois employés d'avoir agi comme un mandataire entre les particuliers et les agents de ménage, alors qu'elle exercerait en réalité un contrôle direct sur ces travailleurs, sans leur accorder les protections sociales ni les droits attachés à un contrat de travail classique.

Ce qu'il faut retenir

  • Une enquête pénale a été ouverte contre l'enseigne Shiva, filiale du groupe Domia, pour travail dissimulé.
  • Trois agents de ménage estiment que Shiva agissait en tant qu'employeur déguisé, sans respecter les obligations légales.
  • L'enseigne est accusée de se présenter comme un simple facilitateur entre clients et travailleurs, alors qu'elle exercerait un contrôle direct sur les agents.
  • Shiva conteste catégoriquement ces accusations et affirme ne commettre aucune infraction.
  • L'enquête a été lancée le 13 juin 2026 par le parquet de Paris, d'après une source proche du dossier.

Des accusations de travail dissimulé ciblant Shiva

Trois agents de ménage ont porté plainte contre Shiva, une enseigne bien connue du secteur des services à la personne. Selon leurs revendications, rapportées par BFM Business, l'entreprise se présenterait comme un intermédiaire, un mandataire facilitant la mise en relation entre les particuliers et les travailleurs indépendants. Pourtant, les plaignants estiment que Shiva exercerait en réalité un contrôle hiérarchique sur leur activité, fixant leurs horaires, leurs tarifs et leurs conditions de travail, comme le ferait un employeur classique.

Cette situation, s'ils ont raison, constituerait un travail dissimulé, une pratique illégale passible de sanctions pénales. En France, le travail dissimulé est défini par le Code du travail comme toute activité exercée à titre lucratif en dissimulant tout ou partie de l'activité, des rémunérations ou de l'emploi salarié. Les trois agents concernés pourraient ainsi prétendre à un statut de salarié rétroactif, assorti de rappels de cotisations sociales et d'indemnités.

Shiva rejette toute infraction et défend son modèle

Contactée par l'AFP, l'enseigne Shiva a fermement contesté les accusations portées à son encontre. Dans un communiqué transmis à BFM Business, la direction de Shiva a affirmé que son modèle reposait sur un partenariat transparent avec les agents de ménage, qu'elle considère comme des indépendants. Elle rejette toute idée de relation employeur-employé, soulignant que les travailleurs sont libres d'accepter ou de refuser les missions proposées.

Le groupe Domia, auquel Shiva appartient, n'a pas encore réagi officiellement à l'ouverture de cette enquête. Pour autant, la société pourrait invoquer la jurisprudence récente en matière de plateformes numériques, qui tend à reconnaître le statut d'indépendant à certains travailleurs, malgré les contraintes opérationnelles imposées. Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de tensions autour du statut des travailleurs des plateformes, souvent critiquées pour leur modèle économique basé sur la flexibilité et le contournement des protections sociales.

Une enquête aux enjeux juridiques et économiques majeurs

L'ouverture de cette enquête pénale intervient alors que les pouvoirs publics et les juridictions françaises multiplient les audits sur les modèles économiques des plateformes de services à la personne. En 2024, plusieurs décisions de justice ont déjà donné raison à des travailleurs ayant obtenu la requalification de leur statut en salarié, notamment dans le secteur de la livraison et du transport. Shiva pourrait donc se retrouver dans une position similaire, avec des conséquences financières et juridiques potentiellement lourdes.

Si l'enquête aboutissait à une condamnation, Shiva pourrait être condamnée à des amendes pénales, des rappels de cotisations sociales et des indemnités de licenciement pour les travailleurs concernés. Le montant de ces sanctions pourrait s'élever à plusieurs millions d'euros, selon les estimations des juristes spécialisés dans le droit du travail. Par ailleurs, une telle décision pourrait inciter d'autres travailleurs ou syndicats à engager des procédures similaires contre des enseignes concurrentes, comme Helpling ou O2.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de l'enquête devraient permettre de déterminer si Shiva a bien exercé un contrôle effectif sur les agents de ménage, ce qui caractériserait le travail dissimulé. Les investigations pourraient s'étendre sur plusieurs mois, le temps de recueillir les témoignages des plaignants et d'auditionner la direction de l'enseigne. Une éventuelle décision de justice pourrait intervenir d'ici la fin de l'année 2026, voire début 2027, selon la complexité du dossier. En attendant, Shiva continue de fonctionner selon son modèle actuel, sous réserve des éventuelles mesures provisoires que le parquet pourrait décider d'imposer.

Cette affaire illustre les tensions persistantes autour du statut des travailleurs des plateformes, un sujet qui divise aussi bien les entreprises que les pouvoirs publics. Alors que certains plaident pour une régulation plus stricte, d'autres défendent la flexibilité offerte par ces modèles économiques. Le débat reste ouvert, et cette enquête pourrait bien en devenir un nouveau chapitre.

Le travail dissimulé désigne une activité exercée en dissimulant tout ou partie de l’activité, des rémunérations ou de l’emploi salarié. Dans le cas de Shiva, les trois agents de ménage accusent l’enseigne de se comporter en employeur (fixation des horaires, des tarifs, contrôle de l’activité) sans leur accorder les droits liés à un contrat de travail, comme les cotisations sociales ou les congés payés.

Si Shiva était condamnée, elle pourrait encourir des amendes pénales, des rappels de cotisations sociales pour les travailleurs concernés, ainsi que des indemnités de licenciement. Les montants pourraient atteindre plusieurs millions d’euros, en fonction du nombre d’agents concernés et de la durée des contrats dissimulés. Une telle décision pourrait aussi inciter d’autres travailleurs à engager des procédures similaires contre des enseignes concurrentes.