Alors que La Bataille de Gaulle, second volet du diptyque réalisé par Antonin Baudry, s’apprête à investir les salles françaises ce vendredi 10 juillet 2026, l’acteur Simon Abkarian s’apprête à incarner l’homme qui a dit « non » à l’occupant nazi. Une rencontre organisée par Le Figaro permet de revenir sur les enjeux d’un rôle qui marque un tournant dans la carrière de l’artiste, habitué aux rôles complexes et aux performances saluées par la critique.

Ce qu'il faut retenir

  • Simon Abkarian incarne Charles de Gaulle dans La Bataille de Gaulle, second volet du diptyque d’Antonin Baudry, sorti en salles le 10 juillet 2026.
  • L’acteur, né en 1962 à Gonesse, a vécu la guerre civile libanaise avant de s’installer en France en 1985, où il a débuté au Théâtre du Soleil sous la direction d’Ariane Mnouchkine.
  • Abkarian a remporté trois Molières en 2020 pour sa pièce Électre des bas-fonds, confirmant son talent de dramaturge.
  • Le tournage du film s’est achevé récemment, avec un budget inférieur à un million d’euros pour une fresque historique ambitieuse.

Dans un café parisien près de Beaubourg, l’acteur raconte son immersion dans l’univers du général de Gaulle, un rôle qui suscite à la fois curiosité et admiration. « Dans la rue, certains me donnent du « Mon général », confie-t-il en souriant. C’est mieux que « Mon caporal ». » Une anecdote qui illustre l’attachement que porte une partie du public à ce personnage historique, plus de soixante ans après sa disparition. Né à Gonesse en 1962, Simon Abkarian a grandi au Liban, où il a vécu les premiers mois de la guerre civile en 1975-1976. De retour en France en 1980, il part brièvement à Los Angeles avant de s’établir définitivement en France cinq ans plus tard, où il entame une carrière théâtrale au sein de la troupe d’Ariane Mnouchkine. Une formation qui a forgé son approche du métier d’acteur, entre rigueur et engagement.

Avant de rejoindre le casting de La Bataille de Gaulle, Abkarian s’est distingué par des rôles variés au cinéma et à la télévision, notamment dans la série Kaboul Kitchen. Son talent pour l’écriture dramatique a également été reconnu en 2020, lorsqu’il a remporté trois Molières pour sa pièce Électre des bas-fonds. Une consécration qui confirme sa polyvalence, à la fois devant et derrière la caméra. « Ce rôle de de Gaulle, c’est un défi à la hauteur de mon parcours, explique-t-il. Il y a cette dimension historique, mais aussi cette humanité que j’ai voulu saisir. » Une approche qui séduit Antonin Baudry, le réalisateur, selon qui l’acteur incarne « l’incarnation même de la résistance et de la détermination ».

Un rôle qui marque un tournant dans sa carrière

Si Simon Abkarian a déjà porté des costumes prestigieux, celui du général de Gaulle représente une nouvelle étape. « Quand on m’a proposé ce rôle, j’ai tout de suite vu le défi, reconnaît-il. De Gaulle, ce n’est pas seulement un personnage historique, c’est un mythe. Il faut trouver l’équilibre entre la légende et l’homme. » Pour y parvenir, l’acteur a plongé dans les archives, étudié les discours, les gestes, et même les silences de l’homme du 18 Juin. Une immersion nécessaire pour donner vie à un personnage aussi iconique que controversé. « Ce qui m’a frappé, c’est cette détermination sans faille, cette certitude d’incarner la France libre quand tout semblait perdu. C’est ça, le génie de de Gaulle. »

Le film, dont le premier volet est sorti en 2024, s’inscrit dans une démarche ambitieuse : raconter les heures sombres de l’Occupation et la naissance de la France libre à travers le prisme d’un homme qui a refusé la défaite. Un projet qui a mobilisé une équipe réduite, avec un budget estimé à moins d’un million d’euros, mais une ambition artistique à la hauteur des attentes. « On ne fait pas un film sur de Gaulle comme on ferait un film sur n’importe quel autre personnage, souligne Antonin Baudry. C’est un sujet qui touche à l’identité même de la France. »

De Gonesse au Liban : un parcours marqué par l’Histoire

Le parcours de Simon Abkarian est indissociable des grands bouleversements du XXe siècle. Né en région parisienne, il a passé son adolescence au Liban, où la guerre civile a éclaté en 1975. Une expérience qui a façonné sa vision du monde et renforcé sa capacité à incarner des rôles exigeants. « Ces années au Liban m’ont appris une chose : la résilience. Quand on vit dans un pays en guerre, on comprend ce que signifie se battre pour ses convictions. » Une philosophie qui résonne avec le personnage de de Gaulle, lui-même confronté à l’épreuve de l’exil et de la résistance. De retour en France en 1980, il entame une formation théâtrale avant de se tourner vers le cinéma. Une transition naturelle pour un acteur qui a toujours cherché à repousser les limites de son art.

Son passage au Théâtre du Soleil, sous la direction d’Ariane Mnouchkine, a été déterminant. « Ariane m’a appris à ne pas avoir peur du silence, à trouver la puissance dans l’économie de moyens. C’est une école qui m’a formé pour tous mes rôles, y compris celui de de Gaulle. » Une école de la rigueur, où chaque geste, chaque regard compte. Une philosophie qui transparaît dans La Bataille de Gaulle, où l’acteur doit incarner à la fois la force et la vulnérabilité du personnage historique.

Un film entre fresque historique et réflexion contemporaine

Selon Le Figaro, La Bataille de Gaulle se présente comme une fresque ambitieuse, mêlant reconstitution historique et réflexion sur le pouvoir. Le film aborde notamment les doutes de de Gaulle face à l’avenir de la France, alors que le pays est à genoux après la défaite de 1940. « Ce n’est pas un film hagiographique, précise Antonin Baudry. On montre un homme qui doute, qui se trompe, qui hésite. C’est ça, la grandeur de de Gaulle : il a su incarner l’espoir quand tout semblait perdu. » Une approche qui séduit la critique, comme en témoignent les premières projections du premier volet, salué pour son ambition et son réalisme.

Le second volet, attendu pour ce 10 juillet 2026, devrait approfondir cette dimension en explorant les rapports de de Gaulle avec ses alliés, mais aussi avec les Français de l’intérieur. « Le film montre que la France libre n’était pas une évidence, explique le réalisateur. Il y avait des divisions, des hésitations, des trahisons. Et de Gaulle, lui, a su incarner l’unité. » Une réflexion qui résonne particulièrement à une époque où les divisions politiques et sociales sont souvent mises en avant.

Et maintenant ?

Si le second volet du diptyque est attendu en salles dès demain, les discussions autour du projet ne font que commencer. Antonin Baudry n’exclut pas, à terme, d’envisager une suite ou une adaptation pour la télévision, voire une série qui explorerait d’autres facettes de la vie du général. Quant à Simon Abkarian, il pourrait retrouver prochainement un costume de héros historique : l’acteur a été pressenti pour incarner Spider-Man dans Brand New Day, dont la sortie est prévue le 31 juillet 2026. Une nouvelle incarnation, mais toujours avec la même exigence artistique.

Pour l’heure, les salles parisiennes et françaises s’apprêtent à découvrir La Bataille de Gaulle, un film qui, à travers le prisme d’un homme, interroge la notion même de résistance et d’identité nationale. Une œuvre qui, selon ses créateurs, « n’est pas un simple divertissement, mais une invitation à réfléchir sur ce que signifie être Français ». Une ambition qui, si elle est tenue, pourrait marquer durablement le paysage cinématographique français.

Le premier volet, sorti en 2024, pose le cadre historique de l’appel du 18 Juin et de la naissance de la France libre, tandis que le second volet, sorti le 10 juillet 2026, explore les relations de de Gaulle avec ses alliés et les défis politiques et militaires de la période 1940-1944. Les deux films forment une fresque cohérente, mais peuvent être vus indépendamment.