Le 27 juillet, des données ont été publiées qui confirment l’alerte lancée en février par Gan Kim Yong, le vice-Premier ministre de Singapour. Selon Courrier International, pour la première fois depuis l’indépendance de la cité-État, en 1965, le nombre de naissances est tombé en 2025 en dessous des 30 000, à 29 864. Une baisse de 11,4 % par rapport à l’année précédente, selon le « Rapport sur l’enregistrement des naissances et des décès 2025 », publié le 27 juillet par l’Autorité chargée de l’immigration et des points de contrôle, une agence du ministère de l’Intérieur.

Parallèlement, le nombre de décès atteint 26 499 en 2025, soit une hausse de 0,2 % par rapport à l’année précédente. En outre, le site indépendant Online Citizen relève que l’accroissement naturel de la population, soit la différence entre les naissances et les morts, a fortement diminué, pour s’établir à seulement 3 365 personnes en 2025, moins de la moitié des 7 261 enregistrées en 2024. En 2021, il était de 14 380.

Ce qu'il faut retenir

  • Le nombre de naissances à Singapour a atteint son niveau le plus bas depuis soixante ans, avec 29 864 naissances en 2025.
  • Le taux de fécondité a atteint son niveau le plus bas, à 0,87 enfant par femme en âge de procréer.
  • La population de citoyens singapouriens pourrait commencer à diminuer au début des années 2040 si la tendance actuelle se maintient.

Contexte démographique

Certes, selon le rapport, en juin 2025, la population de Singapour a augmenté de 1,2 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre 6,11 millions d’habitants, incluant les citoyens singapouriens, les détenteurs d’un permis de résidence et les non-résidents. Mais cette hausse s’expliquerait principalement par la croissance de la population non résidente, notamment les titulaires de permis de travail dans le secteur de la construction et les employés de maison, détaille Nikkei Asia.

Singapour emploie un grand nombre d’étrangers qui ne disposent pas de droits à la résidence. Le gouvernement se fixe comme priorité absolue d’aider les Singapouriens à fonder une famille. Le défi est de convaincre les couples d’avoir des enfants, détaille The Straits Times. Car les mesures décidées ces dernières années, telles que les primes à la naissance, les aides à la garde d’enfants et les programmes de priorité au logement pour les familles nombreuses, ne suffisent pas à inverser la tendance à long terme.

Évolutions sociétales

De fait, souligne The Straits Times, la baisse du taux de fécondité reflète l’évolution des priorités personnelles et professionnelles des individus en âge de procréer. Le niveau d’éducation plus élevé contribue à un report de la décision d’être parent – en particulier pour les femmes –, ce qui conduit certaines à se demander si elles souhaitent vraiment avoir des enfants et, le cas échéant, à quel moment.

D’ailleurs, Nikkei Asia observe que les femmes qui deviennent mères pour la première fois sont de plus en plus âgées, de plus en plus diplômées et de plus en plus susceptibles d’exercer une activité professionnelle. En 2025, 67,7 % d’entre elles étaient titulaires d’un diplôme universitaire, tandis que 85,7 % faisaient partie de la population active. Leur âge médian était de 32,1 ans, soit une hausse de 0,2 an par rapport à l’année précédente, nettement au-dessus des 29,2 ans enregistrés il y a deux décennies.

Et maintenant ?

La population de citoyens singapouriens pourrait commencer à diminuer au début des années 2040 si la tendance actuelle se maintient. Le gouvernement devra trouver des solutions pour convaincre les couples d’avoir des enfants et pour inverser la tendance à long terme. Les mesures décidées ces dernières années ne suffisent pas, et il faudra peut-être réfléchir à de nouvelles initiatives pour soutenir les familles et encourager la natalité.

Le taux de fécondité, soit le nombre moyen d’enfants par femme en âge de procréer, a atteint en 2025 son niveau le plus bas, à 0,87. Pour assurer le renouvellement de la population, on estime que ce taux doit atteindre 2,1 enfants par femme. Le gouvernement de Singapour devra prendre en compte ces chiffres pour élaborer des politiques efficaces pour soutenir la démographie du pays.