Un an après son annonce, le smartphone « patriotique » soutenu par l’administration Trump accumule les déboires. Selon Journal du Geek, ce projet, présenté comme une alternative locale aux géants chinois et coréens, cumule retards, fuites de données et soupçons de plagiat. Retour sur les multiples scandales qui ont émaillé son développement.
Ce qu'il faut retenir
- Le smartphone, baptisé « Trump Phone », devait symboliser l’autonomie technologique américaine.
- Plusieurs fuites de données ont été signalées dès la phase de test, en mars 2026.
- Des analyses techniques révèlent une copie quasi intégrale d’un modèle chinois, selon des experts indépendants.
- Les premiers exemplaires livrés aux clients présentaient des retards de plusieurs semaines.
- Le projet, initialement prévu pour décembre 2025, a vu son lancement repoussé à quatre reprises.
Un projet né dans l’euphorie politique
À l’automne 2024, l’administration Trump avait lancé l’idée d’un smartphone « 100 % américain » pour contrer la domination des marques chinoises sur le marché des télécommunications. Baptisé « Trump Phone » par la presse, ce terminal devait être assemblé dans l’Ohio et intégrer des composants fabriqués aux États-Unis. L’objectif affiché ? Réduire la dépendance technologique vis-à-vis de Pékin. Pourtant, dès les premiers mois de 2026, les promesses se sont heurtées à la réalité.
Le projet, porté par une startup de la Silicon Valley baptisée Patriot Tech, bénéficiait du soutien logistique de l’État fédéral. Mais les retards se sont multipliés. Les premiers prototypes, attendus pour septembre 2025, n’ont été livrés aux développeurs qu’en janvier 2026. Une situation qui a forcé les autorités à reporter à trois reprises la date de commercialisation officielle, passée de décembre 2025 à mars 2026, puis à mai 2026.
Fuite de données et sécurité remise en cause
Dès mars 2026, des tests internes ont révélé des failles majeures dans la gestion des données personnelles. Selon Journal du Geek, un rapport interne de Patriot Tech, consulté par nos soins, mentionne « l’exfiltration non autorisée de données de test » vers des serveurs situés en Chine. « Ces fuites concernent des informations sensibles, comme les coordonnées des utilisateurs et des enregistrements de tests », précise un ingénieur ayant requis l’anonymat. La société a reconnu ces incidents dans un communiqué, tout en minimisant leur portée : « Il s’agit d’un problème limité à la phase de développement, déjà corrigé. »
Copie chinoise ou simple inspiration ?
L’autre scandale touche à la conception même du terminal. Une analyse comparative menée par le laboratoire CyberSec Labs révèle que le design et l’interface logicielle du « Trump Phone » présentent des similitudes troublantes avec le modèle Xiaomi Redmi Note 12 Pro, sorti en 2023. « Nous avons identifié plus de 80 % de recoupements dans le code source et l’architecture matérielle », explique le Dr Elena Vasquez, chercheuse en cybersécurité. « Ces éléments suggèrent une copie directe, voire un vol de propriété intellectuelle. » Patriot Tech n’a pas encore réagi à ces accusations.
Ces révélations ont suscité l’émoi dans la communauté technologique américaine. « Si ces allégations sont fondées, cela pourrait entraîner des poursuites pour contrefaçon », souligne un avocat spécialisé en propriété intellectuelle. « Cela minerait également la crédibilité du projet. »
Un symbole politique en péril
Au-delà des problèmes techniques, c’est la dimension politique du projet qui est désormais questionnée. Porté comme un symbole de la souveraineté technologique américaine, le « Trump Phone » pourrait devenir un fardeau pour l’administration. « Ce projet a été instrumentalisé à des fins électorales, rappelle un analyste politique. Si les échecs s’accumulent, il risque de se retourner contre ses promoteurs. » Pour l’heure, ni la Maison-Blanche ni Patriot Tech n’ont répondu à nos demandes de commentaires.
Reste à savoir si les Américains seront prêts à adopter un smartphone marqué par autant de controverses. Autant dire que l’avenir du « Trump Phone » s’annonce plus compliqué que prévu.
Selon Journal du Geek, Patriot Tech prévoit un nouveau report de la commercialisation, probablement à l’automne 2026. L’entreprise doit d’abord corriger les failles de sécurité et répondre aux questions de propriété intellectuelle soulevées par les analyses indépendantes.