Six mois après son départ d’Europe 1 et de CNews, Sonia Mabrouk a fait son retour à la télévision en présentant une nouvelle émission sur BFMTV le lundi 24 août 2026. Selon du Figaro, son premier passage a attiré 372 000 téléspectateurs, soit 2,6 % de part d’audience, un score scruté à la fois par le public et par les équipes de la chaîne. Si cette rentrée a été saluée par une partie de la rédaction, elle a également suscité des réserves de la part de la Société des journalistes (SDJ) de BFMTV, notamment en raison de la présence de deux invitées controversées.

Ce qu'il faut retenir

  • Sonia Mabrouk a fait sa rentrée sur BFMTV le 24 août 2026, avec une émission suivie par 372 000 téléspectateurs (2,6 % de part d’audience).
  • La Société des journalistes de BFMTV a critiqué la présence de Sophie de Menthon, qui avait tenu des propos controversés sur l’affaire Nafissatou Diallo, et de Céline Pina, accusée de minimiser la mort d’enfants palestiniens et d’associer le maire de New York, Zohran Mamdani, aux terroristes de 2001.
  • La direction de BFMTV a démenti avoir qualifié ces invitations d’« erreurs », selon la présentatrice, qui défend sa liberté de choix des invités.
  • Sonia Mabrouk a réaffirmé son attachement au débat démocratique et à la diversité des opinions, tout en assurant jouer un rôle de garde-fou face à d’éventuels propos hors cadre.

Une rentrée sous haute surveillance médiatique

La première diffusion de l’émission de Sonia Mabrouk sur BFMTV, le 24 août 2026, a été marquée par une audience de 372 000 téléspectateurs, un chiffre suivi de près par les observateurs du secteur. Selon du Figaro, ce retour sur le petit écran, après son départ d’Europe 1 et de CNews, a rapidement suscité des réactions au sein de la profession. Parmi les points de friction : la présence de deux invitées, dont les prises de position passées ont alimenté la polémique. Sophie de Menthon, figure médiatique connue pour ses déclarations polémiques, avait notamment affirmé que le viol de Nafissatou Diallo dans l’affaire Dominique Strauss-Kahn était « ce qui [lui] était arrivé de mieux dans [sa] vie ».

Le lendemain, c’est Céline Pina, essayiste et ancienne chroniqueuse de CNews, qui a été pointée du doigt. La SDJ de BFMTV a rappelé dans un courrier, obtenu par du Parisien, qu’elle avait « associé Zohran Mamdani, le maire de New York, aux terroristes de 2001 » et « minimisé la mort d’enfants palestiniens ». Des propos qui ont « grincé des dents » parmi les journalistes de la chaîne, selon l’instance représentative.

La SDJ de BFMTV alerte sur le risque de « CNewisation » de la chaîne

Dans un communiqué transmis à la direction de BFMTV, la Société des journalistes a exprimé sa « stupeur » face à ces choix d’invités. Elle a notamment mis en garde contre une possible « pâle copie d’une chaîne d’opinion », alors que la chaîne d’information en continu entre dans une période cruciale, à quelques mois de l’élection présidentielle. « Il n’est pas question que notre chaîne d’informations devienne sur cette émission une pâle copie d’une chaîne d’opinion, et nous resterons très attentifs à cela », a-t-elle souligné, selon les éléments rapportés par du Figaro.

Ces critiques interviennent dans un contexte où les chaînes d’information en continu sont régulièrement pointées du doigt pour leur ligne éditoriale, entre équilibre journalistique et orientation plus militante. La SDJ de BFMTV, qui avait déjà pointé des dérives similaires sur d’autres antennes, a choisi de réagir publiquement pour rappeler ses exigences en matière de déontologie.

Sonia Mabrouk assume ses choix et défend sa liberté éditoriale

Face à ces remous, Sonia Mabrouk n’a pas tardé à réagir. Invité sur le plateau de France Inter dans « La Grande Matinale » de Benjamin Duhamel, elle a défendu sa ligne éditoriale avec fermeté. « J’en suis ravie. Je préfère toujours l’attention à l’indifférence. Je préfère les conversations franches à la couardise », a-t-elle lancé. La présentatrice a rappelé qu’elle n’était « pas la première à recevoir un communiqué de la SDJ », précisant que ce type de réaction faisait partie du paysage médiatique.

Elle a également tenu à distinguer son approche de celle de CNews, tout en insistant sur son indépendance. « Je place au-dessus de tout la liberté de choix des invités », a-t-elle affirmé, avant de démentir toute volonté de « CNewiser » BFMTV. « Ce n’était pas une erreur. Des invités, par essence, ce sont des invitations ponctuelles », a-t-elle ajouté, tout en assurant qu’elle jouerait systématiquement son rôle de garde-fou face à d’éventuels propos déviants.

Des invités controversés, mais aucun propos choquant selon la présentatrice

Sonia Mabrouk a balayé les critiques en affirmant que ni Sophie de Menthon ni Céline Pina n’avaient tenu de propos choquants à l’antenne. « Quand elles ont des propos qui choquent, je suis là, évidemment, pour être garde-fou », a-t-elle expliqué. Elle a également précisé que Céline Pina n’avait pas été nommée chroniqueuse, mais simplement invitée ponctuellement : « Elle pourrait revenir, mais ce n’est pas du tout une chroniqueuse ».

La présentatrice a par ailleurs évoqué une offre reçue « il y a quelques semaines » pour rejoindre le service public, qu’elle a présentée comme une reconnaissance de son professionnalisme. « Un patron du service public est venu me voir pour me faire la proposition de rejoindre le service public. Il est venu à plusieurs reprises. Je parle de la télévision. Je n’ai pas vu en lui poindre l’inquiétude de “CNewiser” le service public », a-t-elle déclaré, en soulignant que sa démarche restait centrée sur le débat démocratique.

Un débat sur la liberté éditoriale et les limites du pluralisme

Ce différend entre Sonia Mabrouk et la SDJ de BFMTV illustre les tensions persistantes au sein des rédactions concernant la gestion de la liberté éditoriale et du pluralisme. Si la chaîne met en avant sa rigueur journalistique, certains de ses membres s’inquiètent d’une possible dérive vers un format plus orienté, à l’image de ce qui est parfois reproché à CNews. La SDJ a d’ailleurs rappelé, dans son communiqué, son attachement à un traitement de l’information « irréprochable », surtout en période préélectorale.

Pour Sonia Mabrouk, l’enjeu n’est pas idéologique, mais bien celui du débat. « Il n’y a pas de question taboue, en réalité. Moi, le seul intérêt, c’est de faire vivre un débat démocratique, d’avoir une conversation saine, d’avoir des échanges féconds », a-t-elle insisté. Elle a précisé que son émission accueillerait des profils variés, « pour porter le fer dans la plaie avec toujours des invités différents ».

Et maintenant ?

Les prochains mois s’annoncent décisifs pour BFMTV, alors que la chaîne devra naviguer entre les attentes de sa rédaction, celles de son audience et les exigences d’un paysage médiatique de plus en plus polarisé. La Société des journalistes a d’ores et déjà indiqué qu’elle resterait « très attentive » à la ligne éditoriale de l’émission de Sonia Mabrouk, notamment à l’approche de l’élection présidentielle. Quant à la présentatrice, elle a réaffirmé sa volonté de poursuivre sur cette voie, tout en promettant de réagir promptement en cas de dérive. Une chose est sûre : le débat sur le pluralisme et l’indépendance des médias n’est pas près de s’éteindre.

Alors que les tensions persistent, la question reste entière : BFMTV parviendra-t-elle à concilier liberté éditoriale et rigueur journalistique sans basculer dans un format trop orienté ? La réponse pourrait bien influencer la perception de la chaîne dans les mois à venir.

Sophie de Menthon est une entrepreneuse connue pour ses prises de position controversées, notamment sur l’affaire Nafissatou Diallo, qu’elle avait qualifiée de « ce qui [lui] est arrivé de mieux dans [sa] vie ». Céline Pina, essayiste et ancienne chroniqueuse de CNews, a été critiquée pour avoir associé le maire de New York, Zohran Mamdani, aux terroristes de 2001, et pour avoir minimisé la mort d’enfants palestiniens. Leurs invitations sur BFMTV ont provoqué une réaction de la Société des journalistes de la chaîne, qui y voit un risque de dérive éditoriale.