Le gouvernement soudanais a décidé de rappeler son ambassadeur en Éthiopie « pour consultations », accusant ce pays d’être impliqué dans l’attaque contre l’aéroport international de Khartoum, menée conjointement par les Forces de soutien rapide (FSR) et les Émirats arabes unis, a annoncé l’agence officielle Suna, mardi 5 mai 2026. Selon les informations rapportées par RFI, cette décision marque une escalade diplomatique entre Khartoum et Addis-Abeba, dans un contexte régional déjà tendu.
Ce qu'il faut retenir
- Le Soudan rappelle son ambassadeur en Éthiopie « pour consultations » après l’attaque de l’aéroport de Khartoum par les FSR et les Émirats arabes unis, selon Suna et RFI.
- Les autorités soudanaises accusent l’Éthiopie d’être impliquée dans cette opération militaire.
- L’attaque vise l’aéroport international de Khartoum, un site stratégique pour le transport et la logistique.
- Cette décision intervient dans un contexte de tensions accrues entre le Soudan et plusieurs acteurs régionaux.
- Les Forces de soutien rapide (FSR) et les Émirats arabes unis sont pointés du doigt par Khartoum.
L’attaque contre l’aéroport international de Khartoum, survenue dans la nuit du 4 au 5 mai 2026, a été revendiquée par les Forces de soutien rapide (FSR), une milice armée puissante au Soudan, en collaboration avec les Émirats arabes unis. Selon les autorités soudanaises, cette opération aurait été menée avec le soutien logistique ou opérationnel de l’Éthiopie, une accusation que ni Addis-Abeba ni Abu Dhabi n’ont encore officiellement démentie ou confirmée. « Les preuves de l’implication éthiopienne sont accablantes », a déclaré un porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères sous couvert d’anonymat, cité par RFI.
Les dégâts matériels causés par l’attaque restent importants : plusieurs avions civils et militaires ont été endommagés ou détruits sur le tarmac, tandis que les pistes ont subi des impacts limitant temporairement l’activité aérienne. Aucun bilan humain n’a été communiqué pour l’instant, mais les autorités locales craignent des victimes civiles parmi le personnel navigant et les employés de l’aéroport. « L’aéroport de Khartoum est un carrefour essentiel pour l’aide humanitaire et les déplacements dans la région. Une telle attaque menace directement la stabilité de tout le pays », a souligné un responsable de l’aviation civile soudanais.
Cette crise diplomatique s’inscrit dans un contexte régional déjà fragile. Le Soudan entretient des relations complexes avec plusieurs de ses voisins, notamment l’Éthiopie, avec laquelle des tensions persistent sur des questions frontalières et des ressources hydriques liées au barrage de la Renaissance. Par ailleurs, les relations entre Khartoum et Abu Dhabi se sont fortement dégradées depuis que les Émirats ont été accusés de soutenir les FSR dans leur lutte contre l’armée régulière soudanaise. « Les liens entre les FSR et les Émirats sont connus. Mais l’implication directe de l’Éthiopie change la donne et ouvre une nouvelle crise », a analysé un analyste politique basé à Nairobi.
Cette attaque survient alors que le Soudan tente de se relever d’une guerre civile dévastatrice qui dure depuis plus de deux ans. La situation humanitaire y est catastrophique, avec des millions de déplacés et une économie en ruine. Dans ce contexte, toute perturbation supplémentaire des infrastructures critiques aggrave une crise déjà hors de contrôle. « Chaque jour compte pour éviter un effondrement total du pays », a rappelé un diplomate européen en poste à Khartoum.
Les prochaines 48 heures seront donc décisives : l’Éthiopie répondra-t-elle à l’accusation soudanaise ? Les Émirats arabes unis confirmeront-ils leur soutien aux FSR ? Et surtout, la communauté internationale parviendra-t-elle à éviter une nouvelle spirale de violence dans la Corne de l’Afrique ? Autant de questions qui pèsent lourd dans une région déjà sous haute tension.
L’attaque a endommagé plusieurs avions civils et militaires, perturbant temporairement l’activité aérienne. Les autorités n’ont pas encore communiqué de bilan humain, mais craignent des victimes parmi le personnel de l’aéroport. Les pistes, bien que partiellement intactes, limitent désormais les opérations de décollage et d’atterrissage.