Ce mardi 5 mai 2026, l’émission Tout pour investir, diffusée sur BFM Business, a mis en lumière une tendance majeure dans le paysage financier mondial : Taïwan et Séoul gagnent du terrain face à des places traditionnellement dominantes comme Londres et Paris. Selon les intervenants de l’émission, cette évolution reflète les dynamiques actuelles des marchés asiatiques, tirées par l’innovation technologique et une croissance économique soutenue. Ces changements s’inscrivent dans un contexte où les centres financiers doivent sans cesse s’adapter pour attirer capitaux et talents.

Ce qu'il faut retenir

  • Taïwan et Séoul dépassent désormais Londres et Paris dans le classement des places financières, selon les analyses présentées ce 5 mai 2026 sur BFM Business.
  • Cette inversion de tendance s’explique par la montée en puissance des technologies et des secteurs innovants dans ces deux villes asiatiques.
  • Les intervenants, dont Christian Fontaine, directeur de la rédaction du Revenu, et Félix Baron, fondateur du Club des Investisseurs, ont souligné l’attractivité croissante de Taïwan et de Séoul pour les investisseurs internationaux.
  • L’émission, animée par Antoine Larigaudrie, a également abordé les performances contrastées des marchés européens, notamment la légère baisse du CAC 40 enregistrée la veille.

Un basculement des flux d’investissement vers l’Asie

D’après les échanges tenus dans l’émission, Taïwan et Séoul profitent d’un mouvement de fond : l’Asie devient le cœur battant de l’économie mondiale, tirée par des secteurs comme la tech et les semi-conducteurs. « Les investisseurs recherchent désormais des opportunités dans des marchés où la croissance est structurellement plus forte », a expliqué Christian Fontaine lors du débat. Cette attractivité s’appuie aussi sur des politiques publiques favorables aux entreprises et à l’innovation, un point que Félix Baron a illustré par l’exemple des fonds souverains coréens et taïwanais, de plus en plus actifs sur la scène internationale.

À l’inverse, les places européennes, bien que toujours solides, peinent à suivre ce rythme. Les intervenants ont pointé du doigt une certaine rigidité réglementaire et une fiscalité parfois moins compétitive, des freins à l’investissement étranger. « Paris et Londres restent des hubs majeurs, mais leur capacité à attirer des capitaux à long terme est aujourd’hui questionnée », a précisé Fontaine.

La tech asiatique, moteur de cette transformation

Le décollage de Taïwan et de Séoul s’explique avant tout par leur leadership technologique. Taïwan, déjà reconnue comme un géant des semi-conducteurs via des entreprises comme TSMC, voit ses start-up lever des fonds records. Séoul, de son côté, mise sur l’intelligence artificielle, la robotique et les nouvelles énergies, avec des groupes comme Samsung ou SK Hynix en première ligne. « Ces villes ne sont plus des marchés émergents à surveiller : elles sont devenues des références incontournables », a affirmé Baron.

Les données présentées lors de l’émission confirment cette tendance. Selon les dernières estimations, les flux d’investissement directs étrangers (IDE) en Asie du Nord-Est ont progressé de 12 % en 2025, tandis que l’Europe enregistrait une stagnation. Les secteurs des technologies avancées et des énergies vertes y sont pour beaucoup, attirant aussi bien les fonds souverains que les investisseurs privés.

Le CAC 40 en léger recul, symbole des défis européens

Alors que Taïwan et Séoul grignotent des parts de marché, les marchés européens peinent à décoller. Dans son tableau de bord du 4 mai, BFM Business a relevé une « petite baisse » de l’indice parisien, confirmant une tendance de fond. « Le CAC 40 reste dans une phase de consolidation, sans réel élan haussier », a résumé l’animateur Antoine Larigaudrie. Plusieurs facteurs expliquent cette morosité : la guerre commerciale persistante entre les États-Unis et la Chine, la remontée des taux d’intérêt en Europe, et une croissance économique atone en zone euro.

Les intervenants ont également souligné l’écart croissant entre les performances des grandes capitalisations technologiques (comme LVMH ou TotalEnergies) et celles des PME industrielles, souvent en difficulté face à la concurrence internationale. « Le défi pour Paris n’est pas seulement de conserver ses atouts traditionnels, mais de créer un écosystème où les jeunes pousses technologiques pourront grandir sans être rachetées par des acteurs étrangers », a noté Baron.

Quels leviers pour Paris et Londres ?

Face à cette concurrence asiatique, les places européennes tentent de réagir. À Paris, les autorités misent sur des réformes structurelles, comme le plan « France 2030 » et des incitations fiscales pour les start-up. Londres, de son côté, mise sur son statut de hub financier post-Brexit, tout en renforçant ses liens avec l’Asie pour capter une partie des flux d’investissement. « Les deux villes ont des atouts, mais elles doivent aller plus vite et plus loin », a estimé Fontaine.

Un exemple concret a été évoqué : l’attractivité des fonds d’investissement spécialisés dans les technologies propres. En 2025, les levées de fonds dans ce secteur ont atteint 18 milliards d’euros en Europe, un record, mais loin des 50 milliards enregistrés en Asie. « L’Europe a les cartes en main, mais elle doit les jouer rapidement », a conclu Larigaudrie.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient redessiner la carte des places financières dans les prochains mois. D’abord, les résultats des prochaines élections européennes, qui pourraient influencer les politiques économiques des États membres. Ensuite, la publication des stratégies industrielles de Taïwan et de la Corée du Sud, attendues pour l’été 2026, qui pourraient accélérer encore les flux d’investissement vers ces deux pays. Enfin, les décisions de la Banque centrale européenne sur les taux d’intérêt, qui pourraient soit relancer les marchés européens, soit accentuer leur décalage avec l’Asie. Autant dire que le débat sur la compétitivité des places financières est loin d’être clos.

Pour les investisseurs, cette recomposition offre à la fois des opportunités et des risques. Les marchés asiatiques, bien que porteurs, restent sensibles aux tensions géopolitiques, notamment autour de Taïwan. En Europe, la prudence est de mise, dans un contexte où la croissance reste fragile et les incertitudes politiques nombreuses. Une chose est sûre : la bataille pour attirer les capitaux ne fait que commencer.

Selon les intervenants de BFM Business, cette attractivité s’explique par la croissance structurelle plus forte en Asie, des politiques publiques favorables à l’innovation, et des secteurs porteurs comme la tech et les semi-conducteurs. Taïwan, avec des entreprises comme TSMC, et Séoul, avec des géants comme Samsung, deviennent des références incontournables pour les capitaux internationaux.