Selon BFM Bourse, SpaceX fera son entrée dès ce 7 juillet dans le Nasdaq 100, l’un des indices boursiers les plus suivis au monde. Cette promotion éclair survient moins d’un mois après l’introduction en Bourse record de l’entreprise, réalisée le 12 juin dernier avec une levée de fonds historique de 86 milliards de dollars. Pour les investisseurs, cette intégration pourrait jouer un rôle clé dans la stabilisation d’un titre qui a perdu près de 30 % depuis son pic en juin, malgré un cours toujours supérieur à son prix d’entrée.

Ce qu'il faut retenir

  • SpaceX intègre le Nasdaq 100 dès le 7 juillet 2026, soit 25 jours seulement après son introduction en Bourse.
  • Cette intégration est rendue possible par un changement récent des règles du Nasdaq, permettant aux entreprises nouvellement cotées d’y figurer plus rapidement.
  • L’action SpaceX a chuté de 20 % depuis le 16 juin et de 30 % depuis son plus haut, malgré un cours toujours supérieur au prix d’entrée de 135 dollars.
  • Près de 17 « lockups » (clauses de conservation) arrivent à échéance d’ici un an, ce qui pourrait exercer une pression vendeuse sur le titre.
  • L’inclusion dans le Nasdaq 100 pourrait générer 4,3 milliards de dollars de flux passifs selon J.P. Morgan, atténuant partiellement cette pression.

Une intégration accélérée dans le Nasdaq 100

Le géant spatial, spécialisé dans les satellites et l’intelligence artificielle, doit son entrée express dans le Nasdaq 100 à une réforme récente des critères d’admission. Selon BFM Bourse, le Nasdaq a modifié ses règles pour permettre à des entreprises comme SpaceX d’intégrer plus rapidement ses indices phares. Cette décision vise à refléter « une image fidèle et actuelle de la composition du marché », comme l’a expliqué l’opérateur boursier. Auparavant, les sociétés devaient attendre une revue annuelle des indices, sauf en cas de remplacement, ce qui créait un décalage entre les attentes des investisseurs et la réalité du marché.

Cette accélération n’est pas isolée : FTSE Russell a également revu ses critères pour intégrer plus rapidement les méga-IPO dans ses indices Russell US. Ces ajustements visent à rendre les indices « plus représentatifs de l’ensemble du marché boursier américain à tout moment ». Pour SpaceX, cette inclusion dès le 7 juillet pourrait donc jouer un rôle stabilisateur, alors que le titre subit depuis fin juin une pression vendeuse marquée.

Un titre sous pression depuis son entrée en Bourse

SpaceX a connu un début en Bourse prometteur le 12 juin, avec un cours fixé à 135 dollars et une capitalisation immédiate saluée. Pourtant, le titre a rapidement dégringolé, passant de plus de 200 dollars en séance le 16 juin à environ 160 dollars début juillet, selon les dernières cotations. Cette chute de près de 30 % s’explique en partie par l’annonce, le 22 juin, d’une émission d’obligations levant 25 milliards de dollars. Une opération perçue comme un signal de besoin de liquidités par certains investisseurs, malgré la dimension stratégique du projet.

Le contexte reste fragile : 17 « lockups » (clauses interdisant la vente d’actions par les investisseurs historiques) arriveront à échéance d’ici un an. Cela pourrait entraîner l’arrivée massive de centaines de millions, voire de milliards d’actions sur le marché, pesant sur le cours. Selon Oddo BHF, le flottant actuel ne représente que 4 % du capital, avec une part significative détenue par des investisseurs particuliers sous-alloués lors de l’IPO. « Le flottant réduit crée un volant d’inertie, mais aussi une sensibilité accrue aux mouvements de vente », analyse Laurent Denize, directeur des Investissements chez Oddo BHF AM.

Une bouffée d’oxygène venue des fonds indiciels

Face à ces pressions, SpaceX mise sur l’effet mécanique de son intégration dans le Nasdaq 100. Selon les chiffres de BFM Bourse, cet indice est suivi par plus de 200 produits d’investissement représentant plus de 800 milliards de dollars d’actifs sous gestion. « L’inclusion dans le Nasdaq 100, le Russell et les indices MSCI, qui devraient suivre dans les prochains mois, pourrait permettre de compenser partiellement les effets des lockups », estime Christophe Pouchoy, gérant du fonds « Echiquier Space » chez LFDE. J.P. Morgan va plus loin en estimant que cette intégration pourrait générer 4,3 milliards de dollars de flux passifs vers SpaceX.

Cette dynamique pourrait aussi impacter indirectement les épargnants américains. Certains fonds de retraite, contraints de répliquer les indices, seront automatiquement exposés à SpaceX, même si des voix s’élèvent déjà contre une surreprésentation de l’entreprise dans des portefeuilles dont les risques ne sont pas pleinement évalués. Un syndicat d’enseignants avait d’ailleurs alerté la SEC avant l’IPO, craignant que les investisseurs particuliers ne soient « obligés d’acheter des actions SpaceX presque immédiatement, sans toujours en mesurer les risques ».

« Cela signifie que les investisseurs particuliers dans les fonds indiciels pourraient être contraints d’investir dans SpaceX pour des montants disproportionnés par rapport à sa capitalisation réelle. » — Syndicat d’enseignants américain, cité par BFM Bourse

Le S&P 500 : un objectif encore lointain pour SpaceX

Si le Nasdaq 100 s’ouvre à SpaceX, le S&P 500 reste pour l’instant hors de portée. Selon BFM Bourse, S&P Global, gestionnaire de l’indice, a confirmé début juin qu’il maintiendrait son délai d’attente de 12 mois pour les entreprises nouvellement cotées. SpaceX devra donc patienter jusqu’à juin 2027 au plus tôt pour espérer y figurer.

Cette exclusion s’explique par les critères actuels du S&P 500, qui exigent notamment une rentabilité avérée et un flottant suffisant. Or, SpaceX affiche une perte opérationnelle de 2,6 milliards de dollars dans ses documents déposés auprès de la SEC. « S&P est le leader du marché et peut aller à contre-courant », a reconnu James Seyffart, analyste ETF chez Bloomberg Intelligence, soulignant que cette décision, bien que surprenante, s’inscrit dans la stratégie conservatrice du gestionnaire d’indices.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année, l’attention des investisseurs se portera sur l’évolution du cours de SpaceX, en particulier après l’expiration progressive des « lockups ». L’entreprise devra aussi publier des résultats trimestriels susceptibles de rassurer ou d’inquiéter les marchés. Par ailleurs, l’impact réel de l’intégration dans le Nasdaq 100 sur la demande en actions SpaceX restera à évaluer, notamment face à la pression vendeuse potentielle liée aux lockups. Enfin, la publication des prochains indices MSCI et Russell, attendue d’ici juillet, pourrait apporter de nouveaux éléments sur la dynamique du titre.

Cette inclusion dans le Nasdaq 100 ne résoudra pas à elle seule les défis structurels de SpaceX. Elle offre cependant une bouffée d’oxygène temporaire, le temps pour l’entreprise de démontrer sa capacité à transformer ses promesses technologiques en rentabilité durable.

Le Nasdaq a récemment modifié ses règles d’admission pour permettre aux entreprises nouvellement cotées d’intégrer plus rapidement ses indices phares. Cette réforme vise à rendre les indices plus représentatifs du marché actuel, en réduisant les délais d’attente qui pouvaient atteindre jusqu’à un an auparavant. Selon BFM Bourse, cette accélération a permis à SpaceX d’intégrer le Nasdaq 100 en seulement 25 jours après son IPO.

L’un des principaux risques est une surreprésentation de SpaceX dans les fonds indiciels, qui pourrait exposer les épargnants à des pertes si le titre continue de chuter. De plus, l’arrivée à échéance des « lockups » pourrait exercer une pression vendeuse massive sur le cours, malgré l’afflux de capitaux passifs liés à l’indice. Certains observateurs, comme un syndicat d’enseignants, ont d’ailleurs alerté la SEC sur ce risque de déséquilibre dans les portefeuilles des investisseurs.