Alors que débutent aujourd’hui, lundi 15 juin 2026, deux semaines de stages de découverte des métiers pour les quelque 560 000 élèves de seconde, un père de famille tire la sonnette d’alarme. Selon Franceinfo – Faits divers, Arnaud Darthenay, dont le fils Axel est décédé en juin 2025 lors d’un stage d’observation dans un magasin de Saint-Lô (Manche), dénonce un système qui expose les adolescents à des dangers sans préparation ni suivi adapté.
Les stages de seconde, instaurés par l’ancien ministre de l’Éducation nationale Gabriel Attal en 2024 sous le nom « Mon stage de seconde », doivent officiellement rester des stages d’observation. Pourtant, les accidents mortels se multiplient. Depuis un an, au moins six stagiaires ont perdu la vie lors de stages en entreprise, un bilan que le gouvernement qualifie désormais de « préoccupant ». Face à cette situation, une mission flash a été lancée mi-avril pour « renforcer les conditions de sécurité » des stagiaires de troisième et de seconde.
Ce qu'il faut retenir
- Les stages de seconde, obligatoires depuis 2024, doivent rester des stages d’observation, mais plusieurs accidents mortels ont eu lieu en 2025 et 2026.
- En juin 2025, Axel Darthenay, 16 ans, est mort renversé par une palette lors de son stage à Saint-Lô, alors que ce type de zone lui était interdite.
- Arnaud Darthenay dénonce l’absence de préparation et de suivi, malgré les consignes ministérielles envoyées aux établissements.
- Le gouvernement a annoncé une mission flash pour améliorer la sécurité des stagiaires, mais les mesures actuelles restent jugées insuffisantes.
- Plus de 560 000 élèves de seconde effectuent ces stages simultanément, compliquant leur encadrement.
Un drame qui illustre les lacunes du dispositif
Le 16 juin 2025, soit deux jours après le début de son stage dans un magasin de Saint-Lô, Axel Darthenay a été tué par une palette de marchandises sur un quai de déchargement. Officiellement, les stages de seconde sont censés être des stages d’observation, interdits dans les zones à risque. Pourtant, selon Arnaud Darthenay, son fils n’aurait jamais dû se trouver dans cette zone dangereuse. « On fait prendre des risques aux enfants sans contrôle et sans préparation », a-t-il dénoncé lors d’une interview accordée à ICI Cotentin, selon Franceinfo – Faits divers.
Le père d’Axel rappelle que l’Éducation nationale s’est contentée de diffuser deux feuilles d’information aux élèves sur les règles de sécurité en entreprise. « Ce n’est pas suffisant, c’est se moquer des gens », a-t-il affirmé. Après avoir rencontré le ministre de l’Éducation nationale, Arnaud Darthenay souhaite participer aux deux missions flash lancées en avril 2026 pour évaluer les risques encourus par les stagiaires. Il milite désormais pour la suppression pure et simple de ces stages obligatoires, ou à défaut, pour leur remplacement par un autre dispositif.
Des lacunes structurelles pointées du doigt
Outre l’absence de préparation, Arnaud Darthenay souligne plusieurs dysfonctionnements structurels. D’abord, la période des stages coïncide avec celle du baccalauréat, rendant difficile l’encadrement des élèves par les enseignants. Ensuite, il déplore l’absence de visites préalables dans les entreprises pour préparer l’arrivée des stagiaires. « Il n’y a personne pour aller voir ce qui se passe », a-t-il souligné, qualifiant le système de « stupide ».
Avec plus de 560 000 élèves en stage simultanément, le gouvernement reconnaît que l’encadrement représente un défi logistique. Pourtant, le ministre de l’Éducation nationale a déjà rappelé, dans un communiqué récent, que « le stage de seconde doit rester un stage d’observation ». Une consigne qui semble difficile à appliquer sans moyens supplémentaires, comme le rappelle Arnaud Darthenay : « À ça, il faut ajouter tous les élèves de bac pro. Il y aura toujours un problème d’encadrement puisqu’il faut donner des moyens. »
Le gouvernement tente de réagir, mais les mesures restent critiquées
Face à la multiplication des accidents, le gouvernement a annoncé une mission flash mi-avril 2026 pour « renforcer les conditions de sécurité » des stages en entreprise. Selon les informations de Franceinfo – Faits divers, cette mission vise notamment à mieux sensibiliser les entreprises et les établissements scolaires aux risques encourus par les élèves. Le ministre de l’Éducation nationale a également écrit à tous les chefs d’établissement pour rappeler que les stagiaires ne doivent en aucun cas s’exposer à des dangers.
Cependant, ces mesures sont jugées insuffisantes par Arnaud Darthenay, qui rappelle que six morts en un an constituent un bilan « énorme ». Une proposition de loi portée par La France Insoumise (LFI) préconise d’ailleurs la suppression de ces stages obligatoires, une idée que le père d’Axel soutient pleinement. « Il n’y a toujours aucune préparation, aucun suivi », a-t-il déploré, estimant que les consignes ministérielles ne changent rien à la réalité du terrain.
En attendant, les quelque 560 000 élèves de seconde qui débutent leurs stages aujourd’hui devront se contenter des consignes de sécurité actuelles, malgré les critiques récurrentes sur leur insuffisance. Le gouvernement, lui, devra prouver que ses annonces ne restent pas lettre morte.
Les risques incluent l’exposition à des zones dangereuses comme les quais de déchargement, l’absence de formation spécifique sur les consignes de sécurité, et le manque de suivi par les enseignants ou les entreprises. Selon les accidents récents, les chutes, les écrasements ou les blessures liées à des machines sont parmi les dangers les plus fréquents.
Parmi les alternatives évoquées, on cite la mise en place de stages plus courts, mieux encadrés, ou remplacés par des simulations en milieu scolaire. Une proposition de loi de LFI suggère également de rendre ces stages optionnels plutôt qu’obligatoires, afin de réduire les risques liés à leur massification.