Le fournisseur d’accès à Internet par satellite Starlink, filiale de l’entreprise SpaceX détenue par Elon Musk, étend désormais son infrastructure au Zimbabwe. Selon France 24, l’opérateur a commencé à équiper des établissements scolaires situés en zones rurales du pays, marquant une nouvelle étape dans son déploiement continental.

Ce qu'il faut retenir

  • Starlink déploie son réseau Internet par satellite au Zimbabwe, un pays d’Afrique australe.
  • Des milliers d’écoles rurales sont désormais connectées grâce à cette technologie.
  • Le Zimbabwe devient ainsi l’un des vingtaine de pays africains où Starlink est présent.
  • Cette initiative vise à réduire la fracture numérique en offrant un accès à Internet dans des zones isolées.

Avec cette annonce, Starlink confirme sa volonté de couvrir l’intégralité du continent africain, où l’accès à Internet reste inégal. Le Zimbabwe, connu pour ses paysages ruraux étendus et ses défis logistiques, représente un terrain idéal pour tester l’efficacité de cette solution satellitaire. Selon les données disponibles, l’entreprise opère déjà dans une vingtaine de pays africains, dont le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Kenya. « Notre objectif est de connecter les zones les moins desservies, où les infrastructures terrestres sont insuffisantes ou inexistantes », a déclaré un porte-parole de Starlink, cité par France 24.

Une technologie satellitaire pour pallier l’absence de fibre optique

Contrairement aux réseaux Internet traditionnels, qui dépendent de câbles terrestres, Starlink utilise une constellation de plus de 5 000 satellites en orbite basse. Chaque utilisateur reçoit le signal via une antenne parabolique, appelée « user terminal », d’un diamètre d’environ 50 cm. « Cette technologie permet de fournir une connexion haut débit, même dans les régions les plus reculées », a expliqué un expert des télécommunications africaines. Le Zimbabwe, où près de 60 % de la population vit en milieu rural, selon la Banque mondiale, pourrait ainsi bénéficier d’un accès à l’éducation en ligne, aux plateformes de formation à distance et aux services administratifs numérisés.

Jusqu’à présent, le déploiement au Zimbabwe concernait principalement des écoles publiques, mais des discussions seraient en cours pour étendre le projet à des centres de santé et des administrations locales. « L’éducation est un levier essentiel pour le développement, et Internet en est un outil clé », a souligné un responsable du ministère zimbabwéen des Technologies de l’information. Pour autant, le coût des antennes et des abonnements pourrait représenter un frein pour certaines communautés, malgré les tarifs compétitifs proposés par Starlink.

Un déploiement progressif et encadré

Starlink n’est pas le seul acteur à miser sur l’Afrique pour son expansion. D’autres entreprises, comme Viasat ou OneWeb, développent également des solutions satellitaires pour le continent. Toutefois, Starlink se distingue par son avance technologique et son modèle économique, basé sur des abonnements mensuels accessibles (à partir de 59 dollars aux États-Unis, mais adaptés aux marchés africains). Au Zimbabwe, le gouvernement a signé un partenariat avec Starlink pour faciliter l’installation des antennes dans les établissements scolaires, sans préciser de calendrier précis pour la généralisation du réseau.

Pour l’heure, les premières écoles connectées se trouvent dans les provinces de Mashonaland central, Manicaland et Matabeleland, des régions où l’accès à Internet est quasi inexistant. « Nous avons sélectionné ces zones en fonction de leur isolement géographique et de leur besoin criant en connectivité », a indiqué un représentant de Starlink. Les tests initiaux montrent une latence réduite et un débit suffisant pour les usages éducatifs, mais des défis persistent, notamment en termes de couverture continue et de maintenance des équipements.

Et maintenant ?

Dans les mois à venir, Starlink devrait poursuivre son déploiement au Zimbabwe, avec une attention particulière portée aux régions encore non couvertes. Une évaluation de l’impact de cette connexion sur les résultats scolaires et l’accès à l’information sera probablement menée d’ici la fin de l’année 2026. Par ailleurs, d’autres pays africains pourraient suivre l’exemple zimbabwéen, alors que l’Union africaine a récemment appelé à accélérer la digitalisation des services publics. Reste à voir si cette initiative suffira à combler le fossé numérique persistant sur le continent.

Cette avancée technologique pourrait aussi influencer les politiques publiques en matière d’éducation et de technologies. Le gouvernement zimbabwéen, qui mise sur la numérisation pour moderniser son économie, devrait préciser d’ici l’été 2026 les modalités de financement et de formation des enseignants à l’utilisation de ces nouveaux outils. Une question se pose toutefois : dans un pays où l’électricité est encore intermittente dans certaines zones rurales, comment garantir une connectivité stable ? Autant dire que le défi reste de taille.

Starlink n’a pas communiqué de tarif spécifique pour le Zimbabwe. Cependant, le coût d’un abonnement mensuel varie généralement entre 50 et 100 dollars selon les pays, avec un investissement initial pour l’antenne d’environ 500 dollars. Des subventions publiques ou des partenariats pourraient réduire ce montant pour les écoles.