À l’ère du numérique, les réseaux sociaux façonnent de nouveaux usages, y compris dans le milieu du sport de haut niveau. Stéphanie Gicquel, spécialiste des longues distances et athlète reconnue, aborde régulièrement ce sujet dans ses chroniques pour Ouest France. Dans une interview récente, elle s’interroge sur la charge mentale générée par ces plateformes, devenues un modèle économique incontournable. Impossible, selon elle, d’ignorer leur influence lorsqu’on évolue dans un environnement ultra-compétitif comme celui du running.
Ce qu'il faut retenir
- Stéphanie Gicquel est une athlète de haut niveau, spécialiste des longues distances et chroniqueuse pour Ouest France.
- Elle consacre régulièrement des articles aux enjeux liés au numérique et aux réseaux sociaux dans le sport.
- Les plateformes comme Instagram ou TikTok sont devenues des outils centraux dans le modèle économique du running.
- Elle s’interroge sur la charge mentale engendrée par ces réseaux, notamment pour les athlètes.
Une athlète engagée dans le débat public
Stéphanie Gicquel, 39 ans, est une figure du running français. Triple championne de France de 100 km, elle a également participé à des compétitions internationales d’ultra-trail. Depuis plusieurs années, elle partage son expérience à travers des chroniques pour Ouest France, abordant des thèmes variés allant de la préparation physique à la gestion mentale. D’après ses propos, le numérique occupe désormais une place centrale dans sa réflexion publique.
« Je souhaite transmettre ce que j’ai appris, pour ne pas partir avec, dit-elle. » Cette phrase résume son approche : partager des connaissances pour éviter aux autres de répéter les mêmes erreurs. Dans un milieu où la performance est souvent synonyme de sacrifice, elle souligne l’importance de préserver son équilibre psychologique.
Les réseaux sociaux, nouveaux acteurs du sport
Instagram et TikTok ne sont plus de simples outils de communication : ils structurent désormais une partie du paysage sportif. Pour les athlètes, ces plateformes permettent de se construire une image, de trouver des sponsors ou de partager des conseils. Mais elles imposent aussi des contraintes, comme la nécessité de produire un contenu constant ou de répondre aux attentes d’une communauté toujours plus large.
Selon elle, cette pression numérique peut avoir un impact sur la performance. « Tout ou presque passe par Instagram ou TikTok », précise-t-elle, soulignant que ces réseaux créent de nouveaux usages, parfois contre-productifs. La recherche de visibilité peut ainsi détourner l’attention des fondamentaux : l’entraînement, la récupération ou la gestion du stress.
La charge mentale, un enjeu sous-estimé
La question de la charge mentale revient souvent dans ses propos. Stéphanie Gicquel explique que les réseaux sociaux ajoutent une couche de stress supplémentaire : la gestion de son image publique, les commentaires, les comparaisons avec d’autres athlètes. Autant de facteurs qui peuvent peser sur la motivation et la concentration.
Elle rappelle que le running, comme tout sport de haut niveau, repose sur un équilibre fragile. « Je reste inquiète pour la charge mentale », confie-t-elle. Cette inquiétude n’est pas isolée : de nombreux athlètes évoquent aujourd’hui les effets néfastes des réseaux sociaux sur leur bien-être mental.
Si cette réflexion reste centrée sur le running, ses enjeux dépassent largement ce sport. Les réseaux sociaux transforment en profondeur les dynamiques de compétition et de performance, posant la question plus large de leur régulation dans le monde du sport professionnel.
Elle recommande de fixer des limites claires : limiter le temps passé sur les plateformes, éviter de comparer sa performance à celle des autres, et privilégier les interactions positives. Elle insiste aussi sur l’importance de se déconnecter pour retrouver une concentration optimale.