Alors que la France finalise sa stratégie nationale bas carbone, le projet suscite de vives critiques de la part d’une organisation spécialisée dans la protection des forêts. Selon Le Monde, l’ONG Canopée dénonce, dans un rapport publié le lundi 29 juin 2026, une orientation jugée trop ambitieuse en matière de prélèvement de bois, mettant en péril l’un des principaux puits de carbone naturels du pays.

Ce qu'il faut retenir

  • L’ONG Canopée publie un rapport le 29 juin 2026 critiquant la stratégie nationale bas carbone française.
  • L’organisation demande une révision à la baisse des objectifs de prélèvement de bois dans ce projet.
  • Les forêts françaises jouent un rôle clé dans l’absorption du CO₂, selon Canopée.
  • Le projet de stratégie nationale bas carbone est actuellement en discussion au niveau gouvernemental.

Dans son rapport, Canopée alerte sur les conséquences d’une exploitation forestière trop intensive, qui pourrait réduire significativement la capacité des forêts françaises à absorber le dioxyde de carbone. Pour l’ONG, les forêts hexagonales représentent un « puits de carbone » essentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique, et leur surexploitation risquerait d’aggraver les émissions nationales plutôt que de les atténuer. L’organisation précise que les objectifs actuels de prélèvement de bois, tels qu’envisagés dans le projet de stratégie, pourraient compromettre cet équilibre fragile.

Le document de Canopée s’inscrit dans un contexte où la France s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 55 % d’ici 2030, par rapport à 1990, dans le cadre de ses obligations européennes. La stratégie nationale bas carbone, actuellement en cours de finalisation, doit servir de feuille de route pour atteindre ces objectifs. Cependant, Canopée souligne que la priorité accordée à la production de bois, notamment pour des usages industriels ou énergétiques, entre en contradiction avec les besoins de préservation des écosystèmes forestiers.

« La France sacrifie son puits de carbone forestier au nom d’une logique productiviste, alors que les forêts sont un levier essentiel pour atteindre la neutralité carbone. »
— Canopée, dans son rapport du 29 juin 2026

L’ONG n’est pas la seule à tirer la sonnette d’alarme. Plusieurs scientifiques et acteurs du secteur environnemental avaient déjà pointé du doigt, lors des consultations préalables, les risques d’une stratégie trop centrée sur la filière bois. Canopée rappelle que les forêts françaises stockent environ 2 milliards de tonnes de CO₂, soit l’équivalent des émissions annuelles du pays. Une gestion durable de ce patrimoine naturel est donc indispensable pour maintenir cet avantage climatique.

Et maintenant ?

Le gouvernement doit désormais trancher entre les impératifs économiques liés à la filière bois et les objectifs climatiques à long terme. Une révision des objectifs de prélèvement de bois pourrait être intégrée lors de la finalisation de la stratégie nationale bas carbone, prévue d’ici la fin de l’année 2026. Les prochaines consultations avec les acteurs concernés, notamment les régions forestières et les associations environnementales, pourraient jouer un rôle décisif dans l’arbitrage final.

Pour Canopée, une solution équilibrée passe par une réduction des volumes de bois prélevés, couplée à un renforcement des investissements dans la gestion durable des forêts. L’ONG propose également d’intégrer des critères stricts de préservation de la biodiversité et de résilience climatique dans les futurs plans d’exploitation forestière. Reste à voir si ces recommandations seront prises en compte dans la version finale de la stratégie, alors que les pressions sur les ressources naturelles ne cessent de s’intensifier.

Cette controverse illustre plus largement les tensions entre transition écologique et besoins économiques, un débat qui anime de nombreux pays européens. Alors que la France prépare la révision de sa stratégie climatique, les arbitrages à venir pourraient servir d’exemple pour d’autres États cherchant à concilier développement durable et exploitation des ressources.

La stratégie nationale bas carbone (SNBC) est un document de planification qui définit les trajectoires de réduction des émissions de gaz à effet de serre en France. Elle fixe des objectifs sectoriels, dont ceux liés à la gestion des forêts et à l’exploitation du bois, afin d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Canopée estime que les objectifs actuels menacent la capacité des forêts françaises à absorber le CO₂, un rôle clé dans la lutte contre le réchauffement climatique. L’ONG craint que l’exploitation intensive du bois ne réduise ce puits de carbone naturel, au détriment des engagements climatiques du pays.