En 2022, Stromae a marqué les esprits en interprétant « L’Enfer » en direct dans un journal télévisé, une chanson où il aborde sans détour sa santé mentale et sa tentation suicidaire. Selon Franceinfo - Culture, cette performance a révélé une réalité souvent passée sous silence dans la musique populaire, tout en offrant un miroir aux millions de personnes confrontées à des troubles psychologiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Stromae a interprété « L’Enfer » en direct dans un journal télévisé en 2022, abordant sa santé mentale et sa tentation suicidaire.
  • En 2023, l’artiste a connu une rechute, renforçant la pertinence de sa chanson et celle de millions d’autres personnes confrontées à des troubles psychologiques.
  • La musique populaire aborde de plus en plus souvent la santé mentale, un sujet autrefois tabou, notamment depuis les années 1990 avec des artistes comme MC Jean Gab’1 et Catherine Ringer.
  • Plusieurs titres récents, dont ceux de Jul, Adèle Castillon ou Zaho de Sagazan, illustrent cette tendance croissante à évoquer la santé mentale dans les chansons.

Une chanson née d’un combat personnel et devenu un symbole

Avec « L’Enfer », Stromae a choisi de mettre des mots sur une souffrance intime. Dès les premiers accords, il chante à la première personne, évoquant ses démons, ses doutes et ses pensées suicidaires. Selon Franceinfo - Culture, cette chanson a été interprétée en direct dans un journal télévisé en janvier 2022, un geste rare qui a marqué un tournant dans la façon dont les artistes abordent la santé mentale. À l’époque, beaucoup pensaient que Stromae avait tourné la page après son album Multitude, sorti en 2021. Pourtant, sa rechute en 2023 a rappelé que les troubles psychologiques ne disparaissent pas du jour au lendemain.

Ce qui rend cette chanson particulièrement puissante, c’est son authenticité. Stromae ne parle pas au nom d’une génération, mais de sa propre expérience. Et ce faisant, il a ouvert la voie à une génération d’artistes qui n’hésitent plus à aborder des sujets autrefois considérés comme trop personnels ou trop sombres pour la scène publique.

La santé mentale dans la musique : une évolution lente mais réelle

Si Stromae a marqué un jalon en 2022, il n’est pas le premier à avoir osé aborder la santé mentale dans ses textes. Selon Franceinfo - Culture, les artistes populaires ont longtemps évité ce sujet, à l’exception notable de Serge Reggiani, qui évoquait discrètement son alcoolisme à l’âge classique. Il a fallu attendre la fin des années 1990 pour voir émerger une véritable prise de parole sur le sujet, avec notamment « Paranoïa » de MC Jean Gab’1 et Catherine Ringer, sorti en 1997.

Depuis, les exemples se sont multipliés. Jul, par exemple, a consacré plusieurs titres à sa propre santé mentale, comme « Dans ma paranoïa » (2014), « Emotions » (2016), ou encore « Assassinat » (2021). D’autres artistes ont emboîté le pas, comme Adèle Castillon avec « Crèvecœur » (2025), ou Zaho de Sagazan avec « La symphonie des éclairs » (2023). Ces chansons, qu’elles soient rap, pop ou électro, reflètent une tendance de fond : la santé mentale n’est plus un sujet tabou dans la musique populaire.

« La musique populaire a longtemps ignoré les questions de santé mentale, sauf à travers des allusions discrètes. Aujourd’hui, les artistes n’hésitent plus à en parler ouvertement, et c’est tant mieux. » — Bertrand Dicale, Franceinfo - Culture

Pourquoi cette évolution est-elle importante ?

Parler de santé mentale dans la musique, c’est d’abord briser l’isolement. Pour des millions de personnes, entendre un artiste évoquer ses propres démons, c’est comprendre qu’elles ne sont pas seules dans leur combat. Stromae lui-même a expliqué que « L’Enfer » était avant tout un exutoire, une façon de mettre des mots sur une souffrance qu’il avait trop longtemps gardée pour lui. Et son succès montre que le public est prêt à écouter ces récits.

Cette évolution s’inscrit aussi dans un contexte plus large. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la santé mentale est devenue un enjeu majeur de santé publique, notamment depuis la pandémie de Covid-19. En France, près d’un Français sur cinq déclare souffrir de troubles psychologiques chaque année. Dans ce contexte, la musique joue un rôle clé : elle permet de normaliser ces discussions et de sensibiliser le grand public.

Et maintenant ?

Avec des titres comme « Laissez-moi loin » (2025), « Parasite » (2026) ou « Je les laisse croire » (2026) de Jul, ou encore « Crèvecœur » (2025) d’Adèle Castillon, la tendance devrait se poursuivre. Les artistes continueront probablement à aborder la santé mentale dans leurs chansons, reflétant ainsi les préoccupations de leur public. Reste à voir si cette prise de parole se traduira par une amélioration concrète de l’accès aux soins psychologiques pour tous.

Une tendance qui dépasse les frontières musicales

La santé mentale n’est plus l’apanage de la musique populaire. Le cinéma, la littérature et même les séries télévisées abordent désormais ce sujet avec plus de franchise. Des productions comme « Euphoria » ou « Aftersun » ont marqué les esprits en montrant la complexité des troubles psychologiques. Cette tendance reflète un changement sociétal plus large, où la santé mentale est de plus en plus considérée comme un droit fondamental, au même titre que la santé physique.

Stromae, avec « L’Enfer », a joué un rôle clé dans cette évolution. Son approche directe et sans fard a permis de donner une voix à ceux qui en avaient besoin. Et si son combat personnel a été difficile, il a aussi permis à d’autres de se sentir moins seuls. Pour Franceinfo - Culture, cette chanson reste un symbole de cette prise de conscience collective, où la musique devient un outil de résilience et de solidarité.

Parmi les chansons récentes qui évoquent la santé mentale, on peut citer « Paranoïa » de MC Jean Gab’1 et Catherine Ringer (1997), « Dans ma paranoïa » de Jul (2014), « Emotions » de Jul (2016), « Assassinat » de Jul (2021), « Crèvecœur » d’Adèle Castillon (2025), « La symphonie des éclairs » de Zaho de Sagazan (2023), ou encore « Laissez-moi loin » et « Parasite » de Jul (2025-2026).