Selon RFI, l’ancien président sénégalais Macky Sall et l’ex-secrétaire général adjoint de l’ONU Olara Otunnu, tous deux candidats africains à la succession d’Antonio Guterres au poste de secrétaire général de l’ONU, ont essuyé un revers cinglant lors d’un premier vote indicatif organisé le 30 juillet 2026 par le Conseil de sécurité. Alors que la tradition non écrite de l’organisation privilégiait une candidate féminine en provenance d’Amérique latine, les deux hommes politiques n’ont obtenu qu’un faible soutien de la part des États membres.
Ce qu’il faut retenir
- Deux candidats africains, Macky Sall et Olara Otunnu, se sont lancés dans la course pour remplacer Antonio Guterres à la tête de l’ONU.
- Un vote indicatif secret organisé le 30 juillet 2026 par le Conseil de sécurité a révélé leur faible soutien parmi les États membres.
- La tradition de l’ONU privilégiait jusqu’ici une candidate féminine en provenance d’Amérique latine pour ce mandat.
- Les deux candidats africains ont été « largement désavoués », selon les termes employés par RFI.
Une candidature africaine en contradiction avec les pratiques établies
Depuis des décennies, la répartition des postes clés au sein de l’ONU suit des règles tacites, fondées sur une rotation géographique et une représentation équilibrée entre les sexes. Antonio Guterres, actuel secrétaire général, termine son mandat en 2026, et la question de sa succession s’est rapidement imposée comme un enjeu diplomatique majeur. Traditionnellement, le Conseil de sécurité respecte une alternance entre les continents, et les dernières nominations ont souvent favorisé des profils latino-américains ou européens. Pourtant, deux Africains ont choisi de braver cette logique : l’ancien président sénégalais Macky Sall, figure politique expérimentée du continent, et Olara Otunnu, diplomate ougandais ayant occupé des fonctions onusiennes.
Le vote indicatif du 30 juillet 2026, organisé en secret par le Conseil de sécurité, visait à évaluer la faisabilité de ces candidatures. Or, selon les informations rapportées par RFI, les deux hommes politiques ont subi un revers cuisant. Leur faible score reflète non seulement le respect des traditions onusiennes, mais aussi les réticences des États membres à voir un Africain accéder à ce poste, malgré la croissance démographique et politique du continent.
Un résultat qui confirme la prééminence des règles informelles
Le vote indicatif n’a pas de valeur contraignante, mais il sert de baromètre pour mesurer l’adhésion des membres permanents et non permanents du Conseil de sécurité. Dans ce cas précis, le désaveu subi par Macky Sall et Olara Otunnu illustre la persistance des logiques géopolitiques au sein de l’organisation. Autant dire que, malgré leur expérience, leur candidature peinait à convaincre une majorité des 15 membres du Conseil.
Ce revers soulève une question plus large : jusqu’à quand les pratiques non écrites de l’ONU, souvent critiquées pour leur manque de transparence, continueront-elles à primer sur les compétences individuelles ? Certains observateurs soulignent que le prochain secrétaire général devra nécessairement incarner un compromis entre les attentes régionales et les exigences de représentativité. Pour l’instant, la tradition l’a emporté, mais la pression pour une réforme de ces règles pourrait s’accentuer.
En attendant, la désignation d’un successeur à Antonio Guterres reste un exercice délicat, où se mêlent enjeux diplomatiques, équilibres géopolitiques et attentes symboliques. Les prochains mois s’annoncent décisifs pour déterminer si l’ONU parviendra à concilier tradition et modernité.