Une Britannique de 56 ans, résidente dans la région de Birmingham, s’est donné la mort le 24 avril 2026 en Suisse, dans une clinique de l’association Pegasos située à Roderis, dans la commune de Nunningen, dans le canton de Soleure. Son décès, réalisé par suicide assisté, relance les débats sur les conditions d’accompagnement des ressortissants étrangers par cette organisation, selon Courrier International.

Tout a commencé il y a quatre ans, lorsqu’un drame a frappé sa famille : son fils, Marcus, est décédé après s’être étouffé avec un sandwich préparé par sa mère. Cet événement a plongé Wendy D. dans une dépression profonde, la conduisant, après plusieurs années de souffrance, à envisager le suicide assisté en Suisse. C’est ainsi qu’elle a choisi de se rendre dans la clinique de Pegasos, où elle a trouvé une issue à sa détresse. Pourtant, sa disparition soulève des questions sur l’information donnée à sa famille, comme en témoignent les déclarations de sa sœur auprès du média britannique LBC.

Ce qu’il faut retenir

  • Une Britannique de 56 ans, originaire de Birmingham, s’est suicidée par assistance en Suisse le 24 avril 2026, dans une clinique de Pegasos située à Roderis, dans le canton de Soleure.
  • Son fils était décédé quatre ans plus tôt après s’être étouffé avec un sandwich, un drame qui a déclenché une dépression chez Wendy D.
  • La famille affirme n’avoir pas été informée de ses intentions, une information démentie par Pegasos, qui affirme avoir obtenu l’accord des quatre frères et sœurs.
  • Pegasos est une association suisse fondée en 1998, spécialisée dans l’accompagnement au suicide assisté pour les ressortissants étrangers.
  • Plusieurs cas impliquant des Britanniques ont déjà été recensés, dont celui d’un homme de 47 ans en 2023, ayant annoncé à sa mère se rendre à Paris.
  • L’affaire met en lumière les disparités d’information entre les familles et les associations proposant ce type de prise en charge.

Un accompagnement controversé, entre discrétion et transparence

Pegasos, fondée en 1998, est l’une des rares associations en Suisse à proposer un accompagnement au suicide assisté pour les ressortissants étrangers. Son siège se trouve dans le petit village de Roderis, dans la commune de Nunningen, un cadre qui contraste avec la gravité des décisions prises en son sein. L’association justifie son approche par la nécessité de respecter la volonté des patients, tout en garantissant un cadre légal strict. Pourtant, les conditions dans lesquelles ces accompagnements sont réalisés font débat, notamment lorsque les familles ne sont pas tenues informées des intentions de leur proche.

Dans le cas de Wendy D., sa sœur a exprimé son incompréhension face à cette absence de communication. « Nous n’étions pas au courant, aucun d’entre nous ne s’y attendait », a-t-elle déclaré au média britannique LBC. Une déclaration qui s’ajoute à d’autres témoignages de familles surprises par l’issue de leur proche. Pegasos, de son côté, rejette ces critiques. Son directeur, Ruedi Habegger, a affirmé avoir « confirmé que les quatre frères et sœurs avaient été informés et avaient donné leur accord ». Une version que la famille conteste formellement.

D’autres cas britanniques alimentent les polémiques

Le cas de Wendy D. n’est pas isolé. En effet, Courrier International rappelle qu’à l’été 2023, un homme britannique de 47 ans avait eu recours aux services de Pegasos. Pour éviter de susciter des suspicions dans son entourage, il avait annoncé à sa mère se rendre à Paris. Son décès, survenu le 6 janvier 2025, n’a été rendu public que bien plus tard, alimentant les mêmes interrogations sur la transparence de l’association.

Ces exemples illustrent une tendance préoccupante : celle de ressortissants étrangers choisissant la Suisse comme destination pour mettre fin à leurs jours, souvent en raison de législations plus restrictives dans leur pays d’origine. La Suisse, où le suicide assisté est encadré par la loi depuis plusieurs décennies, attire ainsi des patients en provenance du Royaume-Uni, où l’euthanasie reste un sujet hautement controversé. Pourtant, les conditions d’accompagnement posent question, notamment lorsque les proches ne sont pas associés aux décisions.

La Suisse, un pays attractif pour le suicide assisté étranger

La Suisse est l’un des rares pays au monde à autoriser le suicide assisté sous certaines conditions strictes. Depuis 1942, la législation helvétique permet à des associations comme Pegasos ou Dignitas d’accompagner des personnes en phase terminale ou souffrant de maladies incurables. Ces structures interviennent principalement dans des cas où la mort est inévitable et proche, bien que la définition de cette « proximité » reste sujette à interprétation.

Pour les ressortissants étrangers, la Suisse représente une option accessible, malgré des coûts élevés – estimés entre 8 000 et 15 000 francs suisses pour l’accompagnement complet. Ces tarifs incluent les consultations médicales, l’administration du produit létal et l’accompagnement psychologique. Pourtant, les polémiques récurrentes autour de la transparence de ces associations pourraient, à terme, remettre en cause leur légitimité auprès des familles et des autorités suisses.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir s’intensifier les débats sur la régulation des associations proposant le suicide assisté en Suisse. Une révision de la loi, actuellement en discussion au Parlement fédéral, pourrait clarifier les conditions d’information des familles et renforcer les contrôles sur les pratiques de ces structures. Par ailleurs, les associations elles-mêmes pourraient être incitées à revoir leurs protocoles pour éviter de nouvelles polémiques. Reste à voir si ces mesures suffiront à apaiser les tensions ou si de nouvelles affaires viendront alimenter la controverse.

Pour l’heure, Pegasos maintient sa position, affirmant agir dans le respect de la loi et des volontés des patients. Quant aux familles, certaines pourraient saisir la justice pour obtenir des réponses, tandis que d’autres pourraient choisir de tourner la page. Une chose est sûre : l’affaire de Wendy D. et les cas similaires qui l’ont précédée rappellent que le suicide assisté, même encadré, soulève des questions éthiques et humaines complexes.

En Suisse, le suicide assisté est autorisé depuis 1942, à condition que la personne soit en phase terminale ou souffre d’une maladie incurable et que sa mort soit inévitable et proche. L’accompagnement doit être réalisé par une association reconnue, comme Pegasos ou Dignitas, et nécessite un diagnostic médical confirmant la souffrance du patient.

Au Royaume-Uni, l’euthanasie est strictement interdite, même en cas de souffrance extrême. La Suisse, avec ses associations spécialisées et ses législations plus souples, représente une alternative pour les patients souhaitant mettre fin à leurs jours dans un cadre légal. Cependant, cette pratique reste très controversée dans l’opinion publique britannique.