La Coupe du monde 2026, qui débute ce jeudi 11 juin au Mexique, aux États-Unis et au Canada, s’annonce comme une compétition particulièrement ouverte. Selon RMC Sport, la Suisse, qualifiée pour sa treizième phase finale d’affilée, entend confirmer son statut de nation capable de rivaliser avec les favoris. Emmenée par son capitaine Granit Xhaka et une génération de joueurs expérimentés, la Nati mise sur sa régularité et sa maturité pour réaliser un parcours ambitieux dans ce Mondial à 48 équipes.
Ce qu'il faut retenir
- La Suisse dispute sa treizième Coupe du monde et sa sixième consécutive en 2026.
- Qualifiée en tête du groupe B des éliminatoires européens avec 14 points (4 victoires, 2 nuls).
- Le groupe helvète en phase de groupes : Canada, Qatar, Bosnie-Herzégovine.
- Effectif composé de joueurs évoluant dans des championnats européens majeurs, avec des cadres comme Granit Xhaka et Breel Embolo.
- Points faibles identifiés : profondeur de banc limitée et absence d’un attaquant de renommée mondiale.
- Premier match : Suisse-Canada le 24 juin à Vancouver.
Qualifiée sans défaite lors des éliminatoires européens, la Suisse a dominé un groupe serré en terminant devant le Kosovo (11 points), la Slovénie (4) et la Suède (2). Une performance qui confirme, selon Polo Breitner, membre des Drôles de Dames sur RMC et spécialiste de la Nati, la cohérence de cette équipe. « C’est logique car la Suède n’a peut-être pas répondu à certains espoirs placés sur elle (...) Cependant, il faut noter que la Suisse est invaincue depuis 10 rencontres (en 2025), toutes compétitions confondues, en incluant les matchs amicaux », a-t-il souligné dans le podcast L’After Coupe du monde.
Un effectif expérimenté mais des limites à surveiller
L’effectif de la Suisse, dévoilé récemment, reflète un mélange d’expérience et de jeunesse. En défense, des noms comme Manuel Akanji (Inter Milan), Ricardo Rodriguez (Betis) ou Silvan Widmer (Mayence) apportent de la solidité. Au milieu, Granit Xhaka (Sunderland) et Denis Zakaria (Monaco) forment un duo de cadres, tandis que Fabian Rieder (Augsbourg) et Ardon Jashari (AC Milan) incarnent la nouvelle génération. L’attaque s’appuie sur Breel Embolo (Rennes), meilleur buteur helvète lors du Mondial 2022 avec trois buts, et Zeki Amdouni (Burnley).
Cependant, Polo Breitner pointe du doigt une faiblesse structurelle : la profondeur de banc limitée. « Il faut se dire que sur la quantité de joueurs disponibles pour la Nati, il y a une certaine différence de niveau. Il faut donc faire attention à la forme des cadres pour la Coupe du monde – c’est-à-dire qu’ils ne se blessent pas – car il y a un manque en termes de joueurs qui ont le même niveau pour maintenir une équipe de Suisse performante. » Une situation qui place le sélectionneur Murat Yakin dans une position délicate, d’autant que ses joueurs évoluent pour la plupart dans des championnats exigeants.
La préparation de la Nati avant le Mondial a été contrastée. Entre une défaite (3-4 face à l’Allemagne), une large victoire (4-1 contre la Jordanie) et deux matchs nuls (0-0 contre la Norvège, 1-1 face à l’Australie), les observateurs soulignent une préparation « en demi-teinte ». Un constat qui n’entame pas la confiance de François Moubandjé, ancien international suisse et invité du podcast. « Je me rappelle très bien de l’Euro 2016 et de la Coupe du monde 2018, où [Granit Xhaka] a su tempérer lorsque nous traversions des situations compliquées. Sa rage de vaincre le définit et est le fil rouge de sa carrière. »
Un groupe accessible mais une ambition mesurée
Le tirage au sort a souri à la Suisse, placée dans le groupe B en compagnie du Canada (pays hôte), du Qatar et de la Bosnie-Herzégovine. Un calendrier qui permet d’envisager sereinement la qualification pour les huitièmes de finale. Polo Breitner va même plus loin : « Ne pas surmonter le premier tour provoquerait une crise en Suisse. » Une déclaration qui illustre l’attente élevée des supporters helvètes après les performances récentes, notamment le parcours jusqu’en huitièmes de finale au Mondial 2022 au Qatar, stoppé par le Portugal (6-1).
François Moubandjé, lui, se montre plus prudent. « Chaque match a son histoire, mais je vois la Suisse mener la barre et sortir de cette poule », a-t-il indiqué. Une analyse partagée par Polo Breitner, pour qui la Nati doit jouer avec ses atouts sans prendre de risques inutiles. « Je ne vais pas en faire un favori pour le sacre, mais ils sont toujours présents, c’est un gros outsider. »
Breel Embolo, pivot de l’attaque helvète, incarne cette ambition mesurée. Formé comme milieu de terrain mais propulsé devant le but pour son gabarit, l’attaquant de 29 ans a brillé en club comme en sélection. « Breel n’est pas un attaquant à la base. Il est très fort dos au but, et son axe de progression réside dans ses capacités de finition. Il peut encore s’améliorer », explique François Moubandjé. Après une saison réussie au Stade Rennais, où il a mis en valeur Esteban Lepaul, Embolo dispose des qualités pour peser dans le jeu offensif suisse, comme l’a fait Xherdan Shaqiri par le passé.
Une équipe sous pression, mais habituée aux grands rendez-vous
La Suisse aborde ce Mondial avec une réputation de « régularité » qui contraste avec les espoirs parfois déçus de pays voisins. Selon RMC Sport, cette maturité est l’un de ses principaux atouts. « C’est quelque chose qui me frappe chez cette équipe suisse », souligne Polo Breitner. Pourtant, la pression est bien réelle : après deux éliminatoires réussis (Euro 2024 en quart de finale) et une Coupe du monde 2022 en huitièmes de finale, les attentes sont élevées dans un pays où le football occupe une place centrale.
Le sélectionneur Murat Yakin, en poste depuis 2023, devra composer avec un calendrier dense pour ses joueurs, souvent alignés dans des championnats européens exigeants. « Les joueurs suisses évoluent pour la majorité au sein de championnats compétitifs, et par conséquent au rythme de matchs et à l’intensité élevée », rappelle RMC Sport. Une gestion fine de l’effectif sera donc cruciale pour éviter les blessures et maintenir un niveau de performance optimal sur la durée.
Quel que soit le scénario, une chose est sûre : la Suisse abordera ce Mondial avec l’ambition de prouver qu’elle peut, une fois encore, jouer les trouble-fêtes parmi les grands favoris. Une tâche qui, compte tenu de son histoire récente, ne devrait surprendre personne.
La Suisse mise sur son expérience collective, sa régularité en grands rendez-vous et la qualité de ses cadres comme Granit Xhaka, Gregor Kobel (gardien) et Breel Embolo. Son milieu de terrain, avec Fabian Rieder et Denis Zakaria, apporte aussi une forte dimension technique, selon RMC Sport.
Le manque de profondeur de banc et l’absence d’un attaquant de classe mondiale sont régulièrement pointés du doigt. Polo Breitner, spécialiste de la Nati, estime que l’écart de niveau entre les titulaires et les remplaçants est parfois trop important pour garantir une performance constante.