Selon Le Figaro, la part des 18-29 ans parmi les dossiers de surendettement déposés à la Banque de France a triplé en quatre ans, passant de 5 % en 2022 à 15 % en 2026. Ce phénomène, souvent lié à l’accès facilité au crédit et aux aléas de la vie, interroge sur les mécanismes à l’œuvre et leurs conséquences pour cette tranche d’âge.
Ce qu'il faut retenir
- 15 % des dossiers de surendettement à la Banque de France en 2026 concernent les 18-29 ans, contre 5 % en 2022.
- Les crédits à la consommation, les paiements en plusieurs fois et les minicrédits figurent parmi les principaux facteurs d’endettement.
- Les accidents de la vie, comme les difficultés financières des proches, aggravent souvent la situation.
- Michelle, 24 ans, est endettée à hauteur de 36 000 euros, après avoir contracté plusieurs prêts pour soutenir sa famille.
- Les jeunes de 18 à 29 ans représentent désormais une part significative des demandes d’aide financière en France.
Un accès au crédit facilité, mais à quel prix ?
Michelle, 24 ans, originaire de Lyon, a découvert à ses dépens les dangers d’un accès trop simple au crédit. En 2022, fraîchement diplômée d’un bac professionnel et employée dans l’hôtellerie-restauration pour un salaire de 1 900 euros net par mois, elle emménage dans son premier appartement. Pour aider sa mère en difficulté financière, elle contracte un premier crédit de 8 000 euros, présenté comme destiné à des travaux domestiques. « J’ai rempli le dossier en expliquant que c’était pour des travaux domestiques. Huit jours plus tard, les 8 000 euros étaient sur mon compte », explique-t-elle. Pourtant, Michelle n’avait pas anticipé l’engrenage qui allait suivre.
Peu après, elle finance un canapé à crédit, une tablette en plusieurs fois, puis un nouveau prêt pour soutenir à nouveau ses parents. « Pris séparément, chacun de ces crédits semblait raisonnable », souligne-t-elle. Mais l’accumulation a transformé une situation maîtrisée en un endettement de 36 000 euros aujourd’hui. Selon Le Figaro, son parcours reflète une tendance croissante : les jeunes sont de plus en plus nombreux à basculer dans le surendettement, souvent à cause de décisions prises dans l’urgence ou par solidarité familiale.
Les jeunes, cibles privilégiées des offres de crédit
Les crédits à la consommation, les paiements en plusieurs fois et les minicrédits se multiplient sur le marché, ciblant particulièrement les jeunes actifs. « La facilité d’obtention de ces prêts, couplée à une méconnaissance des risques financiers, explique en partie cette hausse », analyse un expert cité par Le Figaro. Les jeunes, souvent débutants dans la gestion d’un budget, peuvent sous-estimer l’impact à long terme de ces engagements. Les accidents de la vie, comme une perte d’emploi ou une maladie, aggravent encore la situation.
Les données de la Banque de France confirment cette tendance : les 18-29 ans représentent désormais 15 % des dossiers de surendettement, contre 5 % en 2022. Cette évolution s’inscrit dans un contexte économique marqué par une inflation persistante et une précarité accrue chez les jeunes. Les associations d’aide aux surendettés alertent sur ce phénomène, soulignant que beaucoup de ces jeunes ne mesurent pas l’ampleur de leur endettement avant qu’il ne soit trop tard.
L’aide familiale, un piège financier souvent sous-estimé
Pour Michelle, comme pour beaucoup d’autres jeunes, l’aide financière apportée à sa famille a constitué le premier pas vers le surendettement. « J’ai pensé que je pouvais aider ma mère, qui traversait une période difficile. Je n’osais même plus répondre au téléphone », confie-t-elle. Selon Le Figaro, cette motivation est récurrente parmi les jeunes surendettés : près de 40 % d’entre eux déclarent avoir contracté un prêt pour venir en aide à un proche.
Les experts rappellent que ces prêts, souvent consentis sans vérification approfondie des capacités de remboursement, peuvent devenir un fardeau insupportable. « Les jeunes sous-estiment la durée des remboursements et les taux d’intérêt appliqués », explique une conseillère en gestion de budget. Les conséquences sont lourdes : saisies sur salaire, restrictions bancaires, voire exclusion du système bancaire classique. Pour Michelle, la situation reste critique : « Je peine encore à croire que tout cela ait pu arriver si vite. Aujourd’hui, je vis avec la peur constante des relances. »
Le phénomène interroge aussi sur le rôle des établissements bancaires et des fintechs, dont les offres de crédit ciblent de plus en plus les jeunes actifs. La question de leur responsabilité dans la prévention du surendettement pourrait émerger lors des prochaines auditions parlementaires sur la protection des consommateurs, prévues pour le premier trimestre 2027.
Pour déposer un dossier de surendettement, il faut résider en France, être dans l’incapacité de faire face à ses dettes non professionnelles et ne pas avoir fait l’objet d’un précédent dossier dans les trois dernières années. La Banque de France évalue ensuite la situation et propose des solutions adaptées, comme un plan conventionnel de remboursement ou une procédure de rétablissement personnel.
Oui. Des associations comme l’ADIL (Agence Départementale pour l’Information sur le Logement) ou la Banque de France proposent des permanences d’information et d’accompagnement. Par ailleurs, des applications de gestion budgétaire, comme Bunq, permettent de suivre ses dépenses en temps réel et d’éviter les dépassements. Pour en savoir plus, cliquez ici.